Journaliste et historien, l’ancien dissident soviétique Alexandre Skobov, emprisonné depuis le 2 avril 2024, est privé d’accès à Internet. Toutefois, il continue à travailler dans sa cellule et offre une analyse de ce que serait devenue la Russie si les Blancs avaient gagné la guerre civile. Il démontre que la démocratie n’avait aucune chance en Russie, car les opposants au bolchévisme étaient des généraux d’inspiration fasciste, et s’étonne de l’admiration de l’intelligentsia d’aujourd’hui pour ces militaires.
« Malheureux pays. Quand ce ne sont pas les uns, ce sont les autres. »
Dmitri Bykov, La Version1
On trouve, dans l’œuvre de Bykov, un poème intitulé La Version, qui donne pour ainsi dire une version alternative de l’histoire de la Russie. À l’issue de la Guerre civile, ce sont les Blancs qui l’emportent. Ensuite, l’auteur évoque le sort de divers poètes et écrivains. Dans tous les cas, il est tout aussi tragique, bien que marqué « du signe politique inverse ». À la fin du poème, on voit Milioukov2 dire à Nabokov père : « Malheureux pays. Quand ce ne sont pas les uns, ce sont les autres. »
Ce poème a été écrit dans la première moitié des années 1990, à l’époque où, en Russie, « l’intelligentsia progressiste » se pâmait massivement d’admiration devant l’histoire des « Blancs ». Pas « Blancs » au sens large (les bolcheviks appelaient « Blancs » presque tous ceux qui leur opposaient une résistance armée lors de la guerre civile), mais au sens restreint. Il s’agissait de cette partie des forces anti-bolchéviques regroupées autour de militaires de carrière et du corps des officiers, ceux que l’on a souvent aussi pour coutume d’appeler les « Gardes blancs ».
Quand à l’époque de la Perestroïka les éditeurs les plus hardis commencèrent à publier des déclarations politiques de dirigeants blancs généralement inaccessibles au grand public, pour beaucoup de gens ce fut une révélation, une « rupture de modèle ». Le modèle soviétique se résumait effectivement à dire que le mouvement des Blancs visait à restaurer l’autocratie. Or, les généraux blancs se disaient disposés à reconnaître « les réalités issues de la révolution de février » et se déclaraient favorables aux libertés civiles et au « gouvernement du peuple par le peuple ». Une fois les bolcheviks vaincus, c’était le peuple qui aurait à se prononcer librement sur l’avenir qu’il voulait pour le pays, en particulier sur la forme de gouvernement – monarchique ou républicain. L’armée blanche ne préjugeait pas cette question, qui relevait donc du choix démocratique.
Ce qu’on ne comprenait pas, c’était pourquoi les Blancs étaient soupçonnés d’aspirer à la restauration, non seulement par les propagandistes bolchéviques de bonne foi, et par les socialistes modérés (menchéviques et SR) qui répugnaient à se regrouper sous les étendards des Blancs, mais aussi par certains représentants du parti constitutionnel-démocrate (KD en russe, d’où le nom de « cadets »), lequel aspirait franchement à collaborer avec les généraux blancs.
Cela peut s’expliquer par le ressentiment. Les officiers blancs ne cachaient pas leur aversion pour les politiciens civils, qu’ils soient socialistes ou libéraux. Ils les considéraient comme d’irresponsables bavards, coupables d’avoir poussé le pays vers la révolution bolchévique et d’avoir renversé un grand État. Il ne fallait pas retourner la barque pendant la guerre. Chez les officiers, on entendait souvent prononcer des menaces ouvertement dirigées contre les « merdocrates », qu’il fallait pendre à la même branche que Lénine et Trotski.
