La guerre de succession a commencé en Russie. Qui en sortira victorieux ?

Sergueï Choïgou et Ramzan Kadyrov en août 2022. // Chaîne Telegram de Ramzan Kadyrov

Dans un article publié le 9 janvier, Roman Anine, rédacteur en chef du média russe indépendant Vajnye istoriï (Histoires importantes), décrit les scénarios possibles d’une bataille des clans en Russie. « Quelle que soit la fin de ce Game of Thrones, il est déjà clair que Vladimir Poutine ne joue pas un rôle majeur dans cette série », avance l’auteur.

Le premier sommet du G8 du XXIe siècle a eu lieu en 2000 sur l’île japonaise d’Okinawa. C’était la première fois que le jeune président russe, Vladimir Poutine, assistait à une réunion de ce format. Sur la photo de groupe des chefs d’État et de gouvernement, un Poutine souriant se tient entre le premier ministre britannique Tony Blair et le président américain Bill Clinton. Sur la même photo figurent les dirigeants du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon et de l’Union européenne. Ils s’amusent : certains regardent directement la caméra, d’autres la regardent de travers. On dirait que ce jour-là, à Okinawa, ce ne sont pas les plus hauts dirigeants du monde qui se sont réunis mais des camarades de classe pour une journée de retrouvailles.

Si l’on regarde cette photographie aujourd’hui, on a presque du mal à le croire : la Russie avait donc démarré ce siècle en tant que membre du club d’élite des pays les plus développés du monde. Vingt ans après le début du règne de Poutine, le pays a changé de ligue pour rejoindre l’Iran, la Corée du Nord et la Syrie. Aujourd’hui, de manière absolument justifiée, la Russie figure parmi les régimes les plus isolés et les plus inhumains au monde. Et ce n’est pas seulement à cause de la guerre. La place qu’occupe la Russie aujourd’hui est aussi la conséquence de deux décennies de dégradation politique et morale de l’État russe.

Pour comprendre l’ampleur de sa déchéance morale, il suffit de lire les biographies des héros actuels du pays, ceux à qui les autorités accordent médailles et décorations, ceux que les propagandistes exaltent et que les enseignants donnent en exemple aux enfants pendant les cours d’éducation patriotique.

Les héros nationaux

L’un des principaux héros de guerre russes est Evgueni Prigojine. Condamné pour vol, vol avec agression, fraude et implication de mineurs dans des activités criminelles, il a commencé sa « carrière » en étranglant des femmes puis en leur arrachant leurs boucles d’oreilles en or alors qu’elles étaient inconscientes. Aujourd’hui, Prigojine a été fait héros trois fois : par la Russie et par les républiques fantoches de Donetsk et Louhansk. Il possède une armée privée composée de plusieurs milliers de recrues, de ses propres avions, véhicules blindés et lance-roquettes multiples. Cette armée est pleine de repris de justice et de sadiques, comme ceux qui font exploser la tête des prisonniers à coups de masse1, avec l’approbation des propagandistes qui vocifèrent en direct à la télévision.

Un autre exemple de vrai patriote sous l’ère Poutine est Oleg Dzarakhokhov, un tueur dont le pseudo est « Kolobok » et qui fait partie d’une bande d’assassins. L’année dernière, à la mi-décembre, Vladimir Poutine lui a décerné à titre posthume la médaille de la bravoure. Kolobok est connu pour avoir orchestré la fusillade de 2013 à Beslan : lors d’un enterrement, quatre personnes prises au hasard avaient été tuées. Il a été condamné à 19 ans de prison pour ce crime. Kolobok devait encore purger sa peine, mais Evgueni Prigojine l’a libéré, et Dzarakhokhov, de même que des dizaines de milliers d’autres condamnés, a rejoint l’armée des « wagnériens2 ». À la fin du mois de novembre 2022, Kolobok est mort près de Bakhmout.

Les Prigojine et les Kolobok sont les héros de l’ère Poutine. Et cela, à mon avis, en dit beaucoup plus sur l’avenir du pays que le déclin abyssal du PIB.

