Ekaterina Schulmann et Pouchkine, ou comment désamorcer la question du colonialisme russe

Ekaterina Schulmann est une célèbre politologue russe, qui vit actuellement en Allemagne. Pourquoi alors consacre-t-elle des conférences à l’œuvre du grand poète russe, Alexandre Pouchkine ? Selon Antoine Nicolle, elle inscrit Pouchkine dans un « paradigme postcolonial » et même féministe, tout en « sauvant » en réalité le grand symbole de la culture impériale russe. Une tentative habile de se rapprocher de la gauche intellectuelle occidentale et d’empêcher en même temps la moindre critique de ce poète.

Le 19 octobre 2022 et le 7 janvier 2023, Ekaterina Schulmann consacre deux conférences à La Fille du capitaine de Pouchkine, au planétarium de Berlin1 puis au cinéma Le Balzac à Paris2. Les deux conférences abordent la nouvelle de Pouchkine dans le « paradigme colonial et postcolonial » (колониальная и постколониальная парадигма), et s’inscrivent donc tacitement dans le débat actuel sur la « décolonisation culturelle » de la Russie. Choisir Pouchkine pour traiter cette question n’est évidemment pas un hasard : il est le symbole de la « grande culture russe », aussi bien pour sa poésie que pour sa prose ; c’est lui qui a sans surprise fait l’objet, depuis le début de l’invasion russe, de la « cancellisation » la plus active en Ukraine, notamment via le mouvement pouchkinopad, de déboulonnage des statues de Pouchkine.

Les conférences de Schulmann ont eu un écho jusque dans la presse patriotique en Russie. Selon tel article, la célèbre juriste y parle de Pouchkine comme d’un « poète colonial » (колониальный поэт) ; tel autre se contente de renvoyer au titre de la conférence parisienne, où La Fille du capitaine est présentée comme « un exemple de prose coloniale » (пример колониальной прозы). Mais les patriotes russes peuvent se rassurer : s’ils avaient vu ou lu les conférences, ils n’auraient peut-être pas eu besoin de monter au créneau — ou pas de la même manière —, car Schulmann y aboutit en fait à la conclusion explicite que Pouchkine est un écrivain… anticolonial (антиколониальный).

La conférencière jouit d’une immense popularité dans la communauté russe émigrée anti-guerre et anti-Poutine. À ce titre, la responsabilité lui incombe de fournir à cette communauté les armes qui lui permettront de reconstruire une société civile et une culture qui soit à la hauteur de leur aspiration de renouveau éthique et politique. Il existe d’ailleurs pour cela un matériau universitaire qui n’attend qu’à être popularisé : Schulmann ne peut pas ignorer les travaux que plusieurs éminents chercheurs ont consacré, depuis plus de dix ans, à l’impérialisme et au colonialisme pouchkiniens3. De même, on ne compte pas les publications, sur le Net russe, qui prennent à bras le corps la question de l’idéologie véhiculée par le canon littéraire russe, plus d’une étant d’ailleurs signée par des personnes qui — comme Schulmann — ont grandi dans la vénération et le respect de ce canon.

Or les positions de Schulmann sont, à cet égard, pour le moins douteuses. Le but de ses conférences sur Pouchkine est en réalité de justifier le rayonnement de la culture russe en désamorçant toute relecture critique fondée sur les théories postcoloniales et — comme on le verra — féministes. Il s’agit donc de rassurer l’entre-soi des Russes anti-guerre sur l’absence de toute responsabilité collective vis-à-vis de la politique de leur pays.

Passons en revue le contenu des conférences de Berlin et Paris.

Toutes deux ont un contenu très similaire, malgré quelques variations (très significatives, comme nous le verrons). Le point d’entrée de la conférencière est, dans les deux cas, philologique : elle inscrit La Fille du capitaine dans l’héritage du roman d’apprentissage à la Walter Scott, centré sur un voyage aller-retour du héros depuis un « chez soi » où règne l’ordre — le centre impérial — jusqu’à un « là-bas » exotique ; de l’ordre au chaos, avec un retour final à l’ordre. La Fille du capitaine correspond en effet parfaitement à ce modèle : le jeune Griniov s’en va effectuer son service militaire dans les environs d’Orenbourg, aux marges de l’Empire russe, à l’époque de l’insurrection du Cosaque Pougatchev, et l’histoire se termine là d’où il est parti, au foyer de ses parents.

