Figaro Live, capture d’écran

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Renaud Girard ou la voix de Moscou ?
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Le parti indulgent envers le régime russe en France n’est pas composé que de politiques qui courent de Mélenchon à Le Pen – Zemmour, via des néogaullistes comme Fillon — devenu l’obligé salarié de sociétés moscovites —, mais aussi d’universitaires, comme Jacques Sapir, ou de journalistes, n’instrumentant pas seulement à Valeurs actuelles. L’un d’entre eux est une plume du Figaro. Renaud Girard, bardé de diplômes prestigieux, a préféré le journalisme à une carrière à l’université ou dans la fonction publique. C’est loin d’être déshonorant, mais le journalisme d’opinion peut avoir ses écueils.

Il n’est guère un seul de ses éditoriaux qui ne prenne pas le parti de Moscou contre Washington, voire contre la France. Heureusement, d’autres journalistes du Figaro, notamment Laure Mandeville et Isabelle Lasserre, dont il importe de souligner l’objectivité et une approche réaliste de la Russie, ou encore Delphine Minoui, d’une lucidité impeccable sur la Syrie, s’attachent à sauver la mise.

Girard plaide, de façon presque obsessionnelle, pour une alliance avec la Russie de Poutine, ne serait-ce que pour s’affranchir de la « tutelle » américaine, qui représente, selon lui, la seule et unique menace ; il faut également « comprendre la Chine », dialoguer avec l’Iran, ne pas isoler la Syrie, et tout s’arrangera !

La Russie, mère de toutes les vertus

Inlassablement, le préposé du Figaro rend hommage à Moscou, dont l’Armée rouge « se sacrifia le plus pour la victoire commune contre le nazisme » (Le Figaro, 14 avril 20151). Le pays — il ne parle jamais de régime — est « notre allié naturel, face à la Chine et au monde arabo-musulman. […] Sachons lui parler sans arrogance » (25 novembre 2014). La Pologne, la Lituanie, la Lettonie constituent, pas moins, des « États paranoïaques » (3 février 2015), « complètement et volontairement inféodés à l’Amérique » (Courrier de la Russie, 12 septembre 2018), la Pologne, ayant fait le choix de « la sujétion à l’Amérique » (9 juin 2020), étant totalement « soumise » à celle-ci (29 juin 2021).

Sous le titre « Ramenons la Russie dans la famille européenne », Girard, s’il admet, du bout des lèvres, que Poutine ne peut être présenté comme « un démocrate », considère qu’il « est le dirigeant le plus libéral de toute l’histoire de la Russie » (18 octobre 2018).

Ramener la Russie en Europe, en se pliant à ses exigences, revient comme une sorte de litanie : « Levons donc les sanctions et proposons un deal : garantissons-lui que l’Ukraine ne rejoindra jamais l’OTAN […]. Brisons la dictature juridico-financière de l’Amérique. […] Montrons que nous sommes des alliés, pas ses vassaux [de l’Amérique] » (13 septembre 2016). Quelques mois plus tard, son article du 20 janvier 2017 enjoint de « ramener la Russie dans la famille européenne et suspendre les sanctions ». Lorsque Fillon remporte la primaire le plaçant en candidat favori pour la présidentielle de 2017, Girard — qui souhaite son élection (Figaro Magazine, 23 décembre 2016) —, rend un hommage appuyé à sa russophilie, qui dénonce l’« impérialisme américain », alors que Juppé est soupçonné d’atlantisme (22 novembre 2016).

L’année précédente, Girard s’indigne qu’on puisse « humilier la Russie. Hollande a eu tort d’être absent à la grande parade du 9 mai à Moscou, geste discourtois envers Poutine, il s’est aligné sur la position américaine […]. L’Occident, avant de donner des leçons, devrait balayer devant sa porte » (12 mai 2015). En somme, pour lui, l’Occident est toujours coupable. Il plaide pour que, d’urgence, « la France retrouve une grande politique russe. […] Faisons-le sans demander leur avis aux États-Unis » (22 septembre 2015), car « la Russie se méfie des armées de l’Ouest qui l’ont si souvent envahie » (18 avril 2017).

Il se fait le porte-parole de Poutine, regrettant que celui-ci soit « déçu par Macron, dont il attendait une politique moins alignée sur l’Amérique en matière de sanctions » (18 décembre 2018). Il considère aussi que Poutine n’admire plus l’Europe, « diplomatiquement soumise à Washington » (21 janvier 2020). Si Poutine et Erdoğan ne sont pas nos amis, « ils ne sont pas non plus nos ennemis. Il faut leur parler » (29 janvier 2019), comme si les contacts avaient été rompus, ce qui n’a jamais été le cas. Et Girard revient, de façon répétitive, à sa condamnation d’un supposé boycott de la Russie, « grave erreur des Occidentaux. Paris doit impérativement renouer des liens d’amitié avec la Russie » (11 juin 2019) car seule l’Europe de l’Atlantique à l’Oural, « vision gaullienne, est la bonne » (Courrier de la Russie, 12 septembre 2018).