Le déclin de la société russe

La dégradation morale a englouti non seulement les soi-disant élites mais aussi la société. La Russie d’aujourd’hui est un pays où la majorité de la population soutient l’agression barbare contre l’Ukraine. En outre, ces mêmes personnes se demandent pourquoi Poutine n’a pas encore définitivement rayé l’Ukraine de la surface de la terre.

La guerre a divisé la société russe : des parents empoisonnés par la propagande traitent leurs enfants de traîtres pour ne pas avoir soutenu l’agression contre le pays voisin. Les citoyens les plus brillants et les plus instruits de Russie quittent en masse le pays : scientifiques, entrepreneurs, développeurs. Les opposants à la guerre qui ne peuvent ou ne veulent pas partir sont paralysés par la peur, la suspicion et l’apathie, des démons qui aspirent toutes les forces et privent de tout espoir.

Et même si, comme on l’a vu par le passé dans d’autres pays, il suffit parfois d’une seule personne pour embraser toute une société, il semble aujourd’hui que la société russe ne soit pas prête à participer au processus de changement de pouvoir dans le pays. Ce qui signifie qu’une fois de plus le choix sera fait à sa place.

La destruction des fondements de l’État

L’an dernier, Vladimir Poutine a eu 70 ans. Nous ne savons pas si les multiples rumeurs concernant ses graves maladies sont vraies, mais il ne fait guère de doute qu’il mourra dans un futur proche (à l’échelle du temps historique). Dans les États dotés d’institutions qui fonctionnent, la disparition d’un dirigeant, que ce soit parce qu’il quitte la politique ou qu’il aille ad patres, fait certes la une des journaux, mais ce n’est pas pour autant un événement qui définit le destin du pays. Les choses sont très différentes dans les pays — comme la Russie — dont les institutions ont été détruites. En éliminant tous ses concurrents, en faisant disparaître les élections, Poutine a privé la Russie de la possibilité d’un transfert légitime et pacifique du pouvoir et a créé les conditions pour que l’avenir du pays ne tienne qu’à un fil, celui de sa propre vie.

Quelle que soit la personne que Vladimir Poutine choisira pour lui succéder, il aura du mal à faire accepter cette candidature à son cercle immédiat, un cercle qui est disparate. Déjà avant février 2022, nous pouvions deviner à quoi ressemblait son cercle intime et quel genre de mœurs y régnaient, mais la guerre en Ukraine, ou, plus précisément, les défaites militaires de la Russie en Ukraine, ont aiguisé à l’extrême les contradictions internes entre les clans du pouvoir, et il est alors devenu évident que nous allions assister à une lutte acharnée pour conquérir le trône du dictateur vieillissant.

Le Game of Thrones de la Russie

Les clans qui entourent Vladimir Poutine ressemblent aujourd’hui à des groupes criminels organisés. Certains d’entre eux ont leur propre armée (comme Evgueni Prigojine et Viktor Zolotov, le chef de la Rosgvardia3). D’autres ont des unités de sécurité (comme Nikolaï Patrouchev, le chef du Conseil de sécurité). Chaque clan dispose de ses propres ressources financières : banques, sociétés d’État, grandes entreprises. Certains clans possèdent des régions entières, comme Ramzan Kadyrov en Tchétchénie. Et aucun d’entre eux ne se soumet à la loi.

Ces clans n’ont jamais été unis. Pendant vingt ans, ils ont été sans cesse en conflit pour s’octroyer des sphères d’influence ou des ressources. Leurs affrontements ressemblaient à une sorte de guerre froide : les conflits étaient menés sous le tapis par les forces de l’ordre, et les victimes, qu’il s’agisse de membres des forces de sécurité, d’hommes d’affaires ou de fonctionnaires des clans adverses, étaient généralement privées de liberté, et non pas éliminées physiquement, à quelques exceptions près.

Pendant toutes ces années, Vladimir Poutine a agi comme une sorte d’arbitre dans les conflits de ses acolytes. Par sa seule présence, il a maintenu un équilibre précaire entre les différentes factions en conflit, chacune d’entre elles comprenant que s’il partait, l’équilibre serait rompu et une guerre de tous contre tous éclaterait. Mais rien n’affaiblit plus le pouvoir d’un dictateur que son vieillissement ou ses défaites militaires. Plus la fin — politique ou physique — de Vladimir Poutine approche, plus il est probable que les nombreuses guerres froides entre clans vont se transformer en guerres chaudes.

