Ilia Samoïlenko et Youlia Fedossiouk en Israël. Photo : Ilia Bezroutchko

Ilia Samoïlenko et Youlia Fedossiouk en Israël. Photo : Ilia Bezroutchko

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Blogueur et militant pro-ukrainien, l’Israélien Ilia Bezroutchko raconte la récente visite en Israël de deux personnes liées au régiment Azov. Il cite leurs témoignages pour réfuter l’une des thèses favorites de la propagande russe : le « nazisme » de l’une des meilleures entités de l’armée ukrainienne. Ce texte a été publié sur le blog de Bezroutchko, hébergé par le journal israélien The Times of Israël.

J’attendais à l’aéroport Ben-Gourion l’arrivée d’un vol retardé en provenance de Varsovie. Autour de moi, les gens avaient hâte de retrouver leurs amis et parents qui venaient de l’étranger. Tout autour, la vie de l’aéroport suivait son cours habituel. Mais nous, nous attendions des invités extraordinaires venus d’Ukraine : le lieutenant Ilia Samoïlenko (du détachement d’opérations spéciales Azov) et Youlia Fedossiouk (vice-présidente de l’association des familles des défenseurs de l’usine Azovstal). C’était leur première mission conjointe à l’étranger en tant que représentants des branches civile et militaire du mouvement de soutien aux défenseurs d’Azovstal. Je dirais aussi que c’était là une visite très symbolique et significative en Israël, qui faisait voler en éclats les mythes de la propagande russe sur le régiment Azov.

Azov et la propagande

Depuis 2014, la propagande russe s’emploie à répandre le mythe de « néo-nazis ukrainiens » en uniforme militaire, censé légitimer l’invasion massive de l’Ukraine en 2022. Les médias russes ont abondamment contribué à diaboliser Azov, parvenant ainsi à empoisonner des consciences dans le monde entier. Malheureusement, des journalistes internationaux ont été indirectement instrumentalisés par les Russes, ce qui a produit quelques articles et enquêtes dont les seules sources étaient « des lanceurs d’alerte anonymes ». D’autres journalistes, se targuant de mener des enquêtes indépendantes, n’arrivent même pas à faire la différence entre le régiment Azov et le parti politique créé par les vétérans de cette unité. À mon avis, il vaut mieux lire et étudier ce que disent les chercheurs ukrainiens plutôt que de se concentrer sur ce que disent les « chercheurs sur Instagram » et reprendre leurs propos.

Je ne nie pas cependant que des militants d’extrême droite d’Ukraine, de Russie et du Bélarus aient rejoint l’unité en 2014, date à laquelle elle a été fondée. Selon mes sources, la plupart des vétérans et soldats d’extrême droite qui étaient dans Azov ont quitté l’unité dès 2015. Les aventuriers radicaux qui ont tenté d’introduire une idéologie d’intolérance dans le bataillon qui venait de se former étaient surtout originaires de Russie et prétendaient lutter contre le régime de Poutine en Ukraine.

Or, ces personnages louches ont disparu moins d’un an après avoir rejoint cette unité. Comme je connais fort bien les méthodes de la propagande russe, je dirais que ces gens ont été des « taupes » dans le régiment. Leur tâche principale était de ternir la réputation de cette unité récemment créée, et ils s’en sont fort bien acquittés. Ilia Samoïlenko me l’a dit un jour en ces termes : « Ils [les Russes] ne savent bien faire que deux choses : mentir et intimider. » Depuis 2017, le nouveau commandant du régiment, Denis Prokopenko (« Redis ») a mis en place tout un ensemble de mesures pour qu’y soient appliquées les normes de l’OTAN en matière de formation des unités, de hiérarchie, d’idéologie et de méthodologie de la guerre.

Pour conclure sur ce point, je voudrais citer l’avis de Viatcheslav Likhatchev (docteur en histoire, journaliste, politologue et acteur social engagé qui vit à Jérusalem). Il suit depuis une vingtaine d’années les mouvements de droite et la mouvance xénophobe et antisémite en Ukraine. Ses travaux fondamentaux présentent un tableau très approfondi et équilibré de la situation actuelle en Ukraine en matière de respect des droits de l’homme.