Il estime qu’il ne faut pas exagérer la menace de la Russie (12 novembre 2019), avec laquelle il faut impérativement renouer le dialogue (3 décembre 2019), étant entendu que l’Union européenne doit empêcher « toute nouvelle expansion de l’OTAN » (4 août 2020), la France se devant d’être « plus ferme dans son veto de toute extension de l’Alliance, en termes de pays membres comme de zones de déploiement » (2 septembre 2021). « Soyons réalistes avec la Russie ! » insiste-t-il le 9 février 2021, car « il faut commercer avec les Russes, pas les sanctionner », déplorant que, après l’affaire Navalny — que Girard ne condamne pas —, la France « se précipite pour sanctionner la Russie » (27 octobre 2020).

Léger infléchissement le 8 septembre 2020, sous le titre « La Russie qui se tire une balle dans le pied », ainsi que le 1er janvier 2022, sur le FigaroVox, où, continuant à dénoncer « la ruse » des Américains, Girard consent à déplorer l’autoritarisme du régime et la condamnation de Mémorial.

L’Ukraine, c’est la faute des Occidentaux

Selon Girard, Poutine a tenu une promesse faite au président Hollande, à savoir que la Russie respecterait l’intégrité territoriale de l’Ukraine : « Poutine a nié toute responsabilité dans le déclenchement de l’agitation prorusse à Donetsk. On peut le croire », conclut-il, épousant, là encore, l’incroyable version du Kremlin (9 décembre 2014) et accusant les Américains, qui « jettent de l’huile sur le feu, en fournissant des armes » (3 février 2015) et qui « ont provoqué la réaction des Russes en Crimée » (11 juin 2019), pas moins ! Cette annexion de la Crimée, si elle contrevient au droit international, n’en est pas moins « géopolitiquement compréhensible » (8 septembre 2020).

Faisant grief aussi à l’OTAN de vouloir s’implanter en Ukraine, véritable « provocation » (5 septembre 2017), Girard s’aligne sur les exigences russes, de façon systématique, soulignant que « France et Allemagne doivent inscrire dans le marbre leur veto de l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN » (22 mai 2018) car, écrit l’adepte du très complaisant Courrier de la Russie (12 septembre 2018), l’entrée « dans l’OTAN est inacceptable pour les Russes ». Il se range à la position russe dans la mesure où « on peut comprendre, du point de vue de Moscou, l’annexion de la Crimée : ils voulaient être sûrs que Sébastopol ne tomberait jamais entre les mains de l’OTAN » (ibid.).

Le « grand reporter » du Figaro en arrive à plaider pour, de triste mémoire, la « finlandisation » de l’Ukraine (19 janvier 2021), autrement dit la victoire sans guerre. Il en arrive à fustiger les actions défensives de l’artillerie régulière ukrainienne, qui bombarde « sans discernement » les villes dites « séparatistes » (en fait, contrôlées par Moscou, ce qu’il n’évoque jamais) (23 novembre 2021).

S’agissant du Kosovo, Girard dénonce l’« extraordinaire erreur stratégique commise par l’Alliance atlantique. […] La diplomatie américaine de la canonnière aérienne fait étalage de ses insuffisances. […] C’est une guerre des lâches qui n’ose pas dire son nom. […] Les Américains ont commis un immense désordre » (Revue des deux mondes, mai 1999, p. 126-131).

L’Amérique, mère de tous les vices

Oui, tous les maux de la terre sont la faute de Washington, le titre de moult articles de Girard mettant en cause, de façon généralisée, la politique américaine, qui sème le trouble, l’entretient, le façonne et le prolonge, conduisant à la « goujaterie » (5 novembre 2019).

Qu’on en juge par quelques titres de ses papiers : « L’échec américain au Moyen-Orient » (24 mars 2015), « Airbus à l’Iran, résistons à Washington » (21 juin 2015), « Les dangers de l’incohérence américaine » (27 juin 2017), « Les ravages de l’unilatéralisme américain » (16 janvier 2018), « L’Amérique, ex-leader du monde libre » (19 février 2019), « L’Amérique méprise ses courtisans » (15 décembre 2020), etc., à opposer aux intitulés systématiquement favorables à Moscou comme, entre autres, « Pourquoi donc humilier la Russie ? » (12 mai 2015), « Les Russes ne sont pas responsables de tous nos maux » (3 avril 2018), « Pour un dialogue avec la Russie » (3 décembre 2019) ou « Pourquoi prolonger les sanctions contre la Russie ? » (29 août 2021).