Les leaders ne se permettaient pas de faire pareilles déclarations en public. Mais ils n’hésitaient pas à dire qu’ils n’admettraient des cadets dans leur gouvernement que pour des tâches strictement techniques. De la même façon, les bolcheviks engageaient à leur service des « spécialistes bourgeois ». Les raisons des généraux sont en quelque sorte compréhensibles. « Vous avez eu le pouvoir après la révolution de février. Et vous avez échoué. Vous n’avez pas été à la hauteur. Faites place maintenant aux hommes d’action, pas aux bavards. À des gens libres de toute idéologie partisane et par conséquent capables de comprendre les tâches à accomplir à l’échelle de toute la nation. Nous allons éradiquer l’infection bolchévique, rétablir l’ordre, remettre l’État sur pied, et alors seulement nous vous permettrons de vous amuser à la politique. Ce qu’il faut pour l’instant, c’est un pouvoir dictatorial et militaire fort, qui restreigne fortement les jeux de la politique. Si vous voulez vous associer à nous, vous êtes les bienvenus. Mais si vous faites les malins et nous mettez des bâtons dans les roues, rendez-vous en Sibérie, dans la République de l’Irtych. »
Sur les bords de l’Irtych, les Gardes blancs avaient passé par les armes un groupe de SR [socialistes-révolutionnaires], membres d’un régime créé dans l’est de la Russie par des députés de l’Assemblée constituante que les bolcheviks avaient dissoute. Ce régime avait été renversé par un coup militaire des gardes blancs, qui mit au pouvoir l’amiral Koltchak3. Celui-ci, du reste, louait les bolcheviks d’avoir dissous la Constituante. En fait, elle fut donc dissoute deux fois : d’abord par les « Rouges », puis par les « Blancs ». Et le fringant lieutenant Rjevski qui la dispersa en Sibérie ne fut sans doute pas moins rude que son illustre prédécesseur le matelot rouge Jelezniak à Petrograd. Les manifestes des Blancs ne promettaient pas de rétablir cette assemblée représentative librement élue en novembre 1917. Ils évoquaient seulement de nouvelles élections après la victoire. Quant aux « règles du jeu » lors de ces élections, elles devaient être fixées par les vainqueurs. Qu’auraient-elles pu être ? Auraient-elles même permis de « faire de la politique » comme avant ?
Bien que les chefs des Blancs se soient prétendus « sans opinion préconçue », chacun d’entre eux avait ses convictions et ses idéaux. Le très distingué général Denikine4 se disait libéral et partisan d’une monarchie constitutionnelle. Autant dire progressiste européen ? Or sa correspondance avec le général Loukomski5 – qui n’était pas non plus personnage négligeable dans le mouvement blanc – montre que, selon lui, le suffrage universel, personnel, direct et secret ne correspondait pas aux conditions propres à la Russie et à ses traditions. Encore une fois, « la voie propre à la Russie » ?
Effectivement, les manifestes des gardes blancs parlent bien de suffrage universel, mais il n’y est pas question de vote personnel, direct et secret. C’est un « détail » qui peut échapper au lecteur contemporain s’il se montre inattentif. Mais à l’époque, pour tout citoyen un peu « politisé », il était évident que ce n’était pas par hasard que ces trois qualifications du vote manquaient. Il s’agissait précisément de revenir au système électoral bancal, « hérité de l’histoire », de revenir à la Douma d’avant février, « élue » au scrutin non direct et non personnel et en fonction de la classe sociale d’appartenance. Et le tour aurait été joué, comme on dit.
Si, dans son « libéralisme » et son « constitutionnalisme », Denikine n’allait pas au-delà du retour à la « Douma monarchique » semi-autocratique reposant sur le scrutin par classe, le philosophe Ivan Iline6, lui, allait plus loin. Dans l’autre sens. Il voyait la Russie future comme un État paternaliste avec un système représentatif reposant strictement sur la classe d’appartenance, sans partis ni opposition. Une représentation tout à fait autoritaire, qu’il mit au point après la guerre civile, dans l’émigration. Néanmoins, sans raison aucune, nombre de gens voient en Iline l’idéologue du mouvement des Blancs.
Lorsqu’il s’est constitué et qu’il s’est engagé dans la guerre civile, le mouvement blanc n’avait tout simplement pas une image nette et détaillée de la Russie future. Cela n’entrait pas dans les intérêts professionnels des milieux militaires. Mais on ne saurait dire qu’il n’avait pas d’idéologie au sens de vision d’ensemble et de système de valeurs.
Cette vision d’ensemble et ce système de valeurs ont orienté la pensée du corps des officiers quand il fut soudain entraîné dans une lutte politique acharnée et qu’il eut, bon gré mal gré, à trouver une formule politique. D’abord hâtive et schématique, sur le champ de bataille, leurs efforts n’ont été vraiment structurés qu’après coup, après la bagarre. Iline n’a eu qu’à en tirer les conclusions.