Vladimir Poutine et Nikolaï Patrouchev en 2017. // kremlin.ru
Vladimir Poutine et Nikolaï Patrouchev en 2017. // kremlin.ru

Tout d’abord, parce que, dans une Russie sans Poutine, du fait de l’histoire des relations entre certains groupes, il n’y aura pas de place pour tout le monde. Par exemple, un Prigojine n’accepterait jamais que quelqu’un de la bande de Kovaltchouk soit désigné comme héritier. En effet, dans ce cas, le « cuisinier de Poutine » et ses collaborateurs devraient dire au revoir à leurs biens et leur influence, voire à leur vie.

Ensuite, parce que tous ces clans, comme des serpents, se retrouvent piégés dans leur vivarium. Ils n’ont presque nulle part où s’enfuir. À l’ouest, c’est le tribunal de La Haye qui les attend ; à l’est se trouvent certes leurs avoirs mais également la promesse d’être liquidés. Il leur reste toujours des alliés comme l’Iran, la Corée du Nord et la Syrie avec tout de même un petit problème : dans ces pays « merveilleux » la loi ne fonctionne pas plus qu’en Russie, ce qui signifie qu’ils n’y bénéficieraient d’aucune garantie de sécurité.

Troisièmement, Vladimir Poutine s’est privé et a privé l’État du monopole de la violence. Aujourd’hui, outre l’armée et les forces de l’ordre, cette licence est détenue par toutes sortes de milices privées, dont la Wagner et celle de Kadyrov. Et tout n’est pas rose non plus au niveau des institutions légitimes de la violence : le FSB, par exemple, possède des unités entières (comme les fameuses forces spéciales de Setchin qui, de fait, ont déjà été soustraites de la juridiction de l’État et subordonnées à des intérêts individuels.

Favoris et outsiders dans la bataille pour le trône

Avant d’essayer de faire des paris sur le vainqueur du Game of Thrones russe, commençons par essayer d’identifier les outsiders. C’est plus simple.

Lorsqu’un dictateur s’affaiblit, ce ne sont pas les relations mais les ressources physiques qu’il faut détenir en priorité pour revendiquer son trône : celui qui a une bande plus grande et plus armée a un avantage. Dans l’entourage de Poutine, on l’a bien compris. C’est ce qui explique, à mon avis, la transformation de Dmitri Medvedev. Il fut jadis le principal espoir des libéraux russes, mais maintenant, l’Occident le considère comme un clown quand il adresse des menaces ridicules au monde, menaces que Evgueni Prigojine a très justement qualifiées de « fantasmes érotiques ». Tous les cris militaristes de Medvedev ne sont rien d’autre que la tentative désespérée d’un petit garçon lâche pour montrer aux brutes de sa classe que lui aussi est capable d’être méchant dans l’espoir qu’on lui propose de rejoindre une bande.

La guerre a également considérablement affaibli la position du clan Choïgou, autrefois influent. Avant février dernier, ce groupe lorgnait déjà sur le poste d’héritier. Mais après une succession de « gestes de bonne volonté4 », après que le monde entier a découvert ce qu’était réellement l’armée russe, Choïgou, autrefois l’un des responsables les plus populaires du pays, est aujourd’hui l’un des plus détestés.

Au sein du pouvoir russe, la guerre en Ukraine a modifié l’équilibre des forces entre les serpents du vivarium, à tel point que même les favoris réfléchissent à leur avenir. Ainsi, Iouri Kovaltchouk, qui est le deuxième homme le plus influent du pays, avait, jusqu’à récemment, une position qui semblait inébranlable. Pourtant, il est désormais obligé de rejoindre la lutte contre Evgueni Prigojine, car il comprend bien que dans cette guerre de tous contre tous, son amitié avec le dictateur vieillissant et aux forces déclinantes ne résoudra rien (et ce sera encore pire quand le dictateur sera mort) : ce sont des sadiques prêts à dégainer leur masse qui feront la loi.