Selon lui, il est vrai que certains des fondateurs d’Azov viennent de l’extrême droite radicale. Mais on n’en trouve pas la moindre marque dans les activités d’Azov. Par exemple, il y avait une communauté juive importante à Marioupol et une synagogue en activité ; or, en huit ans, elles n’ont jamais eu le moindre problème avec aucun soldat d’Azov. Il en va de même pour les communautés musulmane et grecque. Le principal danger pour les communautés ethniques de Marioupol et pour l’ensemble de la population locale venait de ce que les Russes bombardaient sans état d’âme à l’arme lourde les infrastructures civiles. Mais le fait que le fondateur d’Azov, Andriy Biletskyi, a continué d’utiliser pendant des années le nom du régiment tout en lançant de nouveaux projets politiques à orientation nationaliste a embrouillé davantage encore les observateurs extérieurs.

Par ailleurs, la propagande russe ne manque pas de recourir au mensonge pour forcer la note. Certes, le tableau qu’elle présente est virtuel, mais il ne faut pas sous-estimer la propagande. Elle est systématique, professionnelle et convaincante, en particulier dans le monde occidental, qui n’est pas habitué à ce qu’on lui mente de façon si éhontée. La culture occidentale a tendance à rejeter une vision du monde en noir et blanc pour envisager des modèles plus complexes. Typiquement, elle cherche la vérité quelque part entre les points de vue radicalement opposés. Or, comme l’a dit Adam Michnik, « la vérité n’est pas au milieu, elle est là où elle est ».

Des Juifs dans les rangs du régiment Azov

Sachant que nombre de gens continuent de croire la propagande russe, j’ai décidé de faire connaître trois histoires de soldats juifs d’Azov avec qui je me suis personnellement entretenu.

Vitali « Benia » Barabash est le soldat juif ukrainien qui a lancé un appel aux responsables de l’État israélien depuis les bunkers de l’aciérie Azovstal. Il s’exprimait au nom d’une quarantaine de Juifs assiégés dans l’usine et a donné un visage aux soldats juifs du régiment Azov. Après une longue captivité, il est revenu en Ukraine où il soigne ses blessures et se remet des horreurs subies en détention.

Vitali « Benia » Barabash à Azovstal, en mai dernier, capture d’écran

Vitali « Benia » Barabash à Azovstal, en mai dernier, capture d’écran

Ilham Gassanov est un urbaniste qui a rejoint le régiment Azov. Il a fait connaître ses réflexions sur son appartenance en tant que soldat juif à cette fameuse unité : « Pendant longtemps on n’a pas parlé de notre judéité dans ma famille. La raison en était dans notre passé soviétique. Mais au début des années 2000 ma sœur est allée étudier au lycée de l’ORT1 de Kyïv. Je m’y suis moi aussi inscrit. Son programme d’enseignement m’a profondément plongé dans le contexte juif. C’est là que j’ai fait ma bar-mitzvah. Les cours d’hébreux et l’enseignement de la tradition m’ont beaucoup intéressé. Adolescent, je suis entré chez les scouts israéliens d’Ukraine. Puis j’ai fait de nombreux voyages en Israël, avec des séjours dans des villes israéliennes et des activités de volontariat.

Ilham Gassanov

Ilham Gassanov. // Sa page Facebook

La conception du service qui est propre au régiment Azov a été décisive dans mon choix. Elle repose sur la communication horizontale, sur l’accessibilité du commandement et sur l’encouragement de l’initiative, choses qui manquent souvent dans les autres unités.

Lors de l’entretien avec le commandant de l’unité, nous avons abordé la question de mes racines familiales. Ma réponse l’a beaucoup fait rire. Il s’est avéré que lui aussi avait des racines juives. Dans l’unité, nous avons des juifs, des chrétiens, des musulmans et des représentants d’autres confessions. Pourtant, les conversations et les disputes sur le football y sont bien plus fréquentes que sur la religion.

Il me semble que nationalisme et patriotisme sont synonymes. Il n’y a rien de mal à ce que des gens s’identifient avec une culture, une langue ou un territoire particuliers. Comme l’a dit Hillel le Sage : “Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ?” »

Valentyn Dzioubenko : Titulaire d’un doctorat, membre du service de presse du régiment Azov. Il nous parle d’identité, du régiment Azov et du nationalisme.

