Valery Gergiev à Caserte : victoire contre la normalisation de la propagande russe

L’été 2025 en Italie a été chaud, et pas seulement à cause du climat. Le 27 juillet, Valery Gergiev, l’un des représentants les plus connus et influents de l’élite musicale russe et allié de longue date de Vladimir Poutine, devait donner un concert au Palais royal de Caserte, dans le cadre du festival Un’Estate da Re. Cette date aurait pu entrer dans l’histoire comme le jour du retour honteux de la propagande culturelle du Kremlin sur la scène européenne. Mais la mobilisation contre la tenue de ce concert a porté ses fruits : au dernier moment, il a été annulé. L’artiste vénitienne raconte l’histoire du combat contre la venue du musicien.

La guerre de l’information est indissociable de la guerre impériale. Si l’on apprend à ne pas remarquer les attaques quotidiennes de la Russie contre des villes pacifiques d’un pays indépendant au cœur de l’Europe, on peut alors aller jusqu’à organiser des concerts de ceux qui fournissent une couverture musicale au génocide. Toutes ces initiatives « culturelles » sont comparables aux portraits d’écrivains russes utilisés pour masquer les ruines du théâtre bombardé de Marioupol.

Contrairement à l’Allemagne, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas ou la Scandinavie, où de nombreuses institutions culturelles ont cessé de collaborer avec des artistes ouvertement pro-Kremlin, l’Italie préfère souvent adopter une position « tolérante » ou « neutre » à l’égard de ceux qui servent les intérêts de Moscou. Mais, ici aussi, en février 2022, Gergiev a dû renoncer à diriger à La Scala après avoir refusé de condamner l’invasion russe en Ukraine. En Allemagne, il a été démis de ses fonctions de chef d’orchestre principal de l’Orchestre philharmonique de Munich. Au Royaume-Uni, il a été exclu du Festival d’Édimbourg, malgré son ancien poste de chef d’orchestre principal de l’Orchestre symphonique de Londres. Aux États-Unis, ses tournées et ses contrats avec des orchestres américains ont été annulés. En France, sa collaboration avec le Théâtre des Champs-Élysées et plusieurs autres institutions a été interrompue. Au Canada, il fait l’objet de sanctions personnelles. L’Italie, en revanche, avec la tolérance qui lui est propre, a failli accueillir Gergiev grâce aux efforts des dirigeants de la région de Campanie, dirigée par Vincenzo De Luca. Sous couvert de discours habituels sur le « dialogue culturel » et les « ponts », De Luca a promu cette intervention culturelle de propagande russe avec un zèle et une obstination extraordinaires. 

C’est dans ce contexte favorable que la Russie a tenté de briser le front de la guerre hybride de l’information en tentant, pour la première fois depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, de ramener Valery Gergiev sur la scène européenne. D’autant plus qu’il peut entrer librement sur le territoire de l’UE grâce à son passeport néerlandais. Depuis plusieurs années, les autorités néerlandaises répondent par un silence assourdissant aux questions des députés sur l’origine de la nationalité de Gergiev.

Gergiev n’a jamais caché son soutien au régime de Poutine. Non seulement il a publiquement fait l’éloge du président et approuvé l’annexion de la Crimée en 2014, mais il a également dirigé un concert à Moscou en l’honneur des forces armées russes. Après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022, Gergiev est resté du côté du Kremlin et il a même continué à se produire dans les territoires occupés de l’Ukraine.

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Vladimir Poutine s’adresse en visioconférence au public réuni pour le concert de l’orchestre symphonique du Théâtre Mariinsky dirigé par Gergiev, à Palmyre (Syrie), le 5 mai 2016. // kremlin.ru

Avant même la guerre en Ukraine, Gergiev participait à des événements servant les intérêts du Kremlin. En 2008, après l’invasion russe de la Géorgie, il a dirigé un concert à Tskhinvali, la capitale de l’Ossétie du Sud contrôlée par l’armée russe. En 2016, il s’est produit sur les ruines de Palmyre après la prise de la ville par les forces russes et syriennes. Ces deux événements ont été largement médiatisés et n’étaient rien d’autre que des actes de légitimation culturelle de l’agression militaire russe.

