Lorsque Emmanuel Macron qualifie la Russie de « menace existentielle1 » et Poutine « d’ogre à nos portes », il saisit à la fois la menace stratégique et sa nature dévorante. Mais cette lucidité tardive révèle simultanément l’impuissance européenne à penser les implications de cette menace. Car une menace véritablement existentielle ne peut être traitée par les instruments ordinaires de la diplomatie – elle exige une refondation spirituelle de l’Europe autour de ses valeurs et la volonté d’agir selon ses principes fondateurs.
La récente coalition des volontaires et le sommet de l’OTAN à Washington illustrent parfaitement la perception de la Russie par les Européens. Malgré les apparentes avancées, ils continuent de traiter un défi ontologique par des moyens gestionnaires, sans interroger ni la nature du mal qu’ils combattent ni les fondements spirituels qu’ils proclament défendre.
Cette cécité n’est pas nouvelle. Elle avait été diagnostiquée avec une prescience troublante par Edmund Husserl dans sa conférence viennoise de mai 1935, « La crise de l’humanité européenne et la philosophie2 ». Comme l’avait magnifiquement rappelé Jorge Semprún dès 2002, ce « vieux philosophe allemand » qui avait fui son pays natal « parce qu’il était juif » diagnostiquait déjà cette incapacité européenne à saisir sa propre essence spirituelle. Défiant courageusement l’ordre nouveau dans sa conférence dense et complexe sur la crise des sciences européennes, il livre une magistrale conclusion :
« La crise de l’existence européenne n’a que deux issues : soit la décadence de l’Europe devenant étrangère à son propre sens vital et rationnel, la chute dans l’hostilité à l’esprit et dans la barbarie ; soit la renaissance de l’Europe à partir de l’esprit de la philosophie, grâce à un héroïsme de la raison qui surmonte définitivement le naturalisme. Le plus grand danger pour l’Europe est la lassitude. Luttons avec tout notre zèle contre ce danger des dangers, en bons Européens que n’effraie pas même un combat infini et, de l’embrasement anéantissant de l’incroyance, du feu se consumant du désespoir devant la mission humanitaire de l’Occident, des cendres de la grande lassitude, le phénix d’une intériorité de vie et d’une spiritualité nouvelles ressuscitera, gage d’un avenir humain grand et lointain : car seul l’esprit est immortel. »
Dans l’auditoire se trouvait alors un jeune étudiant tchèque, Jan Patočka, qui, devenu l’un des organisateurs de la Charte 77, devait quarante deux ans plus tard mourir des suites d’un interrogatoire brutal du StB, la police communiste – incarnation tragique de cet « héroïsme de la raison » que réclamait son maître face au Mal radical. Cette filiation intellectuelle prend une dimension prophétique : Husserl prolongea ses réflexions viennoises par deux conférences à Prague en novembre 1935, que Patočka avait contribué à organiser. Cette capitale, qui incarnait depuis des siècles la rencontre des cultures européennes, allait devenir trois ans plus tard le symbole même de la lassitude et du naturalisme que dénonçait le philosophe. Car les accords de Munich ne relevaient-ils pas de cette « stabilité » fétichisée et de cette illusion du « dialogue » ? Chamberlain et Daladier ne cédèrent-ils pas à cette fatigue morale qui préféra sacrifier la Tchécoslovaquie plutôt que d’affronter le Mal radical ?
L’alerte lancée par Husserl fut inaudible en son temps. Rappelons-nous quelques bribes incomplètes et subjectives mais significatives de l’année 1935 : l’invasion de l’Éthiopie par l’Italie fasciste et la fuite du négus Hailé Sélassié ; le référendum de la Sarre où les nazis triomphent malgré les efforts désespérés d’Arthur Koestler et Manès Sperber ; les lois raciales de Nuremberg et la création de la Luftwaffe. Une année horrible, marquée aussi par l’ouverture du métro de Moscou, chef-d’œuvre sinistre du travail forcé des zeks, et au cinéma par Le triomphe de la volonté de Leni Riefenstahl, chef-d’œuvre vénéneux de l’ordre noir, deux manifestations de l’esthétisation du pouvoir totalitaire.