« Ma famille compte des représentants de diverses nationalités : Ukrainiens, Russes, Arméniens et, du côté de ma mère, Juifs. Quand j’étais enfant, on ne parlait pas de nos ancêtres juifs. C’est pendant l’adolescence que je me suis intéressé à cette question. Je ne me considère pas comme juif mais à l’université, où je me suis spécialisé en études religieuses, je me suis consacré à l’étude du judaïsme. J’ai voyagé à travers l’Ukraine dans le cadre de groupes de recherche, j’ai écrit des articles dans le domaine des études juives et j’ai participé à des expéditions de terrain pour étudier des cimetières juifs. En 2013, je me suis inscrit en études juives à l’Académie Mohyla de Kyïv, où j’ai étudié l’hébreu, les textes hébraïques et l’histoire juive. En 2021, j’ai soutenu une thèse de doctorat sur un sujet lié au conflit arabo-juif.

Azov est un modèle de professionnalisme militaire et de passion du sacrifice. Depuis des années, je me suis fait des amis parmi les soldats du régiment. Quand l’occasion s’est présentée de proposer mes compétences au service de presse du régiment, je n’ai pas hésité. Une partie de notre travail consiste à réfuter les mythes et thèses propagandistes concernant Azov. Mon histoire personnelle est d’ailleurs en soi une réfutation de ces mythes.

Mon appartenance ethnique et ma religion n’intéressent personne dans l’unité. Ce qui compte, ce sont les compétences professionnelles et les qualités humaines. Quand quelqu’un apprend que j’ai des racines juives, c’est pour lui comme si mes ancêtres avaient été bélarusses, allemands ou japonais. Certains n’en savent rien parce que ça ne veut rien dire pour eux. Pas une fois depuis que je travaille à Azov et depuis que je me suis lié d’amitié avec de nombreux soldats du régiment je n’ai eu le moindre ennui du fait de mes racines juives ou arméniennes.

La guerre actuelle en Ukraine n’a pas simplement une dimension nationale. Elle oppose fondamentalement la liberté à la tyrannie et la justice à l’injustice. Aujourd’hui, l’Ukraine réunit tous ceux qui combattent pour la liberté et la justice, quelle que soit leur nationalité ou leur religion. Et Azov est à l’avant-garde de ce combat.

Je vois dans le nationalisme une idéologie propre à une période historique spécifique, celle de la formation de nations modernes et de la constitution d’États-nations. J’ai toujours cru, et crois encore aujourd’hui, qu’à Azov le nationalisme n’a jamais été perçu sous un angle primitif et biologique. Son nationalisme considère surtout les valeurs civiques. On en trouve la confirmation dans la présence au sein du régiment de gens qui appartiennent à des groupes ethniques différents, qui parlent des langues différentes et ont des religions différentes. Ce qui les unit va bien au-delà des définitions primaires. »

Le siège de l’aciérie Azovstal

À l’époque où les occupants russes encerclaient l’usine et où la ville de Marioupol n’avait pas été conquise, tous les Ukrainiens suivaient les nouvelles de la ville. C’est alors que j’ai reçu un message d’un ami, un volontaire, qui souhaitait transmettre l’appel de soldats juifs d’Azov au Premier ministre et au gouvernement israélien. C’est ainsi que je fis la connaissance des défenseurs de l’usine Azovstal et entendis ce qu’ils avaient à raconter. Nous avons alors réussi à lancer une campagne médiatique pour appeler l’attention du public israélien sur la bataille de Marioupol et sur une crise humanitaire qui n’a pas pris fin. Il fallait cependant faire davantage pour amener les autorités israéliennes à intervenir comme médiateurs pour que la garnison et les civils puissent être évacués de la ville en feu. Dans mes entretiens avec « Gandalf » Ilia Samoïlenko, pendant sa visite en Israël, j’ai beaucoup appris sur ce qui s’est passé dans les bunkers de Marioupol.

Il m’a dit que ceux de la garnison qui pouvaient encore se battre n’espéraient pas survivre.

« C’est au fond quand on accepte qu’on est déjà mort », a dit Samoïlenko. « La liberté, c’est de se battre comme si c’était le dernier jour de sa vie. »

La décision de reddition a été prise pour sauver la vie de plus de 600 blessés, dont la moitié de blessés graves.

