Des « spécialistes » russes au congrès des slavistes à la Sorbonne

Du 25 au 30 août 2025, la Sorbonne a accueilli le XVIIe Congrès international des slavistes. Ces congrès constituent l’événement le plus important et le plus prestigieux pour les chercheurs qui étudient les langues slaves à partir de sources allant des chroniques anciennes aux journaux contemporains. Ce congrès a généralement lieu tous les cinq ans et il aurait dû avoir lieu en 2023. Les slavisants ont reporté le congrès à 2025, à cause de la guerre d’agression russe contre l’Ukraine. Néanmoins, ils n’ont pas réussi à empêcher un certain nombre de « spécialistes » russes connus pour leur collaboration avec la machine répressive poutinienne d’y participer ou au moins d’y être annoncés.  

Pendant tout ce temps, les débats sur la tenue du congrès n’ont cessé. Ils étaient menés par les comités nationaux qui composent le Comité international des slavistes. Le comité ukrainien insistait sur la nécessité d’attendre la fin de la guerre. Cette position n’a pas trouvé de soutien auprès de la majorité des participants au vote de septembre 2024. Puis, en décembre, une lettre ouverte émouvante a été publiée depuis le front par des philologues et des historiens ukrainiens : « À l’heure où le soldat russe, armé de la vision du monde du “monde russe”, tue des Ukrainiens sur le sol ukrainien, le scientifique russe diffusera ces idées depuis la tribune du Congrès international des slavistes à la Sorbonne. »

L’appel à disqualifier tous les participants russes n’a pas non plus été accepté. Les scientifiques européens ont systématiquement refusé d’appliquer le principe de responsabilité collective aux Russes. Il a été souligné qu’en raison des sanctions, ceux-ci ne pouvaient de toute façon pas obtenir de visa français, et que même s’ils pouvaient venir, ce ne serait qu’à titre privé, car les universités françaises n’ont pas le droit de coopérer avec les universités russes. « En outre, il semble peu probable que des personnes soutenant la politique officielle de Poutine se rendent au Congrès international des slavistes », comme l’indique le procès-verbal d’une des réunions du comité international en 2023.

En fin de compte, le congrès n’a accueilli aucune délégation officielle, non seulement de la part du pays agresseur et de son allié, c’est-à-dire la Russie et le Bélarus, mais aussi de l’Ukraine. Les participants de tous ces pays sont venus ou ont pris la parole en ligne à titre individuel, bien que leurs candidatures aient apparemment été approuvées par les comités nationaux de ces pays. Il n’y a aucune information sur une quelconque sélection ou vérification de la réputation des participants russes et bélarusses au niveau international. Et en effet, parmi eux se trouvaient même des Z-scientifiques ! 

Les linguistes au service de l’appareil répressif

Lors de l’ouverture du congrès, Boris Akounine, l’un des écrivains russes contemporains les plus célèbres, qui vit en exil en France, a prononcé un discours. L’été dernier, dans son pays natal, il a été condamné par contumace à 14 ans de prison pour des accusations forgées de toutes pièces de « complicité avec le terrorisme », « apologie du terrorisme » et manquement aux obligations d’un soi-disant « agent étranger ». Akounine est pessimiste quant à l’avenir de la Russie. « On peut lutter contre un dictateur, mais lutter contre 87 % de ses compatriotes qui soutiennent ce dictateur est une entreprise vaine, me suis-je dit. Et j’ai quitté la Russie », a-t-il déclaré.

Il ne fait aucun doute que parmi ces 87 %, on trouve également des scientifiques. Les philologues ont désormais la possibilité de gagner un peu d’argent en rédigeant des expertises linguistiques pour les tribunaux dans de nombreuses affaires politiques : insulte à des représentants du pouvoir, réhabilitation du nazisme, apologie du terrorisme, incitation à la haine, extrémisme… Ces expertises sont réalisées en Russie dans le cadre d’une discipline distincte, la « linguistique juridique ». De nombreuses universités proposent des maîtrises dans cette spécialité, et les sujets de thèse sont proposés aux étudiants par les services concernés, notamment le département russe de la censure, Roskomnadzor.