Le dédain affiché par les officiers blancs pour les « idéologies partisanes » était lui aussi une idéologie. Cette idéologie, qui se disait « militaro-patriotique », existait déjà avant la révolution (quoique de façon latente) dans les milieux militaires. Non seulement l’armée se tenait « à l’écart de la politique » comme dans les États de droit, mais elle prétendait être « au-dessus des intérêts particuliers ».
Derrière les conceptions des dirigeants blancs sur « la voie mortelle du système des partis » dont ils entendaient détourner la Russie, il y avait de toute évidence un refus profond du modèle démocratique libéral qui se constituait en Europe, avec son parlementarisme et son pluralisme politique. Ce qui caractérisait l’ensemble du traditionalisme radical européen, c’était de voir dans ce modèle le règne des bavards, des démagogues, des voyous, des journalistes et d’avocats véreux, de vendus qui bradaient l’État. C’est précisément à cette époque que l’on s’est lancé dans la recherche active d’une « réponse de droite » à un capitalisme libéral « en bout de course ». Les intellectuels de la droite radicale se sont mis à évoquer une « révolution conservatrice » qui allait mettre à bas une civilisation immonde et bourgeoise de petits commerçants et de consommateurs et redonner vie à une civilisation austère et héroïque de guerriers et de prêtres.
Ce fut le projet de « nouveau Moyen Âge ». C’est de ce bouillon de culture idéologique que naquit le fascisme européen en tant que forme extrême de réaction traditionaliste à l’idée de modernisation. Sous toutes ses variantes (intégralisme, phalangisme, national syndicalisme, national-socialisme), il comprenait des éléments d’opposition de droite au capitalisme libéral tels que le principe du corporatisme de classe et le rejet de toute concurrence politique légale. La nation ne devait pas être divisée en partis.
C’est aussi dans ce contexte et dans cette direction que se développa la pensée politique « blanche », qui allait éveiller dans le milieu des officiers des « valeurs politiques conservatrices » profondément enracinées. Partout et toujours ces valeurs s’opposaient (et continuent de s’opposer) aux valeurs libérales démocratiques, qui privilégient les droits et libertés de la personne.
Ivan Iline a d’emblée soutenu Hitler et a continué de le soutenir avec obstination. Mais des intellectuels de l’émigration blanche comme Merejkovski7 et Berdiaev[8]8 sont eux aussi tombés sous le « charme » des idées fascistes. Quant aux descendants des compagnons d’armes de Wrangel9, ils fondèrent dans les années 30 « l’Union nationale du travail de la nouvelle génération », qui allait devenir « l’Union des solidaristes russes ». À l’époque, c’était une organisation à l’idéologie et au programme purement fascistes. C’est seulement en 1944 qu’elle les « corrigea » dans le sens de la démocratie chrétienne libérale, sociale et conservatrice européenne. Comme vous le comprenez, il fallait bien se trouver de nouveaux « sponsors ».
Bien entendu, toute l’émigration blanche n’a pas adopté le fascisme, loin s’en faut. Une partie non négligeable participa même au mouvement de résistance en France. Mais ayons bien à l’esprit que, dès le départ, il a existé dans le mouvement blanc une mouvance non marginale et rien moins que fortuite qui avait un penchant pour les idées fascistes. Elle s’appuyait sur la tradition nationale et conservatrice dans la pensée du XIXe siècle, avec sa conception d’une « voie russe séparée » et d’une « vie spirituelle russe particulière ». De fait, sur l’idée d’une exception et d’une supériorité nationales. En même temps, cette mouvance appartenait au camp européen de la « révolution conservatrice ».
Les chefs militaires blancs étaient des gens assez mesurés, parfaitement sains d’esprits. Mais leur entourage, les gens de grade moyen et inférieur, étaient sensiblement plus radicaux et plus à droite. Cela suffit pour ne pas avoir trop d’illusions sur ce qu’aurait été l’évolution du régime politique en cas de victoire des Blancs.
On aurait vu apparaître en Russie quelque chose comme les régimes autoritaires qui se sont établis dans la majorité des pays d’Europe orientale après le passage de la « vague rouge » qu’avait soulevée la révolution russe. On les qualifie tantôt de traditionalistes, tantôt de demi-fascistes.
