Vladimir Soloviov, le « rossignol du Kremlin » aux villas italiennes

Vladimir Poutine n’a pas conçu et construit seul le poutinisme. Dans ce sixième volet de son feuilleton « Ils ont fait le poutinisme », l’historienne Cécile Vaissié explore le parcours de Vladimir Soloviov, l’un des principaux propagandistes actuels de Russie et l’un des plus agressifs : il attaque violemment les « Ukro-nazis », l’Occident et sa pseudo-décadence, les LGBT qui saperaient les « valeurs traditionnelles ». Pourtant, connu pour ses villas italiennes et ses voyages à New York, il n’a pas toujours tenu de tels propos, et son évolution est très révélatrice du mode de fonctionnement des « élites » poutiniennes.

Nous l’avons reconnu dans un épisode précédent : les « soviétologues » ou assimilés s’amusaient à aller vérifier ce qu’écrivaient, avant 1985, certains hérauts enflammés de la perestroïka, communistes très brejnéviens dans les décennies précédentes. Cette pratique s’est réactivée depuis quelque temps, de façon certes moins ludique : reprendre ce que les propagandistes poutiniens disaient ou écrivaient quelques années plus tôt permet de prendre la mesure de transformations parfois sidérantes. Une autre distraction est complémentaire : suivre dans la « presse jaune » — la presse people — le style de vie de ces propagandistes et de leurs enfants, dont certains sont nés, voire vivent, en Occident. Une dimension essentielle du poutinisme apparaît ainsi : le décalage, parfois impressionnant, entre ce que proclament certaines personnalités publiques en Russie et leur mode de vie, entre leur agressivité virulente et leurs propos d’il y a quelques années. La recette de leur éclatante réussite matérielle devient claire.

Un bon exemple en est Vladimir Soloviov, animateur sur la chaîne Rossia 1, qui paradait récemment près de Donetsk (Ukraine) et y a essuyé des tirs. S’il est aujourd’hui l’un des principaux propagandistes de Russie, il a aussi publié des livres, faciles à lire, dans lesquels il n’est pas inintéressant de se replonger pour se rendre compte des évolutions de leur auteur et de la Russie avec lui. D’autant qu’il est désormais de notoriété publique que Soloviov est richissime, qu’il avait, avant d’être frappé par des sanctions occidentales (UE, États-Unis, Canada, Grande-Bretagne), non pas une, mais deux, voire trois villas sur le lac de Côme, et que, en 2016-2017 au moins, il se rendait très souvent aux États-Unis — ces faits ayant été établis par Alexeï Navalny et ses équipes.

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Piscine peinte en rouge par des activistes à la villa de Soloviev sur le lac de Côme // Local Team, capture d’écran
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« Un dangereux propagandiste russe vit dans cette maison. Sa propriété a été saisie ». Affiche apposée sur le portail de sa villa // Vidéo de l’équipe de Navalny, capture d’écran

Avant les médias

Vladimir Soloviov est né le 20 octobre 1963 à Moscou dans une famille juive (c’est-à-dire, de nationalité juive et de citoyenneté soviétique) — ce qui mérite d’être noté chez celui qui, en 2009, signera le livre Nous sommes russes ! Dieu est avec nous !, en utilisant le mot « russe » (rousski) qui renvoie à la nationalité (« l’ethnie ») et non à la citoyenneté. Ce sera d’ailleurs le troisième au moins de ses livres, après Roulette russe (2006) et Nous et Eux. Cours abrégé de survie en Russie (2007) à inclure dans son titre le mot « russe » ou « Russie ».

Son père enseignait l’économie politique, sa mère était critique d’art : un milieu cultivé, mais une famille vite éclatée. À partir de l’âge de huit ans, le futur propagandiste semble avoir étudié dans une école d’élite que fréquentaient les enfants et petits-enfants de membres du Comité central du PCUS et dans laquelle une partie des cours était donnée en anglais, ce privilège semblant n’avoir jamais été expliqué. Puis Soloviov s’inscrit à l’Institut moscovite de l’acier et des alliages, dont il sort en 1986. Il connaît donc depuis 1981 Vladislav Sourkov et le futur oligarque Mikhaïl Fridman, qui se trouvaient dans la promotion suivante : ils fréquentaient le même club d’anglais.

De 1986 à 1988, le jeune homme travaille au Comité des organisations de jeunesse d’URSS — il était donc idéologiquement bien vu — et il écrit pendant son temps libre. Comme Alfred Koch, comme Vladislav Sourkov, il se rêvait écrivain, mais n’en commence pas moins, en 1988, sa thèse de doctorat en économie à l’IMEMO (Institut de l’économie mondiale et des relations internationales). Ce prestigieux institut de l’Académie des sciences est alors dirigé par Evgueni Primakov (1929-2015), qui présidera les services secrets extérieurs russes (SVR) de 1991 à 1996, et dont le petit-fils supervise depuis 2020 Rossotroudnitchestvo, structure au cœur du projet néo-impérialiste de « monde russe ». Soloviov croise à l’IMEMO Egor Gaïdar, futur Premier ministre et déjà adjoint du rédacteur en chef de la très idéologique revue Kommunist, et il demande à entrer au PCUS : cela semblait encore la condition pour une carrière réussie.