Pièce commémorative dédiée aux défenseurs d’Azovstal, à partir de l’œuvre de l’artiste Maksym Palenko. // Ministère de la Défense ukrainien

Le 17 mai, près de 2 000 soldats ukrainiens se sont rendus aux Russes. On les a envoyés au camp de prisonniers d’Olenivka, dans la zone occupée de Donetsk.

« Gandalf » n’a séjourné que quatre jours en prison. La nourriture était à peine mangeable. Comme il était passé dans les médias, on l’a considéré comme un prisonnier de valeur. C’est pourquoi il a été transféré à la prison de Lefortovo de Moscou, où il a été placé en isolement cellulaire. Le 21 septembre 2022, Samoïlenko et certains de ses frères d’armes sont sortis des geôles russes à l’occasion d’un des plus importants échanges de prisonniers de guerre, portant notamment sur certains haut gradés de la garnison de Marioupol.

La délégation d’Azov en Israël

« Le sort de quelque 700 soldats et officiers reste inconnu, sauf que l’on sait qu’ils sont détenus dans des prisons de toute la Russie », affirme Ioulia Fedossiouk. Cette femme, vice-présidente de l’Association des familles des défenseurs d’Azovstal, faisait aussi partie de la délégation d’Azov qui s’est rendue en Israël. Son mari, Arsène Fedossiouk, est toujours emprisonné en Russie, sans que l’on sache où ni à quel titre. Youlia et les parents de défenseurs de Marioupol ont assez de courage pour surmonter leur douleur et lutter pour défendre ceux qu’ils aiment. Ils s’expriment ouvertement dans le monde entier et appellent les grandes puissances à venir au secours de leurs proches. Ils ont déjà rencontré le pape et se sont rendus devant le Congrès américain. Ils sont maintenant venus en Israël pour dire la vérité sur le siège de Marioupol et sur le sort de ceux qui restent encore dans les prisons russes.

Le voyage d’Ilia Samoïlenko — agent de renseignement au sein du régiment Azov — et de Ioulia Fedossiouk a été organisé par l’association des « Amis israéliens de l’Ukraine » (IFU) avec le soutien de la fondation Nadav. L’IFU est une ONG israélienne qui apporte de l’aide humanitaire et un soutien à l’Ukraine depuis 2014. L’une de ses missions est aussi de lutter contre la propagande russe.

Anna Jarova, cofondatrice de l’Association des amis israéliens de l’Ukraine, explique : « En dehors de nos activités fondamentales de type humanitaire, la lutte contre la propagande russe est désormais un de nos grands objectifs. Depuis les années 1990, l’expression “la rue russe” s’est répandue dans la société israélienne. Elle véhicule la propagande et les narratifs pro-russes. Depuis le début de la guerre en Ukraine, notre mouvement vise à créer une “rue ukrainienne”. Des visites comme celle de représentants du régiment Azov sont essentielles pour combattre les mythes et mieux comprendre ce que les Ukrainiens combattent aujourd’hui et les dangers auxquelles Israël s’expose à coopérer avec la Russie. »

C’est la raison pour laquelle a été organisé le voyage de l’officier d’Azov et de la représentante des familles des défenseurs de Marioupol. Cette initiative s’inscrit dans les efforts pour lutter contre les tentacules de la propagande russe qui s’étendent dans le monde entier. Lors de la semaine qu’ils ont passée en Israël, Mme Fedossiouk et M. Samoïlenko se sont rendus à la Knesset. Ils ont rencontré une dizaine de journalistes israéliens pour faire en sorte que la vérité se répande dans les médias locaux et ont présenté un film intitulé « Les Camps de filtration de la Fédération de Russie : cinq récits de résidents de Marioupol sur la torture, les interrogatoires et les enlèvements d’enfants » réalisé par l’agence de presse ukrainienne Bihus Info. Ce film a aussi été projeté à Tel-Aviv et Haïfa, permettant ainsi à quelque 500 personnes venues de tout Israël d’apprendre dans toute son horreur la vérité sur les crimes de guerre de la Russie.

