La tombe de Juifs massacrés à Ozarintsy en été 1941 / Collection de Yad Vashem

Le début de l'opération Barbarossa
1 min de lecture

Rubrique

Le 22 juin 1941 est une date mémorable. Il y a 80 ans, l’armée nazie attaquait l’Union soviétique. Malgré de nombreux avertissements et rapports de ses espions implantés en Allemagne et au Japon, Staline ne croyait pas que son allié du pacte germano-soviétique, Adolf Hitler, pourrait agir aussi « perfidement ». L’opération Barbarossa bénéficie de l’effet de surprise. Malgré sa supériorité en matériel de guerre, l’Armée rouge, décapitée par les purges, bat en retraite. La population juive, très nombreuse en Ukraine et au Bélarus, ainsi que dans les États baltes, est très tôt visée : la Shoah par balles, qui emportera près de deux millions de vies humaines, est rapidement organisée. En hommage à ces victimes, voici le témoignage de Zelig Bondar, 95 ans. Son récit qui décrit le début de la guerre a été recueilli en Israël où il a émigré dans les années 1990.


Le destin de Zelig Bondar est poignant. Après une longue errance dans les bois, il a été capturé par des gendarmes roumains qui l’ont amené au camp de concentration de Pecioara (Pechora) sous administration roumaine. Près de 35 000 Juifs ukrainiens y ont été exterminés ou ont péri de froid et de faim. À la fin de 1943, Zelig a été assigné à l’enterrement des cadavres. L’équipe dont il faisait partie ramenait les morts vers des fossés creusés au préalable, sous la surveillance des bourreaux allemands et de leurs supplétifs locaux. C’est là qu’il a réussi à s’enfuir de nouveau, en se jetant dans des buissons et en évitant ainsi une mort certaine. Caché dans les bois, il est tombé finalement sur une unité de l’Armée rouge qu’il a intégrée, malgré son jeune âge. Il s’est vaillamment battu, a été blessé, décoré pour son courage.

Dans son livre Terre noire, consacrée à l’histoire de l’Holocauste, l’historien américain Timothy Snyder explique que, lorsque l’armée allemande n’a pas pu s’emparer de Moscou à l’automne 1941, la guerre était déjà perdue pour Hitler, qui a alors compris qu’il ne pourrait refouler ni les Juifs européens ni les Slaves en Sibérie. Comme la destruction des Juifs était l’élément central et structurant de toute l’idéologie nazie, la machine hitlérienne s’est mise en branle : de massacres sélectifs, les nazis sont passés à l’extermination totale. Les récits de survivants de la Shoah comme Zelig Bondar sont autant de preuves irréfutables. À ne jamais oublier.

Tags