Mais la perestroïka ouvre alors de nouvelles possibilités et, en 1990, le jeune chercheur est invité à l’université d’Alabama à Huntsville (USA). Il y travaille, semble-t-il, comme enseignant, mais aussi comme consultant pour des entreprises de construction, et il croise George Bush Senior et sa femme à l’automne 1991 lors d’une rencontre publique1 — il a accès à des milieux intéressants. Rentré en Russie après le putsch d’août 1991, il crée sa propre affaire et réussit très vite : d’après ce qu’il dira, il possédait une agence de recrutement et, aux Philippines, une « petite usine pour produire des équipements de discothèques ». Il avait à peine plus de trente ans et était riche.

1998 : les débuts dans les médias

En août 1998, un impressionnant krach financier se produit en Russie, à partir duquel, paradoxalement, l’économie russe, assainie, va redémarrer. Cette année-là, Soloviov commence à intervenir sur une radio, Pluie d’argent, créée et dirigée par Natalia Sindéïeva. Autrement dit, le principal propagandiste de la télévision poutinienne a débuté dans les médias grâce à celle qui inventera la télévision Dojd, considérée comme une chaîne d’opposition et dont de nombreux journalistes ont émigré après le 24 février 2022. Il était alors à tu et à toi avec de nombreux journalistes « libéraux » dont la carrière a explosé dans les années 1990 et qui seront écartés sous Poutine.

Natalia Sindéïeva se souviendra que Soloviov s’est assez rapidement « passionné pour la politique » :

« Il était l’ami de beaucoup, fréquentait Boris Nemtsov, […], Vladislav Sourkov… Il changeait constamment de position en fonction de ses amis du moment. Il a toujours très bien senti la tendance. Jusqu’en 2000, les valeurs démocratiques primaient dans le milieu de ceux qui réfléchissent, et il partageait celles-ci ; en tout cas c’est ce qu’il nous semblait… »

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Photo : gorodnsk63.ru

Soloviov gardera son émission matinale sur Pluie d’argent jusqu’en juillet 2010, tout en travaillant aussi très vite sur des chaînes de télévision, en commençant par TNT (1999-2002) où il invite régulièrement des politiciens et des journalistes d’opposition, et par ORT (1999-2001) qui appartient alors à l’oligarque Boris Berezovski. En 2001, il prend position publiquement en faveur des journalistes de NTV, chaîne dont Gazprom prend le contrôle, grâce aux efforts de Lessine et Koch (voir les épisodes précédents). Mais il écrira dès 2006 que ces journalistes étaient, en fait, des « combattants sur le front idéologique, détestant leurs adversaires »2. Un nouveau tournant aura été pris, et, en 2017, Soloviov traitera les manifestants qui s’indignaient de la corruption de Dmitri Medvedev, dénoncée dans un film de Navalny, de « 2 % de merde », ce qui, notera alors le site Sobessednik, aurait été inimaginable de la part du Soloviov de 2001.

En 2001, Soloviov est engagé sur TV-6, chaîne créée à l’initiative de Berezovski, où il travaille avec l’ancienne équipe de NTV, celle chassée par Gazprom. Mais la diffusion de TV-6 est interrompue le 22 janvier 2002 — sur décision de Lessine, semble-t-il. L’animateur est aussitôt recruté sur TVS, et, en octobre 2002, sur la recommandation d’Ella Pamfilova — qui sera nommée en 2016 présidente de la Commission électorale centrale et couvrira à ce titre les falsifications des élections russes —, il entre dans la Commission pour les droits humains, rattachée au président de Russie. Il y restera jusqu’en février 2009, en ayant des contacts réguliers avec la présidence russe.

TVS perd sa diffusion fédérale en juin 2003, mais Soloviov est recruté peu après par NTV, alors propriété de Gazprom : c’est un signe supplémentaire que l’animateur se rapproche du Kremlin. D’autres tentations existent encore. Le journaliste et humoriste Victor Chenderovitch3, un ancien de NTV, racontera ainsi que Berezovski, voulant « apparaître comme le principal adversaire de Poutine », avait créé en 2002 un parti d’opposition à Londres où il avait émigré. Soloviov aurait alors fait une proposition à Chenderovitch : que celui-ci se rende à Londres, rencontre Berezovski et devienne l’une des trois figures clefs de ce parti. Chenderovitch a refusé, mais Soloviov a pris l’avion pour voir Berezovski : « Quand il est rentré, il est allé voir Sourkov, et celui-ci lui a visiblement donné un peu plus ; c’est alors que s’est produite la fracture, pas vraiment éthique, plutôt financière », dira Chenderovitch. Une façon claire de souligner les principales motivations de Soloviov. Le recrutement sur NTV pourrait avoir été ce « un peu plus », à l’heure où le paysage médiatique se recomposait sous la pression de l’État.

