Sur la diplomatie indienne, l’Eurasie sino-russe et l’Occident : vers une métamorphose géopolitique de l’Inde ?

Le séjour de Vladimir Poutine en Chine populaire, les 16 et 17 mai, aura été source de spéculations sur la collusion entre les deux dictatures et les réserves éventuelles de Xi Jinping à l’égard de la guerre d’Ukraine. On affirme souvent que l’Inde, avec l’Iran, fait partie de ce club anti-occidental. C’est oublier que les différends entre la Chine et l’Inde sont anciens et profonds. Selon l’auteur, c’est en se tournant résolument vers l’Occident que l’Inde, potentiellement isolée dans une Grande Asie sino-centrée, pourra franchir des paliers significatifs, en matière de développement comme dans l’ordre de la puissance. Malgré nos réticences, dues au caractère de plus en plus autoritaire du régime indien, l’Occident devrait le soutenir !

On connaît les relations historiques qui lient l’Inde à la Russie, un héritage de la Guerre froide, lorsque la Chine populaire, à New Delhi et Moscou, était perçue comme une menace1. Au sortir de la Guerre froide, le paysage stratégique mondial n’était plus le même mais la relation russo-indienne tint bon. Alors que la diplomatie russe cherchait à créer un axe Moscou-Delhi-Pékin-Téhéran, conformément à la doctrine Primakov, l’entreprise achoppera sur l’hostilité entre la Chine populaire et l’Inde, qui pousse cette dernière à se rapprocher de l’Occident en général, des États-Unis et de la France en particulier.

L’Eurasie sino-russe surplombe l’Inde

Dans la vision géopolitique anglo-américaine et occidentale, l’Inde est parfois assimilée à une « démocratie maritime », une pièce essentielle sur le Rimland, le terme désignant une chaîne de péninsules et de territoires qui s’étire de l’Europe occidentale à l’Asie du Sud et de l’Est, en passant par le Moyen-Orient2. Ainsi l’Inde est-elle surtout perçue au prisme de l’Indo-Pacifique, pour faire contrepoids aux ambitions géopolitiques de la Chine populaire, depuis la « Méditerranée asiatique » (les mers de Chine du Sud et de l’Est) jusqu’aux détroits d’Ormuz et de Bab-el-Mandeb, ces passages géostratégiques vers la mer Méditerranée et l’Europe, à l’extrémité occidentale des « nouvelles routes de la soie » chères à Xi (la Belt and Road Initiative).

Pour suggestive qu’elle soit, cette représentation géopolitique ne saurait faire oublier que la péninsule indienne est une masse terrestre et démographique3 (3,3 millions de km², 1,4 milliard d’habitants), entée sur l’Eurasie, telle que celle-ci est pensée et concoctée à Pékin et Moscou. Sur ses frontières himalayennes, l’Inde affronte la politique du fait accompli de la Chine populaire qui, insatisfaite de la seule conquête d’un morceau du Cachemire (voir la guerre sino-indienne de 1962 et l’annexion chinoise de l’ « Aksai Chin »), pousse les feux. Depuis juin 2020, l’armée chinoise contrôle une partie du plateau du Ladakh tandis que d’autres incidents militaires se produisent sur différentes portions d’une frontière himalayenne longue de près de 3 500 kilomètres4.

Tout en resserrant les liens avec le Pakistan, notamment au moyen du corridor logistique entre le Sin-Kiang des Ouïghours (le Xinjiang) et le port de Gwadar (à travers le Cachemire pakistanais), la Chine populaire met sur pied un puissant dispositif militaire au Tibet et sur les frontières sino-indiennes. Il s’agit d’accroître la capacité d’intervention de l’armée chinoise sur le territoire de l’Inde, avec force et promptitude, ce qui en dit beaucoup sur les intentions à moyen et long terme de Pékin (voir la note 4).