Chaque année, des milliers de procédures pénales sont ouvertes en Russie pour des propos tenus, notamment des publications et des commentaires sur Internet. La principale preuve de l’infraction pour le tribunal est l’expertise réalisée par des linguistes, des spécialistes des religions ou des historiens. Ces expertises confirment systématiquement la version de l’enquête. L’une des rares personnes à avoir tenté de s’opposer au système et à avoir rédigé une expertise positive dans l’affaire de l’artiste de Saint-Pétersbourg Sacha Skotchilenko (qui a tout de même été condamnée à sept ans de prison pour avoir remplacé les étiquettes de prix dans un supermarché par des tracts anti-guerre), la philologue Irina Levinskaïa,  aujourd’hui décédée, a déclaré dans une interview accordée à Novaïa Gazeta : « Aujourd’hui, la justice en Russie est une machine qui détruit les gens. Et je pense que cette destruction repose sur les expertises et les experts. Ce qu’ils font est un crime grave. Ces experts sont des criminels qui devraient eux-mêmes être jugés. »

Une professeure de Saint-Pétersbourg, Lilia Douskaïeva, devait participer au congrès de Paris avec un exposé sur le thème « Innovations linguistiques dans le métalangage des chaînes Telegram ». Cela semble innocent, mais Douskaïeva fait justement partie de ceux qui se spécialisent dans les « crimes verbaux », pour lesquels la machine répressive emprisonne les gens. Voici, par exemple, un extrait de son article intitulé « Analyse discursive des textes à tendance nationaliste dans la pratique de l’expertise linguistique ». On peut y trouver un exemple de son expertise dans une affaire d’extrémisme :

« Sur le fond et sur la forme, tous les textes analysés visent à faire de la propagande, ce qui contribue à former et à renforcer une image négative des Russes dans l’esprit du grand public. Cette intention transparaît déjà dans les titres sarcastiques et injurieux. L’intention communicative de l’auteur du discours est de transmettre un sentiment de mépris envers la Russie et les Russes. La reconstruction des intentions des sept textes proposés sur le forum montre qu’ils se distinguent tous par une forme expressive et extrêmement agressive d’expression de l’hostilité envers les Russes et la Russie : les Russes sont accusés de vantardise, de tendance à exagérer les mérites de leur pays, de bravade et de patriotisme hostiles à tous leurs voisins, d’actions hostiles envers les peuples de tous les pays voisins ; tous les malheurs actuels des peuples des pays voisins s’expliquent par l’agressivité des Russes dans le passé, le présent et l’avenir. Au cours d’une analyse approfondie, nous arrivons à la conclusion que les textes sont conflictuels, car ils expriment non seulement de l’hostilité, mais ont également une connotation nationaliste extrémiste. »

Après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, la professeure Douskaïeva s’est penchée sur le thème de la « guerre de l’information ». En avril 2023, elle a pris la parole lors d’une conférence sur le journalisme de guerre à Louhansk, occupée par la Russie. Dans son exposé intitulé « L’objection scientifique comme argument dans la guerre de l’information », Douskaïeva a raconté comment des scientifiques russes ont dévoilé le « plan criminel » de l’«ennemi militaire » de la Russie, la Grande-Bretagne, et ont repoussé son « attaque informationnelle ».

Lilia Douskaïeva admire les héros de la « guerre de l’information » : les propagandistes militaires russes. Voici ce qu’elle déclare dans une interview accordée au projet « 300 ans de l’université de Saint-Pétersbourg. Les mentors » :

« Je suis très impressionnée par certains journalistes militaires aujourd’hui. C’est ainsi, le temps dicte ses priorités. Il y a encore trois ans, personne ne parlait sincèrement de l’amour de son pays, du respect de son peuple, de sa terre. »

Au programme du congrès, Douskaïeva figure comme la responsable de la section « Les langues slaves dans le dialogue des réseaux sociaux : traditions et innovations linguistiques ». Et ce n’est pas un hasard, car entre les congrès, elle occupe le poste de responsable de la commission slave de linguistique des médias.

Douskaïeva n’a pas pu intervenir au congrès de la Sorbonne. Ce n’est cependant pas parce que les organisateurs ont décidé d’annuler sa venue, mais pour des raisons techniques. « Je ne suis pas venue au congrès parce que les organisateurs n’ont pas pu m’envoyer l’invitation nécessaire pour obtenir un visa et une bourse. Il m’était impossible de venir à mes frais (pour payer le voyage à Paris, l’hébergement, les repas) ! » nous a expliqué la professeure.

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Lilia Douskaïeva avec les participants à la conférence sur la médialinguistique // linguistics-media.ru

D’après le programme final du congrès, la collègue de Douskaïeva au département, Ekaterina Chtcheglova, y était également attendue pour présenter un exposé au titre alambiqué : « La créativité linguistique dans le paratexte des fils d’actualité des chaînes Telegram ». Douskaïeva et Chtcheglova sont généralement friandes de créativité. Ainsi, en 2020, elles ont co-publié dans la revue Medialingvistika (dont la rédactrice en chef n’est autre que Douskaïeva) un article sur une blague dont a été victime la députée américaine Maxine Waters. Les médias russes pro-gouvernementaux ont beaucoup écrit sur cette blague. Comme l’expliquent les chercheuses, « la source du comique réside dans le contraste entre la suffisance des représentants de l’establishment politique américain, telle qu’elle est présentée dans les médias russes, et leur ignorance ». Et plus loin : « Les médias politiques russes contemporains se caractérisent par une orientation satirique contre un ennemi extérieur. Pour la Russie, ce sont les initiateurs de la politique de sanctions, les auteurs d’accusations absurdes contre notre pays. »

La commission du Comité international des slavistes présidée par Douskaïeva peut être qualifiée de commission sur la Z-linguistique des médias. Lioubov Ivanova, élève et collaboratrice de Douskaïeva, en est par exemple membre. Les membres de ces commissions ne sont pas réélus, et les scientifiques qui y sont admis peuvent en théorie y rester à vie. Bien qu’Ivanova ne se soit pas inscrite pour participer à ce congrès, voici quelques mots à son sujet.