Soloviov reconnaîtra avoir vu Berezovski à Londres — à la demande urgente de ce dernier, assurera-t-il — après les élections législatives de la fin 2003 : l’oligarque aurait essayé de le convaincre de se présenter à la présidentielle pour faire revenir la démocratie en Russie. Soloviov assurera en 2006 lui avoir répondu que Poutine était réellement « l’homme politique le plus populaire de Russie » et que personne n’avait de chance face à l’ancien tchékiste4. En 2018, Chenderovitch, interdit de télévision depuis une quinzaine d’années, remarquera : « [Soloviov] n’est pas le seul à être passé en quelque temps de chez les adversaires de Poutine aux rangs de ceux qui le louent. Autour de nous, il y a des tas de « consciences de la nation », qui ont fait ce parcours, sans changer leur timbre de voix ni leurs intonations brutales. Il n’y a que les sources de financement qui ont changé. Mais eux, non. Et, à chaque fois, ils sont honnêtes ! […] [Soloviov] a la langue bien pendue, et il n’a pas de critères éthiques, c’est un homme qui n’a honte de rien. Il n’a absolument pas honte de ce qu’il fait. […] Je le jure, il n’y a pas en lui la moindre contradiction. »

Et quand Poutine ne sera plus là, prévoyait déjà Chenderovitch, Soloviov dira sans la moindre honte s’être toujours efforcé de préserver la liberté de parole « dans les conditions effroyables d’un régime autoritaire » : « Vous verrez, c’est lui qui nous conduira vers les idéaux radieux du libéralisme, quand les temps totalitaires se termineront. Nous le verrons, je n’en doute pas. » De fait, tant d’autres ont agi ainsi à la fin des années 1980 et au début des années 1990, lorsque les vestes se retournaient à une vitesse qui donnait le tournis…

Ambiguïtés et adaptations

Soloviov dit avoir interviewé sur NTV, entre 2003 et 2009, presque tous les acteurs politiques importants de Russie, y compris les libéraux Boris Nemtsov et Irina Khakamada5. Mais, parallèlement, il s’engage de plus en plus visiblement dans des actions lancées par l’administration présidentielle. Il participe ainsi en 2005 au Congrès fondateur du mouvement Nachi, créé par Vladislav Sourkov, et intervient dans des actions destinées à ces jeunes. Cette année-là, il proclame : « Quand des démocrates me disent, comment as-tu pu, comment as-tu osé aller chez les “Nachi” [les nôtres], je réponds que “ce sont des enfants, des étudiants, ils ont 22-23 ans. Si l’on ne se bat pas pour leurs âmes, comment vivra ensuite le pays ?” » Il assure expliquer à ces jeunes : « Si vous êtes des démocrates, vous ne pouvez pas appeler à la violence pour lutter contre l’opposition. Vous devez lutter contre l’extrémisme, mais pas contre la “pensée autre”. » Mais les Nachi ont été créés précisément pour lutter, y compris dans la rue, y compris par la violence, contre toute perspective de Révolution orange en Russie (voir l’épisode sur Sourkov).

En avril 2005, Soloviov prétend avoir, toute sa vie, « voté pour SPS », le parti libéral de Nemtsov et Khakamada, mais avoir déjà cette réputation dont il semble se moquer : « Je suis le rossignol du Kremlin. Je fais tout sur l’ordre du Kremlin. » Il multiplie en tout cas les ambiguïtés et publie cette année-là un livre, L’Évangile selon Soloviov, où il raconte l’arrivée sur terre d’un Messie, vrai ou faux. Le héros de ce roman s’appelle Vladimir Soloviov et il devient l’apôtre de ce Messie : avec son ami Bill Gates, ils veulent le présenter au monde lors d’un show télévisé grandiose. Parmi les personnages figurent aussi Poutine, Alexandre Volochine et Vladislav Sourkov, ces deux derniers étant, d’après la journaliste de polit.ru, « peu sympathiques » dans le livre. Soloviov assurera s’être surtout intéressé à la « psychologie de ses contemporains » : celle-ci mêlerait « le désir passionné d’un miracle » et « un cynisme postsoviétique colossal ». Lui-même se situerait « consciemment du côté du bien » et, en 2022, il criera à des enfants que la Russie est toujours du côté du bien.

