Jerzy Targalski // gov.pl

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Jerzy Targalski, historien, politologue, orientaliste, essayiste polonais, nous a quittés. La maladie qui le poursuivait depuis de longues années a fini par emporter ce corps habité par une âme indomptable. La mort place brutalement les survivants en face de leurs dettes. J’ai connu Jerzy pendant son séjour parisien (1984-1997). Nous avions une passion commune, la haine du communisme, et partagions le même refus de toute compromission avec ce système maléfique et ceux qui en émanaient. La passion n’empêchait cependant nullement Jerzy d’avoir une approche clinique des régimes communistes et post-communistes.

Polyglotte éblouissant, doté d’une immense culture, Jerzy avait le coup d’oeil de l’historien et savait repérer dans le chaos apparent des événements les analogies et les enchaînements cachés qui rendaient intelligibles les vicissitudes de l’actualité. Il fit connaître au public français le mouvement Prométhée, un projet géopolitique d’organisation de l’Europe centrale et orientale initié par le Polonais Jozef Pilsudski dont nul ne se souvenait. Ses analyses savantes m’aidèrent à comprendre les évolutions post-communistes dans les pays d’Europe centrale et orientale. Il me fit voir la fécondité de l’approche comparatiste de ces pays.

Jerzy Targalski fut amené à sonder la noirceur des hommes, à deux titres si je puis dire : en tant qu’historien et en tant que spécialiste du communisme. Il ne s’y résignait pas. Le pessimisme n’éteignait pas sa soif de justice. Toujours combatif, il gardait un fond de gaieté et trouvait dans la compagnie de ses chats l’esprit de liberté qui faisait défaut à ses contemporains.

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