Ce subtil esprit va jusqu’à accuser l’Amérique d’être à l’origine de la création de l’État islamique (14 octobre 2014). Il reprend même la thèse, qui frise le complotisme, selon laquelle les « Américains ont eu besoin de se fabriquer un ennemi public numéro un » (29 octobre 2019).

L’« abandon honteux des chrétiens d’Orient » est également imputable à cette détestable Amérique (8 janvier 2019), « superpuissance sûre d’elle-même » (15 décembre 2020), à laquelle il est « devenu dangereux de se lier militairement » (8 octobre 2019), car elle aurait « péché par manque de clarté et de réalisme » (19 janvier 2021).

Évidemment, le peu glorieux retrait d’Afghanistan permet à Girard de se déchaîner contre « le mensonge de Biden » (13 juillet 2021) et sa « lâcheté » (10 août 2021), dont l’Europe paiera l’inconséquence (17 août 2021), la solution consistant à voir la France cesser « de s’aligner systématiquement sur la politique étrangère américaine » (21 septembre 2021) et revenir à la diplomatie gaulliste, « qui eut à chaque fois raison » (9 septembre 2014).

Comment ne pas condamner le « scandaleux embargo » à l’encontre de Cuba (14 avril 2015), où le système de santé est jugé « excellent » (29 novembre 2016) ? On a vraiment l’impression de lire Le Monde diplomatique, voire L’Humanité.

Iran pacifique, Syrie et Irak, victimes de l’Amérique, Asie bienveillante…

Girard témoigne d’une singulière bienveillance à l’égard de pays qui, quoi qu’ils essaient de laisser accroire, nourrissent, quand ils ne l’ont pas créé, le terrorisme. On sait qu’Assad a élargi nombre d’islamistes et a été le pire criminel contre l’humanité du XXIe siècle. Mais, là encore, c’est à cause de l’Amérique. Alors que l’Iran est en lui-même un État terroriste, Girard n’hésite pas à demander une longue interview au ministre iranien des Affaires étrangères, où ce dernier prétend le contraire, ce qui est de bonne guerre. Pourquoi pas ? Mais sans que l’intervieweur le pousse dans ses retranchements, semblant prendre pour argent comptant ses contre-vérités (20 novembre 2018).

Dans le genre, Girard accorde une autre pleine page à un homme d’affaires iranien, qui prévient, en titre, que « l’Amérique peut provoquer une catastrophe mondiale » (24 juin 2019). Des droits de l’homme et, plus encore, de la femme, en Iran ou ailleurs, l’oracle du Figaro détourne le regard avec une remarquable constance.

Notre américanophobe de service dénonce, en 2020, l’assassinat, en Irak, du général iranien Soleimani, inconditionnel du Hezbollah qualifié de « pragmatique, […] qui avait remarquablement combattu les sunnites de l’État islamique » (7 janvier 2020). Qu’il ait été dénoncé par d’autres comme oppressif et que ses crimes de guerre aient été bien documentés ne paraît pas le troubler. Certes, pour quelqu’un qui estime que l’Iran constitue « un partenaire dans la stabilisation du Moyen-Orient » (24 mars 2015), cette disparition constituait une perte irréparable.

Affirmant que l’Iran sera envahi par les groupes américains (21 juin 2015), révélant ainsi sa totale méconnaissance du pays, Girard somme la « France de se démarquer de son allié américain et de devenir leader en Occident du rétablissement des ponts culturels, politiques et économiques entre l’Europe et la Perse » (23 mai 2017).

Pour ce fin stratège, la position américaine visant à isoler l’Iran est contre-productive car pousse-au-crime (13 février 2018). Plus inquiétant est l’alignement de Girard sur les positions de Téhéran lorsqu’il s’étonne qu’il ne puisse se doter de l’arme nucléaire (26 janvier 2021).

Même refrain avec la Syrie d’Assad, qui, selon Girard, n’est pas un ennemi, au contraire des islamistes (16 avril 2018) ; sa « diabolisation a constitué une diplomatie infantile et contre-productive » (26 mai 2015). Girard préconise d’« aider les Russes en Syrie car l’Amérique a mis durablement la région à feu et à sang, peut-être involontairement » (15 septembre 2015). On attendait du grand reporter une enquête sur les dizaines de milliers de morts sous la torture du régime et les crimes de guerre du régime et de ses alliés russe et iranien, mais rien n’est évidemment venu.

Girard va jusqu’à s’étonner « d’entendre l’Amérique et ses alliés critiquer les actuelles frappes russes en Syrie » (6 octobre 2015), ignorant avec superbe les innombrables victimes civiles, et se félicitant que Poutine ait eu « le courage d’envoyer son armée en Syrie ». Il rend même hommage à Assad, « qui incarne l’État […], qui jouit d’un réel soutien au sein de la population syrienne » (Le Débat, mai-août 2016), alors que l’Amérique est coupable d’avoir attaqué l’Irak. Toujours aussi clairvoyant et complaisant, Girard juge que présenter Assad comme « un méchant qui massacre est réducteur » (1er novembre 2016). Et d’employer le conditionnel lorsqu’il écrit que ce dernier « massacrerait son peuple » (6 décembre 2016).