Certes le degré de cruauté et l’ampleur des crimes de tous ces Horthy, Antonescu et autres le cèdent de loin à ceux de Staline et d’Hitler dont ils ont été les satellites et, chez eux, les choses se sont passées « plus en douceur ». En politique comme en économie. C’est une des caractéristiques des alliances totalitaires. Le « vaisseau amiral » est toujours le plus féroce. Chez lui, le modèle prend les formes les plus logiques et les plus achevées. Chez les vassaux, les satellites, « les partenaires secondaires », on tolère provisoirement un certain « libéralisme ».
Mais en cas de victoire des Blancs, la situation géopolitique de la Russie l’aurait poussée à jouer le rôle de « vaisseau amiral » de la « révolution conservatrice » européenne. À la place que l’Allemagne allait occuper par la suite. Cela aurait entraîné une nouvelle transformation du régime « blanc ». Et pas dans un sens moins dictatorial. Par nécessité, des formes extrêmes de répression se seraient imposées pour maintenir sous l’autorité impériale des territoires divers et enclins à se disperser. Les leaders modérés et de bon sens auraient été écartés ou seraient eux-mêmes devenus des monstres. Et rien ne dit que la Russie aurait surmonté la dictature « blanche » plus facilement et plus vite que la « rouge ».
En ce qui concerne le côté « ouvert » de la question de la forme de gouvernement, censée prouver l’attachement des Blancs à la démocratie, c’est une question oiseuse. La démocratie parlementaire est possible dans une monarchie, et la tyrannie la plus féroce dans une république. De toute évidence, les Blancs accordaient à cette question plus d’importance qu’elle n’en méritait. Ce qui montre déjà leur myopie politique. Ce n’est pas cette question qui se posait lors de la révolution et de la guerre civile. Or sur les questions qui préoccupaient réellement les gens – à savoir la terre, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, etc. – les Blancs se montraient sourds, réactionnaires et antidémocratiques. Ils traînaient derrière eux l’odeur pestilentielle de la judéophobie – encore un attribut immanquable de la mentalité traditionaliste. C’était aussi conforme au contexte européen dans son ensemble.
Il arrive que des détails de la vie courante en disent plus sur un mouvement social que toutes les déclarations faites en son nom. Certes, les généraux blancs – gens civilisés et instruits – savaient parler la langue du progressisme européen. Mais sur le terrain, leurs commandants faisaient impitoyablement fouetter les paysans. Par villages entiers. Parce qu’ils avaient osé prendre les terres que le décret bolchévique et SR leur avait accordées. Décret que, d’ailleurs, l’Assemblée constituante avait confirmé. Dans l’Armée blanche, les châtiments à coups de baguettes de fusil ont été rétablis. L’empereur Alexandre II les avait abolis. Il s’est avéré que les efforts de restauration de ceux « qui ne préjugeaient pas de l’avenir » allaient quand même plus loin que les décrets de la monarchie parlementaire.
Y avait-il au moins dans tout cela une quelconque rationalité politico-militaire ? C’est peu probable. Tout simplement la guerre (d’abord mondiale, puis civile) a arraché la pellicule de civilisation qui recouvrait encore les gens, et en-dessous, c’est sur l’enfer qu’on est tombé. Ce qui en a jailli, c’est un archaïsme séculaire de haine viscérale pour les droits et la dignité de la personne, le désir voluptueux d’écraser, de torturer, d’humilier. De montrer à autrui qu’on peut faire de lui ce qu’on veut.
Si les circonstances le lui permettent, un conservateur à la tête bien faite peut « reconnaître les réalités nouvelles » et, en partie, accepter les principes libéraux. Mais dans une situation de crise aiguë, ce sont ses « tripes » qui parlent, c’est-à-dire toujours les mêmes archaïsmes.
Chez les « Rouges », la révolution a joué le même « tour ». Lénine s’est impitoyablement employé à détruire une « culture bourgeoise » qu’il jugeait dépassée. Cependant, ce qui se trouva en dessous, ce ne fut pas une « culture post-bourgeoise » progressiste, mais un archaïsme pré-bourgeois. Ce n’est que lorsqu’il tomba gravement malade que le chef des bolcheviks observa que de toutes les fissures suintait une culture esclavagiste, une mentalité de larbins. Et il dut bien finir par reconnaître que retourner à une culture bourgeoise élémentaire serait un pas dans la bonne direction. En vérité, quand ce ne sont pas les uns, ce sont les autres.