Cela signifie-t-il que le principal prétendant au Game of Thrones russe est Evgueni Prigojine et sa bande constituée de milliers d’assassins ? Je pense que c’est plus compliqué que cela.

Coalitions de clans

L’ADN humain est identique à 99 % à celui des chimpanzés chez qui le mâle alpha se trouve au cœur du jeu politique. Tant que le mâle alpha est jeune et fort, il maintient son groupe dans la crainte, contrôle l’allocation des ressources, s’accouple avec toutes les femelles et punit brutalement ceux qui contestent son autorité. Mais lorsque le mâle alpha commence à vieillir et à montrer des signes de faiblesse, une guerre féroce éclate pour prendre sa place. Comme l’ont montré les primatologues, dans les luttes de pouvoir des chimpanzés, la force physique est un argument important, mais non décisif. La capacité à créer des coalitions est tout aussi importante.

À mon avis, le système politique russe actuel n’est pas très différent de la manière dont le pouvoir est organisé dans les groupes de chimpanzés. Par conséquent, selon moi, en Russie, celui qui sortira vainqueur de cette lutte et prendra la place du mâle alpha vieillissant ne sera pas un clan, mais celui qui pourra créer la plus forte coalition de clans.

Les contours d’une éventuelle coalition sont déjà apparus après plusieurs mois de guerre en Ukraine. On évoque une alliance entre Prigojine et Kadyrov. Leur duo pourrait être rejoint par le clan du chef de la Rosgvardia, Viktor Zolotov, qui connaît bien Prigojine depuis l’époque où ils étaient des « bandits pétersbourgeois » et est proche du leader tchétchène. Appelons ce trio la « coalition des sanguinaires ». Ses principaux atouts sont évidents : brutalité, capacité à prendre des décisions sans tenir compte des victimes et des méthodes utilisées et, bien sûr, une armée importante et unie.

Une autre coalition qui pourrait émerger dans la lutte pour le trône est une alliance de ceux qui étaient les plus influents avant la guerre en Ukraine, c’est-à-dire les amis et collaborateurs de Vladimir Poutine. Appelons-les la « coalition de copains ». Quels que soient les différends qui ont opposé tous ces Kovaltchouk, Patrouchev, Tokarev et autres Timtchenko, je pense qu’eux aussi ressentent la menace que représente pour eux la « coalition des sanguinaires ». Ils savent bien dans quelle meute ils se trouvent, et, par conséquent, ils comprennent très bien que lorsque Prigojine parle de bœufs obèses habitant la Roubliovka5 et incapables de lever leur cul rose de leur canapé pour soutenir la guerre, il ne pense pas seulement aux Deripaska et aux Alekperov6, mais aussi aux autres habitants de la Roubliovka. Si une telle coalition devait voir le jour, ses avantages incontestables seraient d’énormes ressources financières (ces personnes possèdent littéralement toute la Russie) et le contrôle des services spéciaux, qui, bien qu’inférieurs à « l’armée des sanguinaires » en termes de puissance offensive, ont un potentiel supérieur en renseignement et en ressources intellectuelles.

Enfin, un troisième groupement, qui a émergé immédiatement après le déclenchement de la guerre en Ukraine mais n’a pas encore trouvé son leader et sa structure définitive, est la « coalition des patriotes ». Les membres de cette alliance n’ont pas encore pris conscience de former une communauté, mais la guerre a réveillé en eux des valeurs, des haines et des aspirations communes. La « coalition des patriotes » déteste la classe dirigeante russe pour sa corruption et ses défaites militaires. Elle rejette également la « coalition des sanguinaires » pour ses liens avec le gouvernement actuel, le monde criminel et la Tchétchénie.

Cette coalition présente d’énormes avantages comparatifs. Elle reflète les intérêts de la grande majorité de la population russe, y compris l’armée : elle s’oppose à la corruption du gouvernement actuel et prône la destruction complète de l’Ukraine. À mon avis, dans le Game of Thrones russe, cette union des patriotes est le protagoniste qui peut sortir du chapeau, et dont le succès dépendra en grande partie de la personne qui deviendra son fer de lance.