Qu’oppose l’année 1935 à ce déferlement ? Des résistances héroïques mais défensives : la nomination au prix Nobel de la paix de Carl von Ossietzky, dissident du nazisme qui fait enrager Hitler et en mourra ; Magdeleine Paz qui apostrophe le congrès des écrivains pour la défense de la culture dans le Palais de la Mutualité afin de sortir Victor Serge des griffes de Staline, tandis qu’Anna Akhmatova, meurtrie dans sa famille, commence à écrire Requiem3, et au cinéma, Les Révoltés du Bounty4 de Frank Lloyd avec Clark Gable, le film qui raconte l’exotique histoire libertaire où la liberté se réfugie sur une île. Et enfin la lumineuse conférence viennoise d’Edmund Husserl, déjà paria en Allemagne où il s’apprête pourtant à retourner.
Pour Husserl, l’Europe ne constituait pas d’abord une entité géographique, mais une « idée spirituelle » née en Grèce antique avec l’invention de l’attitude philosophique. Il identifiait une alternative tragique : soit « la décadence de l’Europe devenant étrangère à son propre sens vital et rationnel », soit « la renaissance de l’Europe à partir de l’esprit de la philosophie, grâce à un héroïsme de la raison qui surmonte définitivement le naturalisme ». Cette alternative n’était pas rhétorique mais exprimait une conviction philosophique profonde : les crises existentielles authentiques ne connaissent pas de demi-mesures.
Face à ce dilemme, Husserl exhorte : « Luttons avec tout notre zèle contre ce danger des dangers, en bons Européens que n’effraie pas même un combat infini. » Cet appel ne s’adresse pas aux Européens au sens géographique ou ethnique, mais aux héritiers de cette mission spirituelle qui transcende les frontières nationales et les contingences politiques.
Cette exigence résonne avec une acuité troublante dans l’Europe contemporaine face à l’agression russe en Ukraine. Aujourd’hui être un « bon Européen », c’est porter cette exigence de vérité et de justice qui a construit notre civilisation, même quand elle devient dérangeante. Dire non aux facilités qui transforment les crimes en « dommages collatéraux » et les bourreaux en « partenaires difficiles ». Refuser de disserter sur les « causes profondes » d’une guerre d’agression quand des enfants sont déportés. Maintenir que face au Mal radical, il n’y a pas de neutralité possible.
Car cette guerre ne relève pas seulement de la géopolitique classique – elle vise explicitement les valeurs qui fondent l’idée européenne : l’État de droit, l’autodétermination des peuples, la liberté critique et l’universalité des droits humains. Poutine l’a explicitement formulé : sa guerre est menée contre l’Occident « satanique » et ses valeurs « décadentes5 ». Dans ce contexte, être un « bon Européen » exige de maintenir l’exigence morale absolue – refuser toute négociation qui ne place pas le retour des enfants déportés au cœur des discussions –, d’assumer le « combat infini » sans espoir d’arrangements diplomatiques faciles, de dépasser les calculs nationaux pour une solidarité européenne authentique, enfin de résister au naturalisme qui évacue la dimension criminelle vers des explications géopolitiques.
Le diagnostic le plus pénétrant de Husserl concernait « la lassitude », qu’il identifiait comme « le plus grand danger pour l’Europe ». Non pas la violence directe, mais l’épuisement moral, la perte du désir de vérité et de sens. Cette lassitude représente une forme de nihilisme passif plus destructeur que le nihilisme actif, car elle sape la volonté même de résistance et de renaissance.
Elle se révèle aujourd’hui dans l’incapacité européenne à nommer et affronter le Mal radical que la Russie inflige et propage. Or « le Mal est la question philosophique première et la catégorie centrale de la pensée stratégique6 ». Dans la sphère internationale, ce mal est trop souvent « banalisé, écarté et comme rejeté dans les tréfonds du silence » – manifestation exemplaire de cette fatigue spirituelle que redoutait Husserl. Il n’est pas seulement dissimulé par celui qui le perpétue, mais par celui qui y assiste et n’a pas la volonté de s’y opposer.