La comparaison avec Walter Scott est tout à fait justifiée sur le plan philologique. Selon la conférencière, le romancier écossais incarne d’ailleurs parfaitement la « prose coloniale », notamment dans Waverley ; mais la nouvelle de Pouchkine serait, à en croire Schulmann, beaucoup plus nuancée :

« Je me risquerai tout de même à dire, en conclusion de ce rapide tour d’horizon, que, dans l’espace du récit de Pouchkine, cette « altérité » [représentée par les marges de l’Empire] ne se trouve pas exprimée de manière si vive. Ce n’est finalement pas un autre pays, pas un espace séparé, c’est le même espace, en somme, que celui dans lequel le héros a grandi, mais une révolte y a lieu pour une raison que l’on ne comprend pas bien. Il me semble donc que l’exotisation, chez Pouchkine, est moindre que chez Walter Scott. »

Pas de « romantisation des peuples » [романтизация народов] chez Pouchkine, donc — ou moins, en tout cas, que chez Scott. Le personnage de Pougatchev est en effet présenté, comme Schulmann le rappelle, de manière tempérée : même si les causes de sa révolte ne se trouvent jamais expliquées par Pouchkine, son personnage présente des traits de caractère sympathiques qui n’en font pas un modèle d’altérité « absolue ». La première conférence s’en tient à cette conclusion en demi-teinte : La Fille du capitaine appartient à la tradition de la prose coloniale, mais « moins » que les premiers romans de Walter Scott.

La seconde conférence, de ce point de vue, est beaucoup plus audacieuse. Elle est construite comme la première, mais conclut différemment :

« En ce sens, oui, le voyage du héros qui revient à son point de départ, ce motif de base [du roman d’apprentissage] sert à devenir soi-même cet « autre » [que l’ »autre » est pour lui au début]. On quitte le lieu où l’on est chez soi et on se retrouve dans un endroit où l’on devient soi-même un personnage exotique. Comme si on se rendait dans un pays exotique, mais que dans cet endroit où l’on se retrouve, il y a des gens qui vivent, et ils sont pour eux-mêmes la norme [дефолтные люди].

En ce sens, le « roman d’apprentissage » est, si l’on veut, un roman anticolonial, et non un roman colonial. Oui, on revient là d’où on est parti. Oui, ce qui était là au départ reste la norme. Tu ne t’assimiles pas à ces marges [окраина] […]. Mais tu te trouves enrichi d’un nouveau savoir : que oui, il y a d’ »autres rivages », d’autres vagues, d’autres langues, d’autres pays, et que non, les gens qui vivent là-bas n’ont pas des têtes de chien. »

Cette fois, tout est dit : La Fille du capitaine « est un roman anticolonial, et non un roman colonial ». Notons toutefois l’ambiguïté de cette nouvelle conclusion : Schulmann conclut non sur La Fille du capitaine, mais sur le « roman d’apprentissage » en général, ou plutôt de ce type particulier de roman d’apprentissage qu’incarne le modèle scottien repris par Pouchkine. On peut résumer la logique de la conférencière ainsi : oui, La Fille du capitaine se déroule dans un contexte colonial ; mais le regard jeté sur la révolte indépendantiste de Pougatchev ne prend pas réellement parti pour ou contre ce dernier, et le héros revient « enrichi » de son voyage vers la périphérie. Le caractère « anticolonial » de La Fille du capitaine tient donc, pour Schulmann, à l’enrichissement individuel du héros, fondé sur la reconnaissance d’un « universel d’humanité » que l’on retrouve aussi bien « là-bas » qu’« ici ».

Il est indéniable que La Fille du capitaine met en avant l’humanité (ou la part d’humanité) de Pougatchev. Mais conclure ainsi sur l’« universalisme » humain revient à éviter de prendre en considération le fait que la relation entre oppresseur et opprimé n’est pas la relation symétrique que la conférencière voudrait qu’elle soit. Il s’agit pourtant là d’un sophisme maintes fois décrié par la critique décoloniale, de même que par toutes les études portant sur les rapports de domination sociale en général. Griniov, le héros de la nouvelle, apprécie Pougatchev, et il s’« enrichit » donc humainement à son contact. Mais cet « enrichissement » personnel et unilatéral lié à la rencontre de « l’autre » constitue justement un exemple par excellence de l’attitude coloniale inconsciente véhiculée par ce type de récit « orientaliste » : Napoléon aussi, après tout, s’est « enrichi culturellement » en allant en Égypte.