La Russie à la croisée des chemins

L’avenir du pays dépend de la coalition qui sortira victorieuse de cette lutte pour le trône. Comme dans les vieux contes de fées russes, la Russie se retrouve face à trois voies principales.

La voie la moins sanguinaire serait assurée par la « coalition des copains » : si elle gagne, les répressions ne toucheront que les chefs et les membres actifs des clans qui s’y opposent. Dans ce scénario, les enfants des Patrouchev, Rotenberg, Kovaltchouk et consorts, détermineraient l’avenir de la Russie. D’après ce que me racontent les gens qui les connaissent, ces jeunes gens sont plus susceptibles de préférer les soirées monégasques et les pistes de ski de Courchevel à la perspective de se transformer en Corée du Nord et d’entretenir sans relâche une guerre à leurs frontières.

Si la « coalition des patriotes » l’emportait, la Russie serait inévitablement confrontée à une dictature militaire : parce que la victoire sur le front exige une main ferme et une guerre impitoyable contre les traîtres sur le front intérieur. Personne ne peut dire combien de temps cette dictature pourrait durer. La Corée du Nord, par exemple, survit ainsi depuis plus de 70 ans.

En cas de victoire de la « coalition des sanguinaires », l’Occident et la Chine devront alors répondre à une question éminemment difficile : sont-ils prêts à accepter que l’un des plus grands arsenaux nucléaires du monde se retrouve entre les mains d’un magnifique trio composé d’un étrangleur de femmes devenu chef d’orchestre d’une horde de sadiques armés de masses, d’un « universitaire7 » tchétchène aimant torturer ses victimes et organiser des exécutions extrajudiciaires, et d’un ancien garde de corps présidentiel connu pour ses « hautes capacités cognitives ».

Quelle que soit la fin de ce Game of Thrones, il est déjà clair que Vladimir Poutine ne joue pas un rôle majeur dans cette série. La pire chose qui puisse arriver à un dictateur lui est arrivée : au lieu de faire peur, il inspire le mépris. Il ne cesse de menacer l’Occident avec ses missiles, mais l’Occident le dépeint dans ses caricatures comme un singe au petit zizi suspendu au-dessus d’un bouton nucléaire. Il écrit des discours qui durent des heures, et dont son porte-parole dit qu’ils seront lus et analysés par le monde entier. Pourtant, le monde entier leur passe devant en les ignorant, comme on passerait devant un fou dans le métro, sans prêter attention à ses vociférations et à ses annonces quotidiennes de fin du monde. Il tente encore d’apparaître comme le mâle alpha de sa meute. Pourtant, tous ses congénères le traitent désormais de lâche qui « montre qu’il craint de mourir alors que le pays vit une grande et terrible guerre ». Et c’est marqué de cette infamie qu’il achèvera sa carrière et sa vie.

Traduit du russe par Clarisse Brossard.

Roman Anine est un journaliste russe. Collaborateur de Novaya gazeta pendant plus de 10 ans, il crée en 2020 Vajnyïe istorii, un média d’investigation en ligne. En mars 2022, la publication est reconnue comme indésirable en Russie et son site bloqué.

  1. Allusion à l’exécution ultraviolente d’un soldat déserteur de la milice Wagner, Evgueni Noujine. À ce sujet, lire À propos de la « République Wagner » : sur qui s’abat la masse ? / Desk Russie (desk-russie.eu). (Toutes les notes sont de la traductrice.)
  2. Miliciens de l’organisation paramilitaire Wagner dirigée par Prigojine.
  3. Rosgvardia (Garde nationale de Russie) : sorte de garde prétorienne créée en 2016 et directement rattachée à la présidence.
  4. Novlangue utilisée par la Russie pour désigner les débandades de l’armée russe dans les régions de Kyïv, Kherson et Kharkiv.
  5. Banlieue ultra-chic de Moscou située à l’ouest de la ville.
  6. Oleg Deripaska et Vaguit Alekperov font partie des plus grandes fortunes de Russie.
  7. Allusion à de prétendus diplômes universitaires dont Kadyrov serait le titulaire malgré ses compétences intellectuelles et linguistiques plus que limitées.
Quitter la version mobile