Face à la menace chinoise, l’Inde ne peut compter comme autrefois, c’est-à-dire à l’époque soviétique, sur le soutien résolu de la Russie. D’une part, l’engagement continu et résolu de l’armée russe en Ukraine et l’ouverture voulue par Poutine d’un front militaire occidental mettent sous tension le complexe militaro-industriel russe. Si les matériels et systèmes d’armes de conception russo-soviétique représentent encore 70 % de la dotation de l’armée indienne, les achats ont déjà été réduits ces dernières années (40 % des importations d’armes annuelles), au bénéfice des États-Unis, de la France et d’une constellation d’autres acteurs (dont Israël). Or les besoins immédiats de l’armée russe sont déjà à l’origine de retards dans les contrats et livraisons d’armes à l’Inde. Cela n’ira pas en s’arrangeant et il faudra que l’armée indienne se tourne plus encore vers ses partenaires occidentaux5.

Surtout, il doit être clair que Moscou, dans ses rapports avec l’Inde, prendra soin de ne pas contrarier les intérêts chinois. Il y a quelques années encore, l’idée russe était d’identifier des points d’équilibre sur le grand théâtre asiatique, de compartimenter les questions stratégiques et de ne pas tout sacrifier à la relation sino-russe — sans grand succès, il faut bien le dire. Au regard de l’importance de l’alliance avec la Chine populaire, sans laquelle le Kremlin pourrait difficilement financer et conduire sa guerre en Ukraine, il est et sera toujours plus difficile de préserver un semblant d’équilibre entre Pékin et New Delhi.

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Narendra Modi lors des négociations avec Poutine à Bichkek en juin 2019 // kremlin.ru

Dans un proche avenir, si les dirigeants russes n’étaient pas conscients de la chose, il faut penser que leurs homologues chinois n’hésiteraient pas à leur signifier la nécessité de réduire l’envergure du partenariat militaro-industriel indo-russe. Au vrai, cette situation géopolitique, au-delà des nécessités de l’heure, ne fait que révéler les préférences du Kremlin, telles qu’on pouvait les appréhender à travers les thèmes de l’eurasisme et les topoï du discours géopolitique russe. Consciemment et volontairement, Poutine, dans ce « Très Grand Jeu », a considéré qu’il fallait parier sur les effets de la montée en puissance de la Chine populaire et, consécutivement, il a subordonné la relation indo-russe à l’axe Pékin-Moscou. En somme, l’hostilité envers l’Occident et les vues territoriales de la Russie sur l’Europe priment sur le reste6.

Délices et poisons des échanges sino-russes

Pratiquant un cynisme éhonté, attitude sublimée en Occident par des intellectuels tiers-mondistes qui veulent croire que le « Sud global » réinvente le monde, les dirigeants indiens valorisent l’effet d’aubaine provoqué par les sanctions occidentales à l’encontre des exportations russes d’hydrocarbures. New Delhi n’a pas condamné l’agression russe contre l’Ukraine, refuse de sanctionner Moscou et encourage le développement du commerce indo-russe, encore marginal à la veille de l’ « opération spéciale » du 24 février 2022.

Pour l’essentiel, il s’agit de pétrole, les importations couvrant 85 % des besoins de l’Inde. Au début de l’année 2022, le pétrole russe ne représentait guère plus de 3 % des volumes importés ; désormais, ce sont les deux cinquièmes, l’Inde devenant le deuxième acheteur du pétrole russe, derrière la Chine populaire (la Russie assure la moitié du pétrole importé par la Chine). C’est ainsi que le pétrole russe destiné à l’Inde est passé devant celui de l’Arabie Saoudite, de l’Irak et des Émirats arabes unis.

Ce pétrole est transformé dans les raffineries indiennes, une partie étant même exportée vers les marchés occidentaux7. En l’état des choses, Washington et Bruxelles s’en accommodent, pourvu que le prix du baril de pétrole russe vendu à l’Inde ne dépasse pas les 60 dollars. Rappelons-ici la décision du G7, adoptée en décembre 2022, de fixer cette limite en menaçant de sanctions les armateurs, les assureurs et les compagnies qui assureraient le convoiement de pétrole russe acheté à un tarif supérieur. Si les acteurs russes du pétrole contournent en partie ce dispositif au moyen d’une flotte de « pétroliers fantômes », la mesure n’en a pas moins des effets avérés8.