Hélas, tous les Européens ne se rendent pas compte que Gergiev n’est pas seulement un musicien, mais aussi une personnalité culturelle influente et loyale au Kremlin. L’enquête du FBK [la Fondation contre la corruption, fondée par Alexeï Navalny, NDLR] sur les propriétés de Gergiev en Italie est également inconnue en Europe. Sa fortune personnelle est estimée à plus de 100 millions d’euros. Cet empire comprend le célèbre palais Barbarigo à Venise, décoré de mosaïques en verre de Murano, sur le Grand Canal, le café historique Quadri sur la place Saint-Marc, une villa sur la côte de Sorrente, des terres en Romagne, un domaine près de Milan et bien d’autres choses encore. Tous ces biens de grande valeur lui ont été légués par la harpiste et mécène japonaise Yoko Nagae Ceschina, veuve du comte Renzo Ceschina. Ironie de l’histoire, ce dernier était un célèbre fabricant d’armes italien.

Tout récemment, la célèbre famille de restaurateurs Alajmo a prolongé le bail du café Quadri pour 7 ans, en versant 3,5 millions d’euros directement sur les comptes de Gergiev. Cela signifie que le chef d’orchestre pro-Kremlin continue de tirer profit des espaces publics italiens les plus prestigieux sur le territoire de l’UE.

C’est au festival Estate di Re à Caserte que le premier concert du maestro depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Fédération de Russie était prévu le 27 juillet. Au début, tout se déroulait selon le plan russe. La presse italienne et certains politiciens ont immédiatement entonné leurs airs favoris : « la musique est au-dessus de la politique », « nous sommes contre la censure », « le tsar revient au festival Estate da Re »…

L’amour indéfectible de certains Européens pour les « tsars » russes – une question de psychologie sociale – se manifeste ici à travers le célèbre centre « Tsar »(CSAR, Centro Studi sull’Arte Russa ») à l’université de Venise, sous l’égide de l’amie de Medinski, Silvia Burini, insubmersible depuis 2014,, et de toutes sortes d’autres tsars. Et maintenant, voici le tsar Gergiev. Le tsar de la musique. Comme si on n’avait pas à s’en émouvoir. Ce n’est pas une affaire royale que d’écouter l’opinion du peuple.

La propagande russe, qui s’efforce de plus en plus de « normaliser » l’agression, utilise des événements culturels traditionnels depuis l’époque soviétique pour envahir en douce l’espace informationnel européen. L’idée est simple : il ne s’agit pas seulement de dissimuler les crimes, mais de les normaliser, de les mettre entre parenthèses, de les dissoudre discrètement, en utilisant le cocktail préféré de la propagande, à savoir la culture et l’indifférence.

Pour cette raison, l’annulation du concert est une victoire non seulement symbolique, mais aussi stratégique.

J’ai appris le 4 juillet la date prévue du concert de Gergiev à Caserte par un musicien canadien qui m’en a informée à titre privé pour que je le rende public : j’ai donc immédiatement publié un premier message sur les réseaux sociaux et adressé un appel aux responsables politiques italiens.

L’une des premières à réagir presque immédiatement à cet appel à l’aide a été la vice-présidente du Parlement européen, Pina Picierno. Elle n’a pas seulement condamné publiquement le concert, mais a agi de manière très professionnelle et systématique : elle a adressé des questions parlementaires soulignant le caractère inacceptable d’un événement soutenant directement la guerre dans un palais classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Elle a également demandé une enquête sur l’utilisation des fonds européens, le concert étant en partie financé par le Fonds de cohésion de l’UE pour la période 2021-2027.