En 2005, la journaliste de polit.ru lui fait toutefois remarquer qu’il « est souvent impossible de comprendre » son positionnement : « Vous passez si facilement et imperceptiblement d’un côté à l’autre, en faisant preuve d’une souplesse remarquable ! Quel est le secret de celle-ci ? Vous êtes prêt à vous identifier au point de vue de chacun parce que vous aimez tellement les gens ou bien parce que vous êtes tellement indifférent à eux ? »

Il assure aimer beaucoup les gens, mais la journaliste insiste : « Alors accuser Vladimir Soloviov d’être souple au point de manquer de tout principe, ce sont des machinations de vos ennemis ? » Mais l’animateur affirme avoir « des principes très fermes » et ne « jamais » changer d’avis : « Parfois, je n’ai pas d’avis sur un problème, mais, si j’en ai un, celui-ci ne change jamais. » On peut voir dans cette affirmation le « cynisme postsoviétique colossal » que lui-même a signalé…

Nous et Eux. Cours abrégé de survie en Russie

Le livre de Soloviov le plus intéressant peut-être et le plus révélateur en tout cas, paraît en 2007 et reprend un titre déjà utilisé par Sergueï Mikhalkov, auteur des paroles de l’hymne soviétique et de celles de l’hymne russe de 2000, en inversant les termes : Nous et Eux, le sous-titre étant Cours abrégé de survie en Russie. Soloviov s’y montre absolument lucide sur les problèmes russes, dont le très bas niveau du revenu moyen et la corruption comme norme. Il assure qu’il « n’y a pas une seule personne faisant des affaires [en Russie] qui puisse dire n’avoir rien à se reprocher devant la loi ». Et si quelqu’un le dit, « a) il ment ; b) il ne sait pas de quoi il parle ; c) il travaille pour Rosneft et Gazprom, parce que la loi, c’est eux »6. Sans grande compassion, il évoque les retraités qui se plaignent de leur minuscule retraite, et assure leur répondre que ce sont eux qui ont laissé « un pays plein de merde, matérielle et spirituelle », « ce système diabolique qui engendre des formes de vie répugnantes et pleines de haine, dans lesquelles une personne normale suffoque et court à toutes jambes à [l’aéroport international] Chérémétiévo 2 » : « Et le principal, c’est notre mensonge permanent. »7

Oui : le mensonge. La souplesse aussi. Cette adaptabilité à tout et n’importe quoi, au nom de l’intérêt personnel.

Soloviov souligne, dans ce livre, le « gouffre colossal » qui a « toujours existé » en Russie entre les élites dirigeantes et le peuple, et il note que les Russes « [se préparent] toujours, intérieurement, à la guerre contre un ennemi extérieur », tout en étant convaincus que celle-ci « se terminera mal »8. Mais, s’il est lucide, il demeure très cynique : il n’y aurait rien à faire, les choses seraient ainsi, parce que les Russes — « le peuple » ! — ne pourraient pas être changés. C’est l’un des arguments majeurs de ceux qui, en Russie, soutiennent Vladimir Poutine, tout en comprenant les avantages de l’Occident pour y faire éduquer leurs enfants ou y mettre leur argent en sécurité. Il semble ôter toute responsabilité aux élites du pays dans les choix de celui-ci. Ainsi, assure Soloviov, si la démocratie n’a jamais existé en Russie, c’est parce que personne n’en aurait besoin, et elle ne pourrait donc s’y implanter, le « peuple » ne la souhaitant pas9. Les Russes seraient « différents » des Occidentaux, « ni mieux, ni pires », mais « différents »10. Un peu plus loin, l’animateur évoque toutefois une « mentalité d’esclave » qui serait toujours accompagnée d’« agressivité »11, et il formule ainsi sa problématique : « Comment pouvons-nous survivre dans un pays où une guerre permanente a lieu, guerre dans laquelle tous luttent contre tous. Où tous s’allient contre tous, où chacun justifie son imperfection, sans rien pardonner à ceux qui l’entourent »12.

De tels propos ne relèvent-ils pas de la « russophobie », pour reprendre le terme dont les propagandistes poutiniens se délectent depuis quelques années ?

Une question fondamentale n’en demeure pas moins : les problèmes russes — la pauvreté, la soumission excessive, la violence, l’agressivité… — sont-ils liés à une identité russe immuable qu’il serait vain de croire pouvoir changer, ou sont-ils la conséquence d’une histoire douloureuse et brutale, les Russes étant, en fait, des Européens de l’Est, traumatisés par des décennies de violence et d’excès bureaucratiques ? Loin de prendre ce problème à bras-le-corps, Soloviov clame que l’unité nationale n’est qu’un leurre, et il relève à juste titre l’habitude qu’ont ses compatriotes de penser dans des catégories binaires et de considérer que, « comme d’habitude, Nous sommes mieux qu’Eux », ce « Eux » ne se limitant pas aux pays étrangers :

« Bien sûr que nous sommes mieux ! Et comment ! […] Nous nous convainquons du fait que nous avons le droit incontestable d’être tels que nous sommes. Ce sont ces Eux qui n’ont pas tenu compte de quelque chose, ne sont pas allés au bout et n’ont pas assez réfléchi. Ce sont Eux qui devaient agir, mais ne l’ont pas fait. Ce sont Eux qui rient très fort, de façon inquiétante, quand nous nous taisons. Et Ils savent quelque chose que nous ne savons pas »13.