L’éruption d’archaïsme qui a engendré la première vague de fascisme fut le résultat de la crise générale de la transition industrielle moderne. Aujourd’hui, le monde traverse une crise générale, celle de la nouvelle grande transition moderne, de nature post-industrielle. Et bien des choses se répètent.
La Russie a quand même vu le triomphe des gardes blancs. Après plus de 70 ans. Dans sa majorité, l’élite post-soviétique est précisément orientée vers leurs valeurs. Au départ, elle s’est comportée de façon parfaitement démocratique. Mais elle a vite fait de mettre à l’écart ses alliés temporaires, ces nigauds issus des rangs des « démocrates sincères ». Et l’on assiste maintenant à son retour, certes graduel mais aussi cohérent, vers ce qui constitue sa nature. Et voilà que, de nouveau, l’aspiration voluptueuse à défiler en bottes, à mettre en rangs et à pousser dans des baraquements les « croisés de la cohésion » de tout poil – soviétiques, non soviétiques, anti-soviétiques, peu importe – fondus en une touchante unité.
Le film Mariage à Malinovka10 commence par une scène touchante :
– Dis-nous, Gritsian de Tauride, ataman, notre chef, as-tu un programme ?
– Comment donc ? Sans programme, on ne peut rien faire. Mes hommes et moi, nous sommes pour la liberté de la personne humaine.
Dans la foule des villageois, on entend une voix : « Donc, le pillage va commencer. »
Si un reconstructeur-néodénikinien issu des rangs des tchékistes blancs promet, dans le dernier de ses manifestes, une concurrence politique honnête, la levée de la censure, la mise en liberté de tous les prisonniers politiques et l’indépendance des tribunaux, sachez que ça va commencer à cogner.
Traduit du russe par Bernard Machadier
Prisonnier politique en URSS comme sous Poutine, Alexandre Skobov purge actuellement une peine de seize ans de prison pour ses analyses politiques et ses appels à infliger une défaite complète à la « Russie fasciste ». Historien et figure de la presse dissidente, il a refusé de quitter la Russie malgré la répression et continue de défendre publiquement ses convictions depuis sa cellule.
Notes
- Dmitri Bykov, écrivain russe contemporain de renom qui vit en exil. (Toutes les notes sont de la rédaction.)
- Pavel Milioukov (1859–1943) est un historien russe et ministre des Affaires étrangères du gouvernement provisoire russe au début de 1917.
- L’Assemblée constituante panrusse qui devait statuer sur l’avenir politique de la Russie a été dissoute de force par les bolcheviks le 6 (19) janvier 1918. Les forces politiques anti-bolchéviques ne reconnurent pas cette dissolution, insistant sur l’illégitimité des Soviets et l’illégalité de la prise du pouvoir des bolcheviks. Le 8 juin 1918, à Samara, au cours de la guerre civile qui faisait rage, les socialistes-révolutionnaires, au nom de l’Assemblée constituante, ont provisoirement déclaré le Comité des membres de l’Assemblée constituante comme autorité suprême. Cependant, le 18 novembre 1918, ce gouvernement a été renversé par l’amiral Koltchak.
- Le général Anton Denikine (1872–1947) est un chef militaire et un homme politique russe. L’un des principaux leaders, mais aussi l’un des plus connus et des plus efficaces du mouvement blanc pendant la guerre civile russe (1917–1922).
- Monarchiste, l’un des leaders du mouvement blanc et l’un des organisateurs de l’Armée blanche.
- Philosophe, disciple de Hegel, anticommuniste virulent, il a notamment contribué à l’élaboration de l’idée nationale russe. Sa doctrine a influencé Vladimir Poutine.
- Dimitri Merejkovski (1865–1941) est un écrivain et critique littéraire russe. Il est principalement l’auteur de romans historiques et figure parmi les écrivains les plus lus et les plus célèbres du début du XXᵉ siècle.
- Nicolas Berdiaev (1874–1948) est un philosophe et théologien orthodoxe russe d’expression russe et française.
- Le baron Wrangel est un général russe, commandant en chef des armées du Sud, qui combattit dans les Armées blanches durant la guerre civile russe.
- Mariage à Malinovka est un film musical soviétique réalisé par Andreï Toutychkine sorti en 1967. Le film se déroule durant la période de la guerre civile en 1919 dans le village ukrainien de Malinivka.