Picierno a clairement formulé le problème : « Il ne peut être question de liberté artistique lorsque cet art devient le porte-voix d’un régime criminel. Gergiev n’est pas seulement un musicien. Il est le visage de la propagande de Poutine […]. Le concert de Valery Gergiev, prévu le 27 juillet, doit également être annulé parce qu’il enfreint le règlement éthique du palais de Caserta. Ce règlement exclut la tenue d’événements et l’accueil de personnes dont les actions sont contraires aux résolutions de l’ONU qui condamnent toutes les formes de violence, de torture, de commerce d’armes et de blanchiment d’argent, et exigent l’égalité d’accès à la justice pour tous. Ces valeurs sont sans aucun doute diamétralement opposées aux opinions de Gergiev et du régime qu’il soutient, représente et justifie. Le palais de Caserta est un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Comment peut-on, dans un lieu aussi emblématique, offrir une tribune à ceux qui soutiennent la destruction d’autres sites protégés, tels que la cathédrale Sainte-Sophie de Kyïv, endommagée en juin à la suite d’une frappe russe, ou le centre historique d’Odessa, qui subit depuis trois ans des attaques aveugles ? Je m’adresse au gouvernement italien, et en particulier au ministre de la Culture Alessandro Giuliani, pour lui demander instamment de ne pas laisser le système culturel italien devenir un instrument de propagande et de complaisance envers le régime de Vladimir Poutine », a-t-elle écrit sur Twitter.

Europa Radicale, dirigée par Marco Taradash, Igor Boni et Silvja Manzi, a réagi très rapidement, publiant une déclaration et jouant un rôle essentiel dans la mobilisation de la société civile. Ils ont lancé une pétition qui a été signée par plus de 16 000 personnes. Dans le même temps, les militants du parti ont commencé à acheter des billets pour le concert afin de transformer le spectacle en un acte de protestation publique si l’annulation n’avait pas lieu. Leurs actions ont été accompagnées de déclarations à la presse, de requêtes juridiques et d’une participation active à des manifestations de rue.

Le sénateur Carlo Calenda s’est également prononcé clairement contre le concert, qualifiant l’invitation de Gergiev d’ « insulte à la démocratie ».

Ioulia Navalnaïa a publié une lettre ouverte dans le journal La Repubblica, dans laquelle elle a rappelé la responsabilité personnelle de Gergiev dans la propagande de guerre, le qualifiant d’« homme représentant le système qui a tué mon mari ». Cette déclaration de la veuve a sans aucun doute impressionné le public italien. Le FBK a également envoyé des lettres au ministère italien de la Culture, au palais de Caserte et au ministère de l’Intérieur pour demander l’annulation du concert et l’interdiction d’entrée sur le territoire. Ils ont été soutenus par l’association des Russes en exil, Comunità dei Russi Liberi. 

Memorial Italia a lancé une pétition adressée à Ursula von der Leyen, signée par des lauréats du prix Nobel, des musiciens, des champions et des écrivains et intellectuels de renom.

Tout cela a été largement relayé dans la presse.

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Manifestation à Milan contre la tournée de Valery Gergiev en Italie // Fondation anti-corruption

Les organisations ukrainiennes en Italie, en particulier le Forum des Ukrainiens en Italie, avec le soutien du Congrès mondial ukrainien et du Réseau Associazioni per Ucraina, ont été l’un des principaux moteurs des protestations directes, elles ont organisé des manifestations, envoyé des lettres aux autorités et préparé des manifestations pour le jour du concert. Des actions publiques ont eu lieu dans plusieurs villes, dont Milan, Rome et Naples. Des bus ont été affrétés pour transporter les personnes souhaitant se rendre à Caserte au cas où le concert ne serait pas annulé. Des militants italiens ont organisé des manifestations dans leurs villes, qui ont également été largement relayées par la presse locale. En outre, les musiciens de l’Orchestre philharmonique national de Kyïv ont publié une vidéo adressée aux autorités italiennes. Le metteur en scène d’opéra Evgueni Lavrentchouk a préparé de son côté une action à distance.