La déportation systématique de 19 546 enfants ukrainiens, dont quelques centaines seulement ont pu être rapatriés, la russification de centaines de milliers d’autres, ne constituent pas des « dommages collatéraux » ou des « excès regrettables ». Elle dévoile la nature même du régime poutinien et, par contraste, l’essence de ce que l’Europe prétend défendre. Ces crimes – viols de masse, tortures systématiques, russifications forcées – ne sont pas des épiphénomènes d’une géopolitique « rationnelle ». Ils constituent les instruments d’une politique négationniste qui vise à détruire l’identité ukrainienne elle-même : effacer sa langue, réécrire son histoire, incorporer de force ses enfants à la « nation russe ». « Les crimes de guerre massifs commis par la Russie ne font pas que nous émouvoir. Ils nous renseignent non seulement sur ce qu’est la politique de cet État, mais sur sa nature. Ainsi, les crimes sont consubstantiels au régime russe actuel7. » Pas plus qu’on ne peut comprendre la politique de Hitler sans la Shoah, on ne peut saisir la politique de Poutine sans ses crimes.
Ce naturalisme que dénonçait Husserl – cette tendance à réduire l’homme à un simple objet naturel soumis à des lois mécaniques – trouve aujourd’hui son expression la plus achevée dans la sacralisation de la Realpolitik. En évacuant la dimension morale des relations humaines, le naturalisme prépare logiquement cette réification des relations internationales. Cette doctrine, fallacieusement érigée en loi d’airain de la diplomatie, réduit systématiquement la « rectitude intellectuelle ». Elle postule que les États doivent agir selon des lois « naturelles » – équilibre des puissances, sphères d’influence, architectures de sécurité – qui transcendent les considérations morales, comme s’il s’agissait de forces physiques plutôt que de choix politiques délibérés.
Cette approche se manifeste par l’obsession des « intérêts » abstraits, la fétichisation de la « stabilité » criminelle et l’illusion naturaliste du « dialogue » automatique. L’Europe a longtemps privilégié les intérêts économiques, évacuant la question du régime russe. Dans cette Realpolitik, les manifestations du mal sont évacuées vers l’humanitaire, la diplomatie se soumettant à ses interlocuteurs totalitaires. Comme si la paix des cimetières constituait un idéal politique acceptable, pourvu qu’elle évite à l’Europe l’exigence héroïque que réclame sa vocation.
Plus insidieuse encore, l’illusion naturaliste du « dialogue » : cette croyance que la négociation constitue un processus automatique, indépendamment de la nature des interlocuteurs. En réduisant les rapports humains à des mécanismes « naturels », cette approche évacue la dimension spirituelle et morale qui fonde la civilisation européenne. Comme si le simple fait de « parler » avec un régime totalitaire pouvait, par une alchimie mécanique, le transformer en partenaire de paix. Cette réduction évacue une question pourtant centrale : avec qui négocie-t-on, et sur quelles bases spirituelles ?
Ces manifestations du naturalisme convergent avec la lassitude dans une même abdication européenne. Face à cette réalité, l’Europe révèle cette fatigue spirituelle que Husserl redoutait par-dessus tout. Les hésitations sur les livraisons d’armes, les réticences à autoriser les frappes en territoire russe, la tentation de dissocier « humanitaire » et « géopolitique » dans la question des enfants déportés témoignent de cet épuisement moral.
L’appel des 160 intellectuels Ukrainiens « Ne choisissez pas l’apaisement face au Mal » résonne comme un écho direct de l’exhortation husserlienne. Car l’apaisement constitue l’aboutissement logique de cette double dérive que dénonçait le vieux philosophe : la lassitude pousse à rechercher la paix à tout prix, tandis que le naturalisme fournit les justifications théoriques. Puisque la Russie agirait selon des « lois naturelles », il suffirait de satisfaire ses « besoins légitimes » pour retrouver l’équilibre.
Cette logique explique les réticences européennes face aux exigences ukrainiennes. Confisquer les 200 milliards d’euros d’avoirs de la Banque centrale de Russie gelés en Europe, fermer les détroits européens de la Baltique, de la Manche et de Gibraltar à la flotte de pétroliers « fantômes » qui financent la guerre de Poutine, conditionner toute négociation au retour des enfants déportés – chacune de ces mesures heurte la sensibilité naturaliste parce qu’elle implique de reconnaître que nous faisons face non à un adversaire « rationnel », mais à un régime dont la logique échappe aux catégories habituelles de l’analyse géopolitique.