Ce caractère binaire est pourtant au cœur même des émissions actuelles de Soloviov qui oppose, systématiquement et sans nuances, la Russie à l’Ukraine « nazie » et à l’Occident décadent.

En 2007, il admet encore aimer beaucoup les États-Unis. Pour lui, si tous les Russes y déménageaient et si tous les Américains « devenaient brièvement fous et déménageaient chez nous », les Russes mettraient aux États-Unis la même « merde » que chez eux :

« Dieu merci, pendant que nous aurons cette activité, habituelle pour nous, les Américains auront l’occasion de déblayer nos écuries d’Augias. Et ensuite, on pourra de nouveau déménager. C’est sans doute le seul moyen vraiment efficace pour faire de la Russie un grand pays, puissant et prospère »14.

Ce n’est vraiment pas de la russophobie ? Ou les élites dirigeantes russes et leurs propagandistes sont-ils les seuls autorisés à dénigrer leurs concitoyens ?

Au passage, Soloviov souligne que la vie politique en Russie est davantage une lutte de clans que d’idéologies, et que les critères de loyauté personnelle y priment souvent sur la compétence. Dès lors, constate-t-il, la plupart des Russes n’ont aucune confiance ni dans la politique, ni dans les hommes politiques15. Il ajoute que Russie unie, dont il est lui-même proche, « est le seul parti éternel en Russie » : « C’est un parti absolument honnête et sincère de gens qui adorent le pouvoir. Ce qui les unit est absolument clair : l’amour ! […] L’amour pour le trésor de l’État. […] Ils disent : “C’est nous !” — “Qui ?” — “Nous sommes le parti des pragmatiques. À nous les datchas, les voitures, les appartements !” »16

Les clefs du comportement et des choix de Vladimir Soloviov sont là, d’autant que, comme celui-ci le souligne, qui n’a ni pouvoir, ni argent, ni relations n’est rien pour les représentants de l’État :

« On lit, dans leurs yeux de fonctionnaires, la certitude qu’il est facile de vous transformer en poussière de camp. La mémoire génétique travaille et on est d’accord : “Oui, je suis de la poussière de camp.” Et tu comprends qu’en fait, personne dans notre pays n’en a rien à faire de ta vie. Que personne ne se souciera jamais de tes enfants, de ta femme, de tes parents »17.

C’est pourquoi, en Russie, contrairement à ce qu’imaginent de nombreux Occidentaux, le « chacun pour soi » prime : il s’agit de survivre et d’aider son cercle proche à survivre. Ce qui explique, en partie, la faible mobilisation des Russes contre la guerre menée en Ukraine. Cela, bien plus que les discours enflammés de celui qui veut « des datchas, des voitures, des appartements ». Dans ce livre de 2007, Soloviov assure même « haïr » les organisations de jeunesse et évoque explicitement les Nachi : « Je vois chez eux la fierté, non d’avoir une pensée, mais d’être près de la mangeoire »18. Certes, mais il participe à leur formation et lui-même se veut proche de cette « mangeoire ». C’est pourquoi il exprime dans ce livre son admiration pour Poutine et y attaque Khodorkovski, en sous-entendant que celui-ci est responsable de certaines morts. Ce pour quoi l’ancien oligarque n’a jamais été jugé.

La proposition finale de Vladimir Soloviov peut paraître séduisante : « La Russie a besoin d’une idée nationale, et celle-ci est très simple : “Aimez-vous les uns et les autres” »19. Est-ce ce qu’il encourage aujourd’hui, en insultant les Ukrainiens, et en menaçant de bombarder des capitales occidentales ? Non. Il sème la haine en Russie. Et la guerre est aussi le résultat de ses émissions.

En tout cas, joignant le geste à la parole, Vladimir Soloviov intervient, le 21 novembre 2007, dans un meeting pré-électoral et exprime de nouveau son soutien à Vladimir Poutine, « un leader fort, intelligent et talentueux » qui « aime la Russie et fait tout pour que les habitants de Russie soient fiers de leur pays ». Des datchas, des voitures, des appartements ! En 2009, dans Nous sommes russes ! Dieu est avec nous !, il confirme qu’il serait « bête » d’aspirer à la démocratie : elle ne conviendrait pas aux Russes20. Pour lui, la Russie « est un pays qui ne peut pas vivre sans grand défi »21, et il vaudrait mieux revenir à la doctrine de la Troisième Rome. Il clame aussi soutenir pleinement Sergueï Choïgou, le futur ministre de la Défense, lorsque celui-ci dit qu’il faut sanctionner, y compris au pénal, ceux qui « diminuent le rôle de la Russie, le rôle de l’URSS, dans la Grande Guerre patriotique »22.

Les bases du poutinisme sont là. Celles de la guerre contre l’Ukraine, aussi.