Plusieurs des survivants de Marioupol étaient présents à cette occasion. Pour fuir la ville, ils étaient passés par l’humiliant processus de filtration. Ils ont confirmé devant le public les faits mentionnés dans le film et évoqués par nos invités d’Azov. Il y a eu beaucoup de moments très émouvants. Je voudrais en évoquer un pour les lecteurs du Times of Israel. Lors de la projection du film à Haïfa, une toute petite femme a pris la parole. Sa tâche était de venir en aide aux personnes âgées réfugiées dans les sous-sols de l’immeuble. Elle a témoigné : « Je n’oublierai jamais le soldat russe qui a déféqué dans la gamelle de soupe. Il a fait ça devant 11 vieux juifs cachés dans la cave pour échapper aux bombardements russes sur des quartiers de la ville. »

Ce n’est là qu’un infime épisode des horreurs qu’ont connues les habitants de Marioupol. Le jour de la première présentation du film à Tel-Aviv, un petit chandelier de Hanoukka a été retrouvé dans les cendres d’une synagogue de Marioupol bombardée par les Russes. L’année dernière, ce chandelier avait éclairé la fête ; il avait été placé devant la fenêtre de la synagogue. Cette image résume la tragédie de la communauté juive de Marioupol. Le nom de la femme est Yaël. Elle a fait son alyah en Israël et est désormais en sécurité, mais Alexandre Oleïnikov, un jeune responsable juif bien connu dans la communauté, a été porté disparu.

La visite de Ioulia et Ilia en Israël s’est terminée par la plantation symbolique d’arbres en l’honneur de Marioupol. Samoïlenko a choisi de planter un chêne, en raison de ses liens solides avec l’idéologie de l’unité et parce que cet arbre évoque la solidité des défenseurs de Marioupol. Ioulia a choisi un houx, symbole de la lutte pour la survie que mènent aujourd’hui les Ukrainiens. Le même jour, ils ont eu le privilège de rencontrer Nathan Chtcharansky, homme politique israélien et défenseur des droits de l’homme, emprisonné neuf ans en Union soviétique en tant que « refuznik ». Chtcharansky est né à Donetsk. Lorsqu’il était lycéen, il allait chaque été en colonie de vacances à Marioupol, qui fait partie de la région de Donetsk. Ilia a fait observer à Nathan Chtcharansky que l’un et l’autre avaient été enfermés dans l’odieuse prison de Lefortovo. Et que l’un et l’autre étaient maintenant libres. Le régime tyrannique de l’URSS n’existe plus. C’est maintenant au tour du « nouvel ordre russe » de disparaître.

Des profondeurs de Moria pour aller vers la liberté

Il y a « Gandalf » Samoïlenko, Arseni Fedossiouk et leurs frères d’armes ont tenu bon pendant les combats de Marioupol. Ils ont empêché 20 000 soldats russes de se déplacer vers le nord. Le détachement d’opérations spéciales Azov et d’autres unités de l’Armée ukrainienne ont résisté 80 jours pour défendre la terre et le peuple d’Ukraine. Ils ont tenu plus longtemps que la France et la Pologne contre l’Allemagne nazie. Bien que le « Balrog » ait trainé les combattants ukrainiens dans ses cachots, notre « Gandalf » est désormais libre et se bat pour ses frères. Il reste beaucoup à faire pour délivrer les quelque 700 membres d’Azov et autres prisonniers de guerre qui sont aux mains des Russes.

Je voudrais insister sur le fait qu’il n’est pas trop tard pour que les responsables israéliens envisagent d’engager une procédure de transfert en Israël des défenseurs de Marioupol actuellement incarcérés en Russie. Lors de leur entretien téléphonique du 22 décembre 2022, Benjamin Netanyahou a dit à Poutine qu’il espérait qu’on trouverait aussitôt que possible un moyen de mettre fin à la guerre et aux souffrances qu’elle entraîne J’espère que ce ne sont pas des paroles en l’air et qu’il y a là un engagement ferme à arrêter la guerre de la Russie contre l’Ukraine.

Gandalf a dit « Vous ne passerez pas » et il a tenu parole. C’est maintenant au Premier ministre israélien de tenir la sienne.

Traduit de l’anglais par Bernard Marchadier.

  1. L’ORT est une organisation d’aide sociale et éducative pour les populations juives fondée dans l’Empire russe en 1880. Interdite par le régime soviétique, elle a repris ses activités en Ukraine en 1997. NdT. 

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