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Conférence d’Ekaterina Schulmann au cinéma Le Balzac // Sa page Facebook

Dans la perspective de la conférencière, l’« ici » et le « là-bas », le « centre » et la « périphérie » sont donc présentés hors de toute relation de pouvoir : « Ce n’est finalement pas un autre pays, pas un espace séparé, c’est le même espace, en somme, que celui dans lequel le héros a grandi. » Difficile d’être plus explicite : que ce soit « le même espace », c’est justement le problème ! Dans un débat où il s’agit d’étudier des structures de domination supra-individuelles et souvent inconscientes, les sentiments individuels du héros, du narrateur ou de l’auteur devraient être d’emblée évacués, ou au moins passés au crible d’une critique distanciée : la tâche de la déconstruction coloniale des classiques consiste en une mise au jour de ces structures supra-individuelles dont un bon exemple est la dialectique narrative « ordre – chaos – ordre » soulignée, à juste titre, par Schulmann elle-même, mais dont elle ne tire strictement aucune conséquence.

C’est également pour cette raison qu’une critique postcoloniale réalisée par une représentante du « centre » (oppresseur) ne peut en passer que par une déconstruction de soi-même et par une prise de conscience de l’asymétrie des droits à la parole et à la représentativité. Toute justification de soi et de sa culture, qu’elle soit fondée ou non sur des arguments valables, ne peut que faire obstacle sur cette voie, sur laquelle Schulmann n’a donc pas effectué un seul pas malgré le titre aguicheur de sa conférence parisienne — et l’on pourrait même dire qu’elle fournit à ses compatriotes les armes pour ne pas effectuer ce pas. Ekaterina Schulmann, de même que d’autres défenseurs actuels de la culture russe, part en fait du principe que l’on se trouverait face à une alternative binaire : soit on annule purement et simplement cette culture, soit on la sauve de façon tout aussi univoque. Pour un Ukrainien, aujourd’hui, l’annulation peut avoir une valeur constructive ; pour un Russe, non, car annuler le passé reviendrait à s’empêcher de le questionner. Mais la sauvegarde pure et simple pose exactement le même problème : elle revient à faire obstruction à la « décolonisation de l’esprit »4 (et des esprits) qui devrait constituer la principale tâche de l’intelligentsia antiguerre. Les défenseurs de l’universalisme de la culture russe s’empêchent ainsi à bon compte de voir comment l’universalisme a pu servir, depuis au moins deux siècles, d’alibi à l’expression de valeurs nationales aux conséquences désastreuses ; sauver l’universalisme de la culture russe, c’est, qu’on le veuille ou non, sauver un universalisme partiel et partial.

Un autre point mérite notre attention. Dans ces mêmes conférences, nous apprenons en effet que Pouchkine serait le « premier féministe de la littérature russe » (первый феминист русской литературы). Avant même d’examiner le bien-fondé de cette étonnante affirmation, on peut se demander ce qu’elle vient faire dans des conférences en principe consacrées à la question du colonialisme. La réponse est simple : les conférences de Schulmann n’ont d’autre but que de « sauver » Pouchkine en démontrant coûte que coûte qu’il passe avec succès tous les tests éthiques liés à la représentation des dominés (femmes et peuples colonisés) et des dominants (hommes et colonisateurs). Schulmann avance deux arguments : d’abord, Pouchkine estimait que les femmes étaient moralement meilleures que les hommes et lisaient plus. Le second est plus intéressant :

« En ce qui concerne La Fille du capitaine, on remarquera sans peine que le chaos de l’intrigue, provoqué par les actions de nombreux hommes, arrive à son dénouement grâce à deux femmes qui parlent entre elles. C’est grâce à leur discussion que l’ordre et la justice finissent enfin par advenir.

Dans la critique féministe, il existe un test célèbre dont le nom m’échappe. Voici en quoi il consiste : si, dans une œuvre, on trouve une scène où apparaissent uniquement des femmes, et que ces femmes ne parlent pas de leurs relations avec les hommes — si l’œuvre passe ce test, alors on peut dire que l’éthique patriarcale y reste à un niveau admissible.