Soloviov est toutefois renvoyé de NTV en mai 2009 — alors que Medvedev est président — et il dira n’avoir pu travailler, pendant quelque temps, sur aucune chaîne fédérale. L’animateur semble avoir eu très peur d’être définitivement écarté, mais, dès la fin 2010, il rejoint les chaînes de la holding étatique VGTRK : la télévision Rossia-1 et la radio Vesti-FM. Il fait désormais partie des principaux propagandiste du régime, et bénéficierait du soutien personnel de Poutine. C’est alors qu’il aurait commencé à porter ses vestes-chemises semi-militaires, une version modernisée — et vraisemblablement très coûteuse – des tenues de Staline.

Il va continuer à publier des livres, dont au moins deux pour raconter comment il a perdu plusieurs dizaines de kilos, et d’autres sur la Russie et ses dirigeants, ainsi que — suivant l’exemple de Gleb Pavlovski — Les Ennemis de la Russie. Après avoir prôné l’amour…

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Rossiya1, captures d’écran

Le tournant de la Crimée

L’évolution de Soloviov se poursuit. Lors d’une émission pour le Nouvel An 2013 — avant la Crimée —, l’animateur copie les gestes de John Travolta alors que, sur scène, dansent Volodymyr Zelenski, futur président de l’Ukraine, et Maxime Galkine, comique désormais émigré en Israël. Une scène inimaginable aujourd’hui.

L’Euromaïdan éclate en Ukraine en novembre 2013 : les Ukrainiens souhaitent majoritairement que leur pays se rapproche de l’Union européenne. Or la position de Soloviov sur l’Ukraine a virevolté au fil des années. En 2008, l’animateur affirmait que celui qui essaierait « de commencer une guerre entre la Russie et l’Ukraine » serait « un criminel […]. En Ukraine vivent des gens proches de nous comme des frères par l’esprit, par le sang, par l’histoire », et une guerre contre eux serait « le plus grand crime que l’on puisse imaginer. Il ne faut pas crier “Sébastopol est à nous !”. Il ne faut pas crier “La Crimée est à nous!”. » En 2013 encore, il clamait :

« Que Dieu empêche que la Crimée revienne au sein de la Russie. Il n’y a pas la moindre base juridique pour cela. Et qu’avons-nous à faire de la Crimée ? Khrouchtchev l’a donnée de façon absolument légitime. Si nous parlons abruptement [du retour de la Crimée], il y aura la guerre. Vous voulez faire la guerre à l’Ukraine ? Combien de vies ukrainiennes et de vies russes êtes-vous prêts à sacrifier pour vous emparer de la Crimée qui est depuis longtemps devenue un territoire tatar ? Les Criméens sont contre. »

En 2014, après l’annexion illégale de la Crimée par la Russie, l’animateur change radicalement de discours : « La Crimée et Sébastopol sont de nouveau au sein de la Russie. Le bon droit historique a triomphé. » Soloviov s’est conformé à la ligne officielle et il reçoit, cette année-là, une médaille « Pour la libération de la Crimée et de Sébastopol ».

Son extrême souplesse de nuque a renforcé ses perspectives de carrière. Ainsi, lorsque commence l’opération militaire russe en Syrie à l’automne 2015, Vladimir Soloviov est le seul journaliste auquel Poutine accorde une interview. Cette année-là, il publie un livre sur les relations entre la Russie et les États-Unis et note que ceux-ci ont la démocratie pour religion, alors que la Russie défend sa voix propre et le « monde russe ». Or, selon lui, les États-Unis n’acceptent pas la présence d’un autre joueur important dans le domaine idéologique. L’animateur pose aussi, dès la première page, la question qui tourmente les cercles dirigeants russes : « L’Ukraine sera-t-elle dans l’OTAN ? » Pour lui, non, puisqu’elle a un conflit armé sur son territoire23. Et c’est aussi une façon de donner un sens à cette guerre que la Russie a déjà déclenchée.

Entre 2015 et 2018, Soloviov sort trois films sur Poutine : Le Président, L’Ordre du monde et L’Ordre du monde 2018. Le reportage que Navalny a consacré à Simonian et son mari montre les possibilités d’enrichissement rapide qu’offre la production, en Russie, de films idéologiques. Or Soloviov est désormais « le numéro 1 des propagandistes » et le plus « proche de l’empereur ». Personne ne dispose d’autant de temps d’antenne que lui. Il est donc aussi très riche. Ses biens immobiliers sont estimés à un milliard de roubles en 2017 par les équipes d’Alexeï Navalny : une villa sur le lac de Côme ; une datcha de 1 046 m2 à Peredelkino ; trois appartements dans une résidence luxueuse de Moscou. L’équipe de Navalny a aussi découvert que le « grand patriote » avait une carte de résident en Italie.