Certains politiques indiens se réjouissent bruyamment du développement des importations de pétrole russe à prix cassés, comme s’ils jouaient à l’Occident un tour pendable. Pourtant, le déséquilibre commercial avec la Russie s’accroît, l’Inde demeurant un exportateur de troisième rang, surtout si l’on compare à la Chine, dont les produits manufacturés et les capitaux s’imposent sur le marché russe. D’autant plus que Moscou et New Delhi n’ont pu s’accorder sur un système de paiement bilatéral qui permettrait de commercer en roubles et en roupies9.

Certes, les exportateurs russes ont dans un premier temps accepté de se faire payer en roupies, accumulées sur des comptes ouverts dans des banques indiennes, mais ils ne savent aujourd’hui que faire de cette monnaie, les produits indiens ne représentant que 1 % des importations russes. Un ordre de grandeur résume la situation : les exportations russes vers l’Inde sont seize fois supérieures aux importations en provenance de ce même pays. Par ailleurs, la roupie est difficilement convertible sur les marchés de change (1 % de l’activité desdits marchés).

Aussi Moscou entend-il désormais se faire payer en yuans (le renminbi), cette monnaie lui permettant de régler les massives importations de Chine, dont des technologies duales, des machines-outils, des moteurs et d’autres biens encore, qui alimentent l’économie de guerre russe10. Outre les frais de conversion que cela impliquerait, l’usage du yuan dans les échanges indo-russes impliquerait le renforcement de la monnaie et du système financier du rival chinois ; un rival avec lequel l’Inde est en conflit sur les frontières himalayennes, en Asie du Sud et du Sud-Est, plus largement dans la région Indo-Pacifique.

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Affiche soviétique « Indiens et Russes – frères ! » de 1956.

Les apories du « multi-alignement »

La question des exportations pétrolières et de leur règlement montre d’une part que le jeu se complique pour la Russie, d’autre part que le « multi-alignement » de l’Inde, présenté par son ministre des Affaires étrangères comme une martingale, n’est pas aussi aisé qu’il y paraît. Si la « dédollarisation » est présentée comme un thème fédérateur des BRICS, cœur battant du « Sud global », elle n’est guère aisée à mettre en œuvre, ainsi que le sommet de Johannesburg (22-24 août 2023) l’a démontré. En fait, un tel processus profiterait d’abord et avant tout à la Chine populaire, ce que l’Inde refuse.

Confrontée à la formation d’une Eurasie sino-russe au nord de ses frontières, l’Inde prétend se poser en chef de ligne et porte-parole du « Sud global », une option stratégique censée compenser le déséquilibre avec la Chine populaire. C’est du moins ce qu’explique sa diplomatie, qui semble pécher par excès de confiance : Pékin, avec le concours de Moscou, domine les BRICS+, cœur battant du « Sud global11 », et ne laissera pas New Delhi prendre la direction de cet ensemble aux contours incertains mais dans lequel se définissent en partie les rapports de force du XXIe siècle.

Pour ce faire, Xi Jinping dispose d’avantages comparatifs très supérieurs à ceux que Narendra Modi peut mobiliser, nonobstant le thème de la Shining India. Le PIB global de la Chine populaire est cinq fois supérieur à celui de l’Inde et le revenu par tête dix fois. Ce dernier indicateur est particulièrement important car il donne idée du surplus qu’un pays peut consacrer à sa politique de puissance. Effectivement, le rythme et les ordres de grandeur de la modernisation militaire chinoise outrepassent les efforts indiens (réels) en ce domaine12.

En résumé, la Grande Asie est engagée dans une transition géopolitique qui pourrait consacrer la domination de la Chine populaire, secondée par une Russie eurasiatique sur laquelle l’Inde ne pourra pas compter. Du moins lorsqu’il s’agira de faire face aux menaces géopolitiques chinoises, sur terre, en mer et jusque dans le prétendu « pré carré » de l’Inde en Asie du Sud13. La très grande prudence de Narendra Modi face à l’agression chinoise dans l’Himalaya, malgré sa réputation d’ « homme fort », vaut d’ailleurs reconnaissance de cet état de fait.