Lorsque la coalition des États européens dits volontaires propose timidement d’envoyer des troupes européennes dans « une mission de réassurance militaire » après un hypothétique cessez-le-feu plutôt qu’avant, elle dévoile cette double dérive. D’une part, la lassitude : reporter à un « après » incertain les engagements que l’urgence du Mal exige maintenant. D’autre part, le naturalisme : postuler qu’un processus automatique (cessez-le-feu puis garanties) peut fonctionner indépendamment de la nature totalitaire de l’adversaire. Comme l’écrit Élie Tenenbaum : « plus les Européens manifesteront leur volonté de déployer des forces après un cessez-le-feu, moins Vladimir Poutine sera désireux de le signer. » À l’inverse, déployer immédiatement des forces pour sécuriser la frontière bélarusse, comme le proposait dès 2024 l’appel de plusieurs centaines de personnalités européennes8, relèverait de cet héroïsme de la raison que réclamait Husserl : accepter le risque présent plutôt que de se réfugier dans l’illusion d’un « après » qui ne viendra jamais.
Car la coalition des volontaires se délite précisément dans cette attente d’un moment plus propice qui, par définition, n’arrivera pas tant que l’Europe n’aura pas montré sa détermination. Elle se délite aussi dans la sémantique choisie : cette « mission de réassurance militaire » indique une dérive orwellienne caractéristique. La novlangue technocratique sert à éviter de nommer l’effort et le risque que réclame la situation. En transformant un déploiement de troupes de combat en « mission de réassurance », on évacue la dimension morale et spirituelle de l’engagement. Plus révélateur encore : cette coalition européenne, incapable d’assumer ses propres responsabilités, réclame désormais une « réassurance américaine » supplémentaire. L’absurdité stratégique saute aux yeux : 500 millions d’Européens demandent à 300 millions d’Américains de les garantir contre 140 millions de Russes qui n’ont pas réussi à vaincre 40 millions d’Ukrainiens9. Cette arithmétique du renoncement révèle à quel point l’Europe a intériorisé sa propre lassitude face à un adversaire qu’elle pourrait contenir et refouler si elle consentait à mobiliser ses ressources. Cette euphémisation accompagne le naturalisme : réduire l’action politique à un processus neutre et technique, comme si l’Europe pouvait défendre ses valeurs par des missions aux buts et aux moyens nébuleux plutôt que par des actes assumés.
Cette fuite sémantique montre à quel point l’Europe peine à nommer son adversaire pour ce qu’il est. En qualifiant Poutine « d’ogre à nos portes », Emmanuel Macron retrouvait pourtant une vérité que la sophistication diplomatique obscurcit. Car l’ogre des contes incarne cette figure dévorante : Poutine a dévoré ses opposants (Nemtsov, Navalny, Politkovskaïa), il dévore littéralement les enfants ukrainiens par la déportation, il veut avaler l’Ukraine puis ses autres voisins. L’ogre constitue la version populaire de ce que l’analyse savante nomme « totalitarisme » – mais là où certains, comme le Président français, s’évertuent encore à parler de « dérive autocratique », l’image de l’ogre saisit d’emblée l’irréductibilité du Mal.
Elle indique le fossé béant entre les perspectives naturalistes et la réalité de l’adversaire. On négocie avec un État, on compose avec un autocrate, mais on n’a jamais vu – ni dans les contes ni dans l’Histoire – un ogre proposer sincèrement un cessez-le-feu. L’ogre ne négocie que pour endormir sa proie ; il ne connaît que la dévoration ou la défaite. Cette vérité ancestrale révèle l’abîme entre le soudain franc-parler présidentiel et les illusions naturalistes de la Realpolitik qui continue de traiter l’ogre comme un « partenaire difficile ».