L’enquête du journaliste italien Massimiliano Coccia, publiée dans le journal Linkiesta, a été un moment important pour l’opinion publique italienne. Elle décrit en détail comment Gergiev diffuse des discours pro-russes à travers un réseau de fondations et de biens immobiliers en Italie. L’enquête de Linkiesta a révélé que Gergiev ne se contente pas de posséder des richesses fabuleuses, des palais et des villas en Italie, mais que ceux-ci servent précisément de quartiers généraux pour la guerre de l’information, de centres opérationnels pour la diffusion de la propagande russe, et que leur financement passe par des sociétés opaques qui gèrent ces biens. Cette publication a attiré l’attention du grand public et a suscité des réactions dans les milieux politiques.

Le dernier clou, cependant, a été enfoncé par le maestro lui-même.

Le Bolchoï a clôturé sa saison avec l’opéra mineur de Prokofiev Semyon Kotko, écrit à l’époque pour flatter Staline en guise de paiement pour permettre au compositeur de revenir en URSS.

À l’origine, l’intrigue était quelque peu différente, mais la signature du pacte Molotov-Ribbentrop en 1939 a nécessité une réécriture du livret de Semyon Kotko. Le livret final est le suivant : en 1918, le personnage principal, Semyon Kotko, un paysan ukrainien, revient de l’armée dans son village natal. Il y est accueilli par des collaborateurs, des « petliourovtsy », des officiers allemands, des bourgeois et autres ennemis du jeune pouvoir soviétique. Sa bien-aimée meurt, sa mère est tuée, son village souffre. Pour finir, Semyon se venge de tous, triomphe et part vers le soleil couchant pour construire le socialisme.

À la fin de la nouvelle mise en scène de l’opéra au Bolchoï, sous la baguette de Gergiev, le rideau se lève sur l’inscription suivante : « En 2014, la junte a pris le pouvoir à Kiev et a commencé à réprimer ses citoyens. En réponse, les habitants de la ville et de la région ont proclamé la République populaire de Lougansk. Au lieu de négocier, le régime criminel de Kiev a commencé à détruire le Donbass. En février 2022, l’armée russe est venue en aide aux habitants du Donbass, qui se battaient depuis huit ans pour leur vie et leur liberté. À la suite d’un référendum populaire, la région de Lougansk a rejoint définitivement la Russie. »

La clôture de la saison du Bolchoï, qui a glorifié l’occupation et l’invasion de l’Ukraine, n’est pas passée inaperçue dans la presse italienne. Le journal La Repubblica y a consacré un article. Cela a privé de leurs derniers arguments De Luca et ceux qui ont si diligemment répété en chœur que l’art était hors de la politique, car c’est Gergiev qui dirige le Bolchoï.

Enfin, le ministre italien de la Culture, Alessandro Giulio, a officiellement retiré le logo du ministère de l’affiche du festival et a déclaré : « L’art doit être libre, mais lorsqu’il est utilisé pour promouvoir la propagande, même de manière voilée, c’est inacceptable. »

Et bien que le concert ait été organisé au niveau de l’autonomie régionale de Campanie, la pression exercée par le ministère, les députés européens et l’opinion publique a été décisive.

Le 21 juillet, l’annulation de l’événement a été annoncée avec la formulation suivante : « La raison en est la vive réaction de l’opinion publique à la participation du chef d’orchestre Valery Gergiev, connu pour sa proximité avec Vladimir Poutine. Des craintes ont été exprimées quant à d’éventuelles manifestations organisées par des associations ukrainiennes à l’approche de l’événement. » (Notons ici la tentative de donner une image négative des Ukrainiens, présentés comme des perturbateurs de l’ordre public, par opposition à une initiative prétendument pacifique et purement culturelle.)