En 2018, le site Sobessednik note aussi qu’une entreprise de Soloviov a reçu 316,5 millions de roubles de la Sberbank entre 2014 et 2016, sans que les papiers d’un éventuel contrat étatique aient pu être retrouvés. L’animateur aurait aussi des participations importantes dans plusieurs entreprises, dont celle qui organise ses conférences payantes. Il multiplie les émissions et, de mars 2019 à février 2020, détiendrait le record de la plus longue présence à l’écran : presque 26 heures en une semaine. Il est très apprécié du public, alors que son agressivité se déchaîne de plus en plus, et il prépare ainsi psychologiquement ses compatriotes à une guerre plus violente encore que celle déjà en cours dans le Donbass.

Alexeï Navalny et ses équipes diffusent en 2019 une nouvelle vidéo dans laquelle ils démontrent que Soloviov possède, non pas une, mais deux villas sur le lac de Côme, à côté de celle de George Clooney. Cette année-là, les voisins du propagandiste ont lancé une pétition pour que le « Goebbels russe » n’obtienne pas la citoyenneté italienne en tant que propriétaire foncier.

De nouveaux scandales après l’attaque russe de 2022

En février 2022, avant l’attaque militaire, mais après la reconnaissance par la Russie de la souveraineté de la DNR et de la LNR, Vladimir Soloviov est inclus dans une liste de sanctions de l’Union européenne. Il semble en avoir été authentiquement sidéré — et cette sidération est très révélatrice : il ne saisit pas, ne veut pas saisir, le rapport entre des paroles serinées sans relâche pour plaire au pouvoir et les actes qui en découlent. Entre discours et conséquences. Il ne pourra donc plus se rendre dans ses villas italiennes ? Ses propriétés pourraient être saisies ? Sa responsabilité serait donc évoquée ? Dérouté, il s’indigne dans son émission :

« On m’avait dit que l’Europe était une citadelle des droits, que tout était permis, c’est ce qu’ils disaient… Je connais, par mon expérience personnelle, les soi-disant “droits sacrés de propriété”. Pour chaque transaction, j’apportais des papiers prouvant mon salaire officiel, mes revenus, j’ai fait tout cela, je l’ai acheté, j’ai payé un montant d’impôts dingue, j’ai tout fait. Et, brusquement, quelqu’un décide que ce journaliste est maintenant sur la liste des sanctions. Et immédiatement, cela affecte vos biens immobiliers. Attendez un peu. Vous nous aviez dit que l’Europe avait des droits de propriété sacrés. »

Il assure ne même pas comprendre pourquoi il figure sur cette liste de sanctions alors qu’il n’a pas de fonctions officielles : il serait « simplement journaliste ». Non, il n’est pas « journaliste ». Il est de ces propagandistes, comme David Zaslavski en son temps ou Vladimir Ermilov, et bien d’autres, qui ont accompagné et justifié les crimes des pouvoirs autoritaires et totalitaires qu’ils servaient. Et, désormais, il intervient chaque soir dans le programme Soirée avec Vladimir Soloviev, censé convaincre l’opinion publique de la nécessité de la guerre en cours.

Le 5 mars 2022, ses villas italiennes — trois en fait, selon Le Figaro — sont saisies par les autorités italiennes, qui les estiment à 8 millions de dollars. Un peu plus tard, Mikhaïl Khodorkovski écrira que l’Italie a révoqué le permis de résidence de Soloviov et banni celui-ci à vie — ce qui reste à vérifier. Le 14 mars, l’Ukraine lance un mandat d’arrêt international contre Soloviov pour son soutien à la guerre. Ce mois-là, l’animateur fait également l’objet de sanctions personnelles de la part du Canada et de la Grande-Bretagne. Mais il continue de clamer toujours plus fort ses menaces de bombardements. Se déclarant « terroriste », il appelle ainsi, en août 2022, à anéantir les villes ukrainiennes avec leurs habitants, si ceux-ci ne quittent pas leurs logements. Le 15 octobre, il tonne qu’il faut faire revenir « toutes les stars qui ont quitté » la Russie et les « envoyer dans l’armée ». Comme l’écrit l’écrivain Dmitri Gloukhovski sur Twitter le 4 novembre 2022 :

« Cet effondrement de la personnalité que nous observons chez Medvedev, Krassovski et Soloviov est la conséquence de l’impossibilité de dire la vérité. Ils comprennent qu’ils mentent chaque jour, se forcent à croire à leur mensonge, et c’est précisément ce qui les empoisonne et les détruit. Ils hurlent pour crier plus fort qu’eux-mêmes. »

Car, oui, Soloviov est le reflet d’une certaine classe politique et médiatique russe que Françoise Thom a très bien décrite dans un article du 6 mai 2022, intitulé « L’ivresse de la transgression ». Et cette expression même, « l’irrésistible passion de la transgression qui s’est emparée de la Russie depuis la chute du communisme » renvoie aussi, hélas, à ce que Dostoïevski disait, dans ses Notes de la maison des morts, sur ces criminels multirécidivistes dont il continuait de penser qu’ils étaient « les meilleurs enfants du peuple russe ».

