Le siège du gouvernement régional à Kharkiv après les bombardements russes. Photo : ministère ukrainien des Situations d’urgence

Le siège du gouvernement régional à Kharkiv après les bombardements russes. Photo : ministère ukrainien des Situations d’urgence

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Desk Russie continue de publier cette chronique remarquable d’un blogueur local, écrite en russe. Mykyta Soloviov y décrit le quotidien de la vie d’une grande ville industrielle, Kharkiv, bombardée sans relâche, et le courage de ses défenseurs.

Les bombardements continuent dans la ville. Là encore, il y a des destructions et des victimes. Dans l’arrondissement de Saltivka, un marché a été détruit et a pris feu lors d’un bombardement, faisant de nombreux blessés et cinq victimes. Les bombardements sont effectués par l’artillerie, les MLRS [lance-roquettes multiples], les mortiers. Il n’y a pas eu de raids aériens récemment. Je n’ai aucune donnée sur des tirs de missiles dans Kharkiv, et je ne pense pas qu’il y en ait eu.

L’état des services communaux se complique, malgré tous les efforts et l’efficacité extraordinaire de nos équipes. Ils n’ont tout simplement pas le temps physiquement de rafistoler les dégâts par rapport à la vitesse à laquelle la soldatesque russe produit les destructions. De temps en temps, dans l’un ou l’autre quartier de la ville, certains services de base cessent de fonctionner : lumière, eau, gaz et chauffage. Par miracle, les employés de la compagnie d’électricité réussissent à en restaurer la majeure partie. Mais ce ne sont pas des magiciens, et certains réseaux ne seront pas opérationnels avant que les grandes réparations soient terminées après la victoire.

En dehors de trois quartiers de Saltivka, la situation est très difficile à Pyatikhatki. Non seulement une partie des réseaux, mais tous les magasins du quartier sont détruits. Il n’y a nulle part où acheter de la nourriture. Le district vit de l’aide humanitaire. Je n’ai pas de données exactes, mais il semble qu’il y ait une situation difficile dans un ou deux quartiers d’Horizon [un arrondissement de Kharkiv].

Pour les autres quartiers de la ville, pour autant que je sache, certains sont un peu mieux, d’autres moins, mais il n’y a pas de situation humanitaire menaçante. Bien que ce ne soit pas facile, bien sûr.

La situation à Izyoum reste très difficile. La ville est sous blocus. Il n’est plus possible de faire entrer des convois humanitaires dans la ville ou de faire sortir les gens. Les réserves internes ont déjà été complètement épuisées et chaque jour suivant est plus difficile que le précédent.

Soit il n’y a pas eu de combats majeurs près de Kharkiv ce jour-là, soit aucune information à ce sujet n’est tombée dans le domaine public. Le bombardement de plusieurs autres petites villes continue. Nos défenseurs s’attaquent à la logistique et à l’arrière-front et empêchent les « orques » de se consolider.

D’après mes contacts, les organisations de volontaires de la ville établissent des liens horizontaux et travaillent de plus en plus comme un seul organisme. Progressivement, la communauté des volontaires passe du mouvement brownien des premiers jours à un travail plus systématique. La spécialisation des groupes de volontaires émerge et s’approfondit. Il est de plus en plus facile de trouver quelqu’un à qui transmettre des informations et de se répartir les tâches.

Il semble maintenant que tous les citoyens actifs de Kharkiv aient réalisé qu’il ne s’agit pas d’une course de cent mètres, mais d’un marathon. Ils s’y adaptent progressivement, ce qui leur permettra de courir longtemps. Par exemple, l’horizon de planification s’est élargi. Alors qu’au début, personne ne faisait de prévisions au-delà de un à deux jours, aujourd’hui, la planification de nos actions se fait plusieurs jours à l’avance.

Ce n’est pas facile pour Kharkiv et ses citoyens. Mais nous essayons de nous adapter et de vivre dans ces conditions. Afin de tenir et vivre comme cela aussi longtemps que nécessaire.

Kharkiv est debout !

Gloire à l’Ukraine !

Un grand merci à nos défenseurs !


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