La situation de la Syrie, c’est toujours et encore la faute, « en partie », des Occidentaux (27 septembre 2016), qui auraient mieux fait de « coordonner nos actions militaires avec les Russes […] et faire davantage avec Iran, Irak, Hezbollah libanais » (8 novembre 2016), ce dernier figurant pourtant sur la liste des organisations terroristes.

S’agissant des attaques chimiques, Girard en exonère Assad, allant jusqu’à demander s’il ne s’agit pas d’une provocation des rebelles islamistes (10 avril 2018), reproduisant telle quelle la propagande de Moscou. La pleine page du 16 avril suivant consiste surtout à condamner les Occidentaux, se félicitant qu’Assad n’ait jamais tué un seul Français (ce qui est faux)…

Pour ce qui concerne le conflit Iran-Irak, c’est, selon notre oracle, de la responsabilité de l’Amérique et de ses alliés, la guerre sunnites-chiites ayant été créée par Washington (3 février 2015), thèse que l’on n’a jamais vu soutenue nulle part !

La Chine « est un immense pays, avec lequel la France doit avoir des relations approfondies, politiquement, commercialement, culturellement » (7 septembre 2021), Girard rappelant un déjeuner que lui avait offert un vice-ministre chinois en 2009, qui lui déclarait que « les Américains n’ont rien à faire en Asie » (21 septembre 2021).

Il va jusqu’à plaider pour la Corée du Nord, estimant que « la grande erreur remonte à l’époque de l’administration George W. Bush qui avait placé le pays dans “l’axe du mal“ » (8 octobre 2019). Et de dénoncer le départ précipité des Américains du Vietnam en avril 1975, décrit comme une « ignominie » (31 août 2021), les Américains ayant abandonné leurs alliés en rase campagne, « au contraire des Russes » (8 octobre 2019). Et s’ils étaient restés davantage, sans doute que Girard les aurait dénoncés encore plus fort car, quoi qu’ils fassent, les Américains sont coupables.

Des fréquentations à son image

Comme il se doit, Girard ne peut que célébrer le livre, d’une certaine légèreté historique, de Mme Carrère d’Encausse consacré à la Russie et de Gaulle ; il témoigne des limites de sa culture quand il prétend que la conférence de Yalta consista dans le partage du monde par les trois vainqueurs (30 novembre 2017) alors que ce n’est nullement le cas, Staline s’empressant, seul, de violer les accords signés avec Roosevelt et Churchill.

Girard a aussi cosigné un livre d’entretiens avec l’ancien ambassadeur russe à Paris, Alexandre Orlov, dont Le Figaro Magazine du 30 octobre 2020 fait l’éloge, sur deux pages, signé Pierre de Boishue, fils de Jean, agrégé de russe, ce dernier faisant partie de la garde rapprochée de Fillon (Marianne, 4 décembre 2016) et lui ayant servi d’interprète lors de ses entretiens avec Poutine au printemps 2013.

Girard verse dans le dithyrambe, célébrant en Orlov « une personnalité d’une grande simplicité. Diplomate intelligent […], ouvert, sans être faible ». Soit. On reste songeur lorsque, à la page 91 de cet ouvrage, Orlov dénonce l’expulsion, par Mitterrand, en 1983, de 47 espions soviétiques déguisés en diplomates, « geste d’allégeance […] vis-à-vis des Américains ». Chacun sait que l’ambassade soviétique à Paris (et ailleurs) était, de tout temps, un nid d’espions du KGB. Mais que Girard ait laissé écrire, sans la nuancer, cette singulière contre-vérité est significatif de son alignement sur tout ce qui provient de Russie.

Dans le même ordre, il attribue la note de 19/20 à l’émission de France 3 où, fin juin 2017, le cinéaste américain Oliver Stone, un grand admirateur des régimes russe et cubain, interroge Poutine ; Girard célèbre celui qui « a rendu à la Russie son prestige dans le monde » et attribue le qualificatif d’« exceptionnel » à ces entretiens (26 juin 2017). Tel n’est pas l’avis d’Anne Dastakian, dans Marianne des 23-29 juin, titrant « Stone, l’idiot utile de Poutine », lequel Stone, sur l’Ukraine, « semble avoir puisé ses questions chez Russia Today, la chaîne fondée par le Kremlin, et tend un micro plus que complaisant au président russe ».

Renaud Girard est-il seulement un journaliste ?

  1. Sauf indication contraire, l’ensemble des citations est extrait du Figaro, dont le titre n’est plus mentionné mais seulement la date. 

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