Conclusion : un gouffre entre discours et comportement

Des enfants, Vladimir Soloviov en a officiellement huit, de trois épouses différentes, dont une fille née aux États-Unis en 1991, qui vit à Moscou et semble avoir des positions à l’opposé des discours de son père, un fils, Alexandre, qui a étudié à Londres, et un autre fils, Daniil, né en 2001, qui a connu son quart d’heure warholien de gloire en février 2023 sur les réseaux sociaux. Une photo de mode a alors largement circulé : celle d’un jeune homme affalé sur le sol, aux cheveux longs et blonds, au costume noir et à l’air sombre. Lorsque les marges n’ont pas été coupées, ses mains apparaissent : les ongles sont vernis de noir. Une légende accompagnait fréquemment ce cliché : « Daniil Soloviov, le fils de Vladimir Soloviov, a raconté que, pour l’instant, il ne pouvait pas conclure de contrat avec le ministère de la Défense russe et partir défendre le Donbass, car il a déjà signé un contrat avec une agence de mannequins à Londres. » Serait-il fasciné, comme son père avant lui, par l’Occident décadent, havre de confort et de sécurité ?

Vladimir Soloviov tempêtera. Ne disait-il pas pourtant qu’il fallait faire revenir « toutes les stars ayant quitté le pays » et les « envoyer dans l’armée » ? Oui, « le fils ne répond pas du père », assurait Staline, tout en arrêtant les pères comme les fils.

Une nouvelle vidéo de l’équipe de Navalny a récemment révélé que Soloviov, ardent promoteur des « valeurs familiales », aurait une liaison depuis plusieurs années avec l’ancienne joueuse de basket-ball Svetlana Abrassimova. Celle-ci disposerait d’un passeport américain et aurait accouché de leurs deux filles aux États-Unis. Comme si Soloviov s’était préparé à aller y vivre un jour, suivant l’exemple de Lessine ou d’autres.

En 2006, il écrivait que les Soviétiques vivaient « dans le contexte d’une double morale » : « Il y avait la vérité officielle et la vérité des conversations avec maman, qui tournaient aux séances de débats dans la cuisine avec des amis. Le mensonge de l’État suscitait la haine, et on n’aimait pas les chantres de l’idéologie soviétique. » Il le savait : « Le mensonge et les doubles standards étaient partout24. »

Ils sont revenus. Avec l’aide de Vladimir Soloviov. Cela lui vaudra sa place dans l’histoire russe : la même que Zaslavski ou Ermilov.

La suite au prochain numéro…

Politologue, historienne, slaviste, professeure à l'université Rennes II, directrice du département de russe de Rennes II, chercheuse au CERCLE (Nancy II). Travaille essentiellement sur les relations pouvoir-société-culture dans la Russie des XXe et XXIe siècles, et sur les questions d'influence de 1920 à aujourd'hui. Ses derniers ouvrages : Le Clan Mikhalkov. Culture et pouvoirs en Russie (1917-2017), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2019 ; Les Réseaux du Kremlin en France, Paris, Les Petits Matins, 2016 ; La Fabrique de l’homme nouveau après Staline. Les arts et la culture dans le projet soviétique, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2016.

  1. Soloviov Vladimir, Rousskaïa rouletka. Zametki na poliakh noveïcheï istorii, Moskva, Eksmo, 2006, p. 7-8.
  2. Soloviov Vladimir, Rousskaïa rouletka, op. cit., p. 75.
  3. On voit ici Soloviov danser sur la musique jouée par Chenderovitch.
  4. Soloviov Vladimir, Rousskaïa rouletka, op. cit., p. 45, p. 230-232.
  5. Soloviov Vladimir, Rousskaïa rouletka, op. cit., p. 243-536.
  6. Soloviov Vladimir, My i oni. Kratki kours vyjivania v Rossii, Moskva, Eksmo, 2007, p. 123.
  7. Ibid., p. 127.
  8. Ibid., p. 122.
  9. Ibid., p. 151-152, p. 226.
  10. Ibid., p. 225.
  11. Ibid., p. 228.
  12. Ibid., p. 23.
  13. Ibid., p. 6.
  14. Ibid., p. 121-122.
  15. Ibid., p. 213.
  16. Ibid., p. 182-183.
  17. Ibid., p. 189.
  18. Ibid., p. 194.
  19. Ibid., p. 202.
  20. Soloviov Vladimir, My — rousskie ! S nami Bog !, Moskva, Eksmo, 2009, p. 149-153.
  21. Ibid., p. 154.
  22. Ibid., p. 118.
  23. Soloviov Vladimir, Razryv chablona. Taïnaïa kniga smyslov sovremennoï politiki, Moskva, Eksmo, 2015, p. 5-6.
  24. Soloviov Vladimir, Rousskaïa rouletka, op. cit., p. 17.

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