La Fille du capitaine passe bien ce test, car bien que, dans leur discussion, Ekaterina et Maria Ivanovna parlent de Griniov, cette discussion ne concerne pas leurs sentiments. Elles parlent de politique et d’une affaire de justice — d’affaires, donc, que l’on considère traditionnellement comme réservées aux hommes. »

Peut-être convient-il de rappeler que la question des « sentiments » est absente du test d’Alison Bechdel : cette dernière stipule simplement que les femmes doivent avoir une discussion qui ne concerne pas les hommes. Mais même si l’on adopte la version du test édulcorée par Schulmann, dans La Fille du capitaine, l’intercession de Maria Ivanovna auprès de l’impératrice concerne justement son fiancé qu’elle cherche à sauver. Cette intercession ne vient pas « résoudre le chaos » instauré par les hommes : en réalité, l’intrigue politique du livre a déjà touché à son terme, justice a déjà été rendue, et l’« ordre » — légitime ou non — a été rétabli. La « discussion entre femmes » a donc beau se situer à un niveau « politique », l’enjeu n’est autre que de sauver le mariage de Maria Ivanovna. Ce qui la pousse à l’action, ce sont ses sentiments pour un homme, rien d’autre ; les larmes qu’elle verse devant l’Impératrice ne sont pas des larmes « d’affaires », et la dot qu’Ekaterina finit par lui offrir assure le retour de l’ordre… patriarcal :

« L’Impératrice lui fit signe d’avancer et lui dit avec un sourire :

— Je suis heureuse de pouvoir tenir ma parole envers vous et d’exaucer votre demande. Votre affaire est terminée. Je suis persuadée de l’innocence de votre fiancé. Voici une lettre que vous prendrez la peine de porter vous-même à votre futur beau-père.

Maria Ivanovna prit la lettre d’une main tremblante et, toute en pleurs, tomba aux pieds de l’Impératrice qui la releva et l’embrassa. L’Impératrice parla encore quelque temps avec elle.

— Je sais que vous n’êtes pas riche, lui dit-elle, mais j’ai une dette envers la fille du capitaine Mironov. Ne vous inquiétez pas de l’avenir. Je me charge de vous faire une dot. »5

Drôle de discussion féministe ! Mais le principal problème concerne l’intention même de Schulmann. Quand bien même Pouchkine eût passé avec succès tel ou tel test « féministe », la conférencière ne fait que souligner par là son but réel, qui est de justifier la « grande culture russe » au travers de son plus éminent représentant. Rien n’interdit de continuer à faire des conférences sur Pouchkine aujourd’hui ; rien n’interdit de continuer à apprécier la littérature en l’abstrayant de toute question sociale et politique. Mais mobiliser en termes caducs les théories permettant, à celles et ceux qui le souhaitent, de déconstruire les représentations culturelles à l’œuvre dans la littérature russe, et désamorcer cette possible déconstruction au prix de tels sophismes, voilà qui pose un immense problème éthique et politique, en particulier de la part d’une conférencière si influente. Non parce que le destin de la Russie et de l’Europe dépendrait d’une interprétation de Pouchkine, mais parce que cette interprétation-ci témoigne d’une disposition d’esprit refusant d’admettre que l’impérialisme n’est pas qu’une affaire d’armes.

Voilà donc sauvé et reboulonné le symbole le plus précieux de la grande culture russe, et voilà la Russie « dissidente » rassurée : Pouchkine est féministe et anticolonial, aucune tâche de déconstruction de la psyché russe (et donc de soi-même) n’est donc à mettre sérieusement sur la table.

Antoine Nicolle est doctorant en études russes à l'INALCO, coordinateur de la version francophone de ROAR (Russian Oppositional Arts Review) et traducteur littéraire. Il est également agrégé en lettres modernes et est l’un des créateurs de la maison d’édition Sampizdat.

  1. « La Fille du capitaine » [« Капитанская дочка »]. Enregistrement vidéo et transcription.
  2. « La Fille du capitaine comme exemple de prose coloniale » [« Капитанская дочка как пример колониальной прозы »]. Enregistrement vidéo et transcription
  3. Voir par exemple le recueil d’articles Там, внутри. Практики внутренней колонизации в культурной пространстве истории России [Là-bas, à l’intérieur. Les pratiques de la colonisation intérieure dans l’espace culturel de l’histoire de la Russie] dirigé par Aleksandr Etkind, Dirka Ouffelman et Ilia Koukouline (NLO, 2012), ou le livre d’Ewa Thompson Imperial Knowledge: Russian Literature and Colonialism (Greenwood, 2000).
  4. Nous empruntons cette expression à Ngugi wa Thiong’o, qui l’applique, lui, aux représentants des peuples colonisés et non des colonisateurs.
  5. Traduction de Maurice Quais.

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