Plutôt que de citer l’antique traité de stratégie de Kautilya ou de se référer à l’on ne sait quel recueil d’anciens stratagèmes, il faudra que les dirigeants indiens prennent acte des rapports de force réels, du « pivot chinois » de la Russie et de leurs implications sur le devenir de l’Asie. Le fait est que la politique de bon voisinage ( « Neighbourhood policy ») du premier ministre indien et le ralliement à l’OCS (Organisation de coopération de Shanghai), en 2017, n’ont pas empêché la Chine populaire d’étendre ses frontières aux dépens de l’Inde.

Les voisins de l’Inde ayant tous rejoint l’initiative chinoise des « nouvelles routes de la soie », et les pays du « Sud global » se révélant enclins à suivre la loi du plus fort, la latitude d’action de New Delhi est bien plus réduite que ne le laissent croire les forfanteries sur le « multi-alignement », la multipolarité et l’intérêt national14. D’autant plus qu’il faudra une génération pour prétendre combler le décalage de richesse et de puissance avec la Chine. Dans l’intervalle, à court et moyen terme, bien des événements pourraient se produire, le monde s’acheminant vers ce que Jacques Blamont nommait une « singularité » (voir son Introduction au siècle des menaces, Odile Jacob, 2004). Bref, il faut prévoir le pire.

En guise de conclusion

Il importe donc que les dirigeants indiens prennent la juste mesure des choses, qu’ils surmontent l’hubris rhétorique et le syndrome anticolonial du « Sud global », et ce pour opérer une métamorphose géopolitique, face à une Chine qui s’est ralliée la Russie. Il leur faudra accepter les conséquences de ce fait massif, qui donne corps au « cauchemar de MacKinder »: anticiper le relâchement des liens indo-russes, voire le découplage de New Delhi et Moscou. C’est en se tournant résolument vers l’Occident que l’Inde, potentiellement isolée dans une Grande Asie sino-centrée, pourra franchir des paliers significatifs, en matière de développement comme dans l’ordre de la puissance.

Alors que le monde s’achemine vers un schéma bipolaire, consubstantiel à un conflit de grande envergure, il faudra aller au-delà de la participation à des instances bilatérales ou multilatérales, telles que le Quad Indo-Pacifique. Aux dirigeants occidentaux pour leur part de renouer avec un certain classicisme, qui reconnaisse la spécificité de la politique extérieure, et tienne compte du poids propre et des particularités de l’Inde. Un tel État-civilisation — « L’inde plus vaste que le monde » dit un personnage de Borges —, ne sera pas un allié facile et complaisant, enclin à se laisser morigéner. C’est pourtant à une forme d’alliance qu’il faut travailler, quand bien même souffrirait-elle d’insuffisances.

Professeur agrégé d’histoire-géographie et chercheur à l’Institut Français de Géopolitique (Université Paris VIII). Auteur de plusieurs ouvrages, il travaille au sein de l’Institut Thomas More sur les enjeux géopolitiques et de défense en Europe. Ses domaines de recherche couvrent la zone Baltique-mer Noire, l’Eurasie post-soviétique et la Méditerranée.