Pourtant, l’avenir de cette coalition des volontaires n’est pas joué. Elle peut demeurer velléitaire et se contenter de gesticulations diplomatiques, ou au contraire devenir le noyau d’une véritable renaissance spirituelle et politique de l’Europe. Car les « bons Européens » au sens husserlien ne peuvent être que des volontaires – mais des volontaires d’un type particulier : ceux qui acceptent de porter l’exigence européenne au-delà des calculs institutionnels et des compromis nationaux.
Un signe encourageant mérite d’être souligné : la résurgence du sort des enfants déportés dans les sommets et négociations internationales10 constitue un point totalement positif. Car leur russification représente l’épure même du Mal totalitaire. Mais cette évolution n’est positive que si leur retour devient une exigence préalable à toute négociation. Sinon, ces enfants risquent d’être transformés en simples « prisonniers de guerre » échangeables selon la logique cynique de la Realpolitik.
L’héroïsme de la raison constitue la condition sine qua non des « bons Européens » face aux forces anti-européennes. Cette formule dépasse l’opposition apparente entre élan vital et rigueur critique. Il n’est pas l’élan aveugle mais la capacité à maintenir une exigence morale contre toutes les forces de dissolution. Il exige d’accepter des coûts économiques et des risques stratégiques au nom de principes qui transcendent les intérêts nationaux : si la déportation d’enfants constitue un crime contre l’humanité, cette conviction doit structurer entièrement notre diplomatie.
Husserl concluait sa conférence par une image saisissante : « […] de l’embrasement anéantissant de l’incroyance, du feu se consumant du désespoir devant la mission humanitaire de l’Occident, des cendres de la grande lassitude, le phénix d’une intériorité de vie et d’une spiritualité nouvelles ressuscitera. » Cette métaphore de la renaissance par l’épreuve prend une résonance particulière dans le contexte ukrainien.
L’Europe peut-elle transformer la menace existentielle russe en réveil intérieur et cette agression subie en ressaisissement de son essence ? L’épreuve ukrainienne constitue précisément ce « combat infini » par lequel l’Europe peut retrouver son « sens vital et rationnel ». Mais seulement si elle consent à nommer le Mal radical et à faire face à toutes les conséquences. L’Europe institutionnelle actuelle, tout comme la coalition des volontaires, constituent des cadres nécessaires mais insuffisants pour réaliser l’idée européenne. Face à la Russie, elle doit choisir entre dégénérer en simple zone de prospérité, par ailleurs menacée d’être dévorée, ou s’élever à la hauteur de sa vocation spirituelle universelle, y compris militairement.
Derrière chaque enfant ukrainien arraché à sa famille, pour chaque femme violée par la soldatesque, pour chaque prisonnier torturé, c’est la civilisation européenne qui est en jeu. Le combat pour la justice, pour le retour des enfants et des prisonniers, n’est pas qu’humanitaire : il est politique et plus encore ontologique. Car « seul l’esprit est immortel », mais faut-il encore qu’en Europe de l’Ouest, cet esprit consente à renaître de ses cendres.
Docteur en Histoire, spécialiste des totalitarismes.
Notes
- Emmanuel Macron, conférence de presse à la fin du Conseil européen extraordinaire, Bruxelles, 6 mars 2025.
- Edmund Husserl, La crise de l’humanité européenne et la philosophie, Aubier, Paris, 1992.
- Anna Akhmatova, Requiem, Éditions de Minuit, Paris, 1966.
- Frank Lloyd, Les Révoltés du Bounty, MGM, 1935.
- Wiktor Stoczkowski, « Poutine a-t-il déclaré la guerre à l’Occident ? », Desk Russie, 14 octobre 2022.
- Nicolas Tenzer, Notre guerre. Le crime et l’oubli : pour une pensée stratégique. Éditions de l’Observatoire, Paris, 2024.
- Ibid.
- « C’est l’heure de l’Europe. La trahison de l’Ukraine signerait l’arrêt de mort du projet européen », Le Monde, 12 décembre 2024 ; Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre !
- Eugene Volokh, Reason Magazine, 3 septembre 2025.
- Guerre en Ukraine : Ursula von der Leyen appelle à ramener les « enfants ukrainiens qui ont été capturés », RTL, 18 août 2025 ; “First Lady Melania Trump’s ‘peace letter’ to Putin: ‘It is time’”, Foxnews, 15 août 2025.