Massimiliano Cocchiara écrit : « Selon des sources fiables, Vincenzo De Luca aurait tenté dans les dernières heures d’organiser une représentation extraordinaire du chef d’orchestre russe Valery Gergiev le 27 juillet, en changeant le lieu initial du palais de Caserte au Teatro Stabile de Salerne. Il s’agissait d’une tentative de dernière minute pour offrir une scène officielle au maestro controversé et, dans le même temps, atténuer les critiques suscitées par le projet initial. Mais Gergiev a refusé. “Je ne veux pas subir une nouvelle humiliation”, a-t-il déclaré à ses assistants. »

Jusqu’au dernier moment, les médias officiels pro-Kremlin ont célébré le « retour du maestro en Europe », qualifiant cet événement de « triomphe de l’art russe ». Les médias d’État russes ont présenté et salué ce concert comme une victoire militaire, comme leur retour triomphal en Europe sur le cheval de Troie de la culture.

La culture a toujours été un instrument et une arme du régime. Depuis l’époque soviétique, la musique, le ballet et l’art ont été des outils clés de la propagande du Kremlin. Au KGB, il existait des départements entiers chargés de façonner l’image de l’URSS à travers la culture. Ces efforts de propagande sont à double tranchant : ils visent non seulement à exporter la « grande culture » sous les applaudissements du public occidental, mais aussi à renforcer la fierté et la cohésion interne des citoyens pour « les leurs » : musiciens, écrivains, poètes, qu’ils soient encore en vie ou décédés depuis longtemps.

Après l’annulation du concert, le silence s’est installé, remplacé par une rhétorique agressive. L’ambassadeur de Russie en Italie, Sergueï Paramonov, a fait une déclaration paniquée dans laquelle, outre les menaces habituelles et les plaintes contre la « russophobie », il a lancé un ultimatum à l’Italie, pour qu’elle reconnaisse les annexions russes et « pousse Zelensky à la table des négociations ». Pendant ce temps, Gergiev lui-même, comme d’habitude, « ne savait rien » de l’annulation. Un jour plus tard, la propagandiste Margarita Simonian s’est également exprimée, évitant soigneusement dans sa déclaration de mentionner la mobilisation de la société civile italienne et rejetant toute la responsabilité des protestations et de l’annulation du concert, comme De Luca, sur les Ukrainiens et… les Géorgiens, qui n’avaient pourtant rien à voir avec tout cela. 

Le jour de l’annulation du concert de Gergiev, une conférence de presse s’est tenue au centre de presse de la Chambre des députés du Parlement italien sur le thème : « Culture ou propagande ? Gergiev à Caserte et l’influence russe en Italie ». Des politiciens, des journalistes, des historiens, des personnalités culturelles et des députés ont pris la parole. L’intention de créer un groupe de travail pour contrer la propagande russe a été une conclusion très importante.

Cela donne l’espoir que des mesures plus systématiques seront enfin prises contre la propagande russe, que des sanctions personnelles seront imposées aux propagandistes au niveau gouvernemental, et que les artistes, les musiciens et les gens honnêtes n’auront plus à abandonner leur famille et leur travail principal à chaque fois, pour abattre ce mur derrière lequel la propagande russe opère depuis si longtemps, librement et avec arrogance.

Le refus de normaliser le mal par le retour symbolique et triomphal de l’agresseur sur la scène mondiale a montré que les politiciens, les militants, les artistes et la société civile européens, même s’ils ont des points de vue très différents, peuvent agir de manière résolue et efficace pour défendre des valeurs fondamentales communes. Et interdire l’instrumentalisation et l’utilisation de l’art comme arme d’agression – art qui est par essence même l’incarnation de la liberté – en fait partie.

Traduit du russe par Desk Russie

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Artiste, essayiste et traductrice littéraire. Elle a exposé en Europe, aux États-Unis et en Russie. Elle enseigne à Scuola Internazionale di Grafica de Venise où elle vit actuellement.

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