Bonjour à tous et à toutes,
Nous avons reçu plusieurs courriers intéressants, auxquels je me fais une joie de répondre. Y.M.-L. nous écrit :
« Tout d’abord, bravo et merci pour tout ce que vous faites !
Votre travail d’information nous a vraiment ouvert les yeux en nous incitant à suivre certaines de vos conférences et à lire plusieurs livres qui nous ont beaucoup éclairés, en particulier les ouvrages de Galia Ackerman et ceux de Constantin Sigov. (J’ai tout récemment offert Le courage de l’Ukraine à un ami mais j’ai eu un peu de mal à le trouver à la FNAC, il semble qu’il soit pratiquement épuisé, une nouvelle édition est-elle prévue ?)
Nous vous suivons depuis 3 ans, et je trouve votre nouveau site Internet remarquable, en particulier la galerie de vos auteurs, très précieuse avec la courte biographie qui accompagne chaque vignette.
Je viens d’installer un don de soutien mensualisé à À l’Est de Brest-Litovsk sur le site de HelloAsso. […] Merci pour votre travail d’information encore plus crucial dans la période particulièrement critique que nous traversons. »
Merci, cher ami, pour cette lettre et votre appréciation de notre travail. Pour le livre de Sigov que vous mentionnez, sachez qu’on peut le commander sur plusieurs plateformes. Désormais, la vie d’un livre en librairie est courte, mais il reste dans le stock de plusieurs librairies en ligne.
Nous vous remercions de tout cœur pour votre don. C’est grâce aux gens comme vous que nous pouvons continuer à nous battre contre le régime de Poutine, contre la guerre hybride menée par la Russie en France, et pour une Ukraine souveraine et libre.
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Notre lecteur M.D.P. propose que les dirigeants des pays opposés au régime de M. Poutine cessent de parler de la Russie et des Russes. À son avis, il s’agit d’une grossière erreur de communication qui joue en faveur de Poutine. Et il explique : « Il faut parler du régime dictatorial, guerrier, de V. Poutine, qui mène une guerre dont n’a pas voulu le peuple russe, qui paie par des morts, par des difficultés de la vie quotidienne, en raison des sanctions internationales justifiées au nom de la paix.
Les dirigeants opposés à la guerre de V. Poutine, doivent enfoncer un coin entre le peuple et les dirigeants, pour atténuer le soutien passif, faire changer les mentalités, favoriser l’expression par des modes divers de la non adhésion et du refus… »
Je pense, cher Monsieur, que vous prenez vos nobles souhaits pour des réalités. La majorité écrasante des Russes soutient les actions des militaires russes en Ukraine, comme en témoigne le récent sondage du Centre Levada, proclamé « agent étranger » par le pouvoir russe. Voyez cette statistique : 77 % des personnes interrogées sont pour la guerre, et seulement 15 % y sont opposées. On peut nuancer en expliquant qu’il s’agit d’un massif bourrage de crâne, mais la réalité est là. Et selon d’autres sondages, officiels ceux-là, l’immense majorité des Russes soutient toujours le président Poutine et lui fait confiance : « Selon les données du Centre panrusse d’étude de l’opinion publique, 79,2 % des personnes interrogées ont déclaré faire confiance au président. Le Fond Opinion publique indique que 77 % des citoyens approuvent l’activité professionnelle de Vladimir Poutine à son poste, tandis que le nombre de Russes qui lui font confiance a augmenté pour atteindre 76 %. Les deux organisations soulignent l’augmentation de ces indicateurs par rapport à l’étude précédente. » On voit que les chiffres de soutien à Poutine et ceux de soutien à la guerre contre l’Ukraine coïncident. Certes, la qualité des sondages dans un pays où toutes les libertés sont bafouées est problématique, mais souvenez-vous de l’enthousiasme non feint de la majorité des Russes après l’occupation de la Crimée. C’est ça, la matrice impériale que nous dénonçons souvent dans nos écrits.
Bien naturellement, on doit soutenir ceux qui s’opposent à cette guerre, et dans ce sens, votre proposition est intéressante. Vous écrivez : « Il faut que de son côté l’opposition fasse l’apprentissage de la démocratie, du dialogue, des compromis visant à construire une alternative vers laquelle progressivement se tourner. Il faut une union d’entrepreneurs, de savants, de jeunes, de Russes de tous les milieux à l’étranger pour construire un comité national (100 ou 150 personnes implantées dans divers pays) puis un gouvernement provisoire capable d’offrir une alternative crédible car soutenue largement. Il faut, pour les Russes, les Ukrainiens et le monde, esquisser un après-Poutine possible. »
Ce que vous proposez est en train de se réaliser. Début octobre, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a décidé de créer une plateforme de dialogue entre l’Assemblée et les forces démocratiques russes en exil. La composition de cette plateforme reste à déterminer sur la base d’une série de critères, il s’agirait notamment de « personnes reconnues pour leurs hautes qualités morales » qui, entre autres conditions, partagent toutes les valeurs du Conseil de l’Europe, reconnaissent sans condition la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Ukraine et œuvrent en faveur d’un « changement de régime » en Russie. Nous verrons qui va finalement participer à cette plateforme, car l’opposition actuelle a dans ses rangs des gens très divers dont des personnes très dignes, mais aussi certains qui ont été, dans un passé encore récent, des soutiens du régime poutinien ou qui évitent de s’exprimer en faveur de la victoire ukrainienne et de la défaite russe. Par ailleurs, l’expérience montre que les émigrés n’ont jamais joui d’un grand prestige en Russie. C’est pour cette raison qu’Alexeï Navalny avait préféré rentrer dans son pays, sachant qu’il risquait sa liberté, et même sa vie. En sera-t-il autrement cette fois ? Ces gens qui n’ont pas été élus par le peuple sauront-ils le représenter ? Seul l’avenir nous le dira.
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Enfin, notre abonné A.B. écrit : « Je viens de lire l’article SkyShield, je trouve cette proposition intéressante et bien pensée. Pour la faire progresser dans l’esprit de nos dirigeants et de nos stratèges militaires, ne faudrait-il pas lancer une initiative de soutien en ligne ? »
En fait, cette initiative existe depuis trois mois, et vous pouvez signer cette pétition en ligne. Dans ce texte intitulé « Sauvons les civils des drones russes, fermons le ciel au-dessus de l’Ukraine », des élus, anciens généraux et experts aéronautiques français appellent Emmanuel Macron à protéger les civils en mettant en place un bouclier dans le ciel ukrainien pour intercepter les drones russes. Les signataires demandent la mise en place de l’opération « SkyShield », qui repose sur le déploiement d’équipements directement en Ukraine, comme des radars ou des systèmes d’interception. La récente soirée à Paris que vous pouvez visionner ici a été en quelque sorte un point d’orgue de la campagne pour la création de SkyShield, qui est soutenue par de grandes personnalités venant de plusieurs pays européens. L’équipe de SkyShield nous informe que la semaine prochaine, elle compte avancer sur le plan diplomatique et politique pour faire adopter cette initiative au plus haut niveau de l’État. Espérons que ce sera pour bientôt !
Écrivez-nous, chers amis et chères amies ! Vos courriers sont importants !
Galia Ackerman, née à Moscou, est une écrivaine, historienne, journaliste, essayiste et traductrice littéraire franco-russe, spécialiste du monde russe et ex-soviétique. Elle est docteure en histoire de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et chercheuse associée à l'université de Caen.