Notes

  1. Cf. Jean-Sylvestre Mongrenier, « Les limites stratégiques et géopolitiques du partenariat entre New Delhi et Moscou », Desk Russie, 29 avril 2023
  2. Le concept de « Rimland » renvoie aux thèses classiques de Halford MacKinder et Nicholas Spykman sur la nécessité de contrecarrer l’unification géopolitique du « Heartland », le coeur de la « grande île » eurasiatique.
  3. Notons à ce propos que le premier ministre Narendra Modi et son parti, le BJP (le Bharatiya Janata Party, c’est-à-dire le « Parti indien du peuple »), sont les représentants d’un nationalisme hindou à caractère tellurique, qui nie le fait indo-européen car contraire à la thèse de l’autochtonie.
  4. Annexé par la Chine populaire, l’Aksai Chin est une partie du Ladakh historique, à la jointure du Sin-Kiang et du Tibet. Après la guerre de 1962 (2000 à 4000 morts), soldats chinois et indiens s’accrochent à plusieurs reprises, notamment en 1967 et 1975. En 2017, des heurts se produisent sur le plateau de Doklam (à l’ouest du Bhoutan). En 2020 et 2021, de nouveaux incidents ont lieu à deux reprises au Sikkim (un territoire indien situé entre le Népal et le Bouthan), puis sur le plateau du Ladakh, avec des répercussions dans les années qui suivent (voir les heurts de décembre 2022 dans l’Arunachal Pradesh, près du Bouthan). De part et d’autre de la « Ligne effective de contrôle », au Ladakh, des dizaines de milliers de soldats indiens et chinois sont désormais regroupés. L’objectif chinois serait de verrouiller complètement le Sin-Kiang (Xinjiang) et, plus généralement, de disposer en permanence d’une option guerrière au nord de l’Inde.
  5. Fondé sur la vente de sous-marins Scorpène et d’avions Rafale, le partenariat stratégique franco-indien est institué en 1998. À la coopération militaro-industrielle s’ajoutent des entraînements militaires communs et des accords logistiques dans l’océan Indien, le « Dialogue annuel de défense franco-indien » couronnant ce dispositif. Cf. « Focus sur le partenariat stratégique entre l’Inde et la France », Ministère des Armées, 12 octobre 2023.
  6. Pour leur part, les dirigeants chinois semblent se placer dans la perspective d’un conflit avec les États-Unis, auquel cas la « Russie-Eurasie » constituerait un indispensable allié qui leur assurerait un « grand arrière » géostratégique. D’ores et déjà, les étroits liens pétro-gaziers entre Pékin et Moscou ont profondément modifié la géographie de l’énergie et pourraient permettre à la Chine populaire de dépasser le « dilemme de Malacca », c’est-à-dire de diminuer fortement leur grande dépendance à l’égard des flux en provenance du Moyen-Orient, à travers les détroits indonésiens.
  7. Voir notamment les deux raffineries du conglomérat indien Reliance à Jamnagar, dans l’ouest de l’Inde (État de Gujarat), et celle du groupe indo-russe Nayara Energy, située dans la même partie de l’Inde. Ces raffineries importent du pétrole de l’Oural, dont la qualité diffère peu du pétrole irakien, ce qui a permis de limiter les modifications techniques requises. Soulignons le fait que ces raffineries sont géographiquement localisées dans l’État dont Narendra Modi devint en 2001 le « ministre en chef », jusqu’à ce que la victoire législative du BJP (le parti nationalisme hindou) le conduise en 2014 à la direction du gouvernement de l’Inde.
  8. Cf. Julien Bouissou, Francesca Fattori et Riccardo Pravettoni, « La flotte fantôme : enquête sur les nouvelles routes du pétrole russe », Le Monde, 6 août 2023
  9. Les systèmes de paiement Mir (Russie) et indien (UPI) sont interconnectés mais le Mir est principalement greffé sur le système de paiement CIPS (Chine populaire), ce qui indispose New Delhi.
  10. Cf. Julien Bouissou et Marie Jégo, « Les livraisons de pétrole russe à l’Inde entravées, alors que Moscou refuse d’être payé en roupies », Le Monde, 12 décembre 2023
  11. Précisons que la diplomatie russe emploie le syntagme de « Majorité globale », ce qui évite de s’interroger sur les contours spatiaux de ce concept, permet de ne pas préciser la position géopolitique de la Russie (pays du Nord ou du Sud ?) et, enfin, renvoie l’Occident à son statut de minorité démographique et civilisationnelle.
  12. Le budget militaire chinois est trois fois supérieur à celui de l’Inde.
  13. Outre le Pakistan, le Bangladesh, le Sri Lanka et la Birmanie sont parties prenantes des « nouvelles routes de la soie », ouvrent leurs ports à la flotte chinoise et dépendent des prêts et investissements de Pékin. Censément centrées sur l’Inde, les organisations régionales (Asie du Sud et golfe du Bengale) comptent des États-clients de Pékin.
  14. Cf. Jean-Sylvestre Mongrenier, « De la vanité du concept multipolaire », Desk Russie, 24 mars 2024

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