Sous la direction de Douskaïeva, Ivanova a soutenu une thèse intitulée « Représentation verbale de la dialogicité intertextuelle dans le discours médiatique des relations internationales ». En langage humain, cela signifie que l’Occident écrit mal sur la Russie.

Pour une raison quelconque, la philologue Ivanova considère que sa mission consiste à résoudre les problèmes géopolitiques de la Russie et de l’Europe, comme elle l’écrit clairement dans sa thèse :

« Les données obtenues au cours de la recherche peuvent servir de base à des travaux visant à harmoniser le discours médiatique sur les relations internationales, à établir un dialogue avec les principales puissances européennes dans le contexte actuel, où l’agenda international est saturé d’éléments conflictuels et prend un ton conflictuel. »

Selon Ivanova, c’est la Russie qui mène déjà un dialogue pacifique, à la différence de l’Occident :

« La représentation linguistique de l’illocution des positions sémantiques de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne dans leurs interactions avec la Russie révèle la prédominance de la condamnation et de l’accusation, caractéristiques d’une communication conflictuelle. Les médias russes ont une autre sémantique des valeurs illocutives, avant tout un appel au dialogue. »

Des historiens inspirés par les principes de Douguine

Le chercheur et historien Alexandre Kostrov, spécialisé dans la branche spécifiquement russe du christianisme, celle des vieux-croyants, a été censé participer au congrès via Zoom, ce qui a permis de résoudre le problème du visa et des frais de déplacement. Il n’est pas non plus un participant ordinaire, mais un membre de la commission permanente d’étude des vieux-croyants. Ses collègues de la commission présents à la Sorbonne ont refusé de nous dire si Kostrov avait pu effectivement présenter sa communication.

Kostrov mène ses travaux scientifiques dans la ville sibérienne d’Irkoutsk. Le site officiel de l’université d’État d’Irkoutsk indique que Kostrov est non seulement membre du Comité international des slavistes, mais aussi qu’il préside le Conseil pour la conduite d’expertises religieuses publiques auprès de l’administration régionale du ministère russe de la Justice, est expert auprès de la Commission pour les relationsnationales et la liberté de conscience de la Chambre publique de la région d’Irkoutsk, expert auprès de l’Agence fédérale pour les affaires nationales, et fait également partie du conseil public régional auprès du ministère de l’Intérieur. Il ne faut pas se laisser tromper par le mot « public » dans les noms de ces structures, leur véritable mission étant de servir la machine répressive. Souvent, sous le couvert de la « société civile », on trouve les anciens membres des forces de l’ordre.

Le Conseil pour la réalisation d’expertises religieuses d’État est particulièrement intéressant dans cette liste. Oui, les spécialistes des religions gagnent eux aussi leur vie grâce à la répression. Concrètement, dans la région d’Irkoutsk, par exemple, grâce à la persécution des Témoins de Jéhovah. Cette confession religieuse n’est pas seulement privée d’enregistrement dans la Russie de Poutine, elle est également interdite en tant qu’extrémiste. Les Témoins de Jéhovah sont emprisonnés simplement pour avoir lu la Bible avec leurs coreligionnaires. Selon les données du Centre de défense des droits de l’Homme Memorial, 623 Témoins de Jéhovah russes ont fait l’objet de poursuites pénales. Voici l’un des rapports publics des forces de l’ordre d’Irkoutsk datant de 2022 :

« En octobre de cette année, les enquêteurs du Comité d’enquête, avec la participation des agents du FSB russe dans la région d’Irkoutsk, du Centre de lutte contre le terrorisme du ministère russe de l’Intérieur dans la région d’Irkoutsk, des combattants des forces spéciales “Grom” et de la Garde nationale russe, ont arrêté les personnes impliquées dans des activités criminelles. Sur la base d’une requête des autorités chargées de l’enquête préliminaire, le tribunal a décidé de placer huit membres de cette organisation en détention provisoire et un autre accusé en résidence surveillée. Une procédure pénale distincte a été ouverte à l’encontre d’un autre accusé, qui a été placé en recherche fédérale. Le dossier pénal comptait 41 volumes. Au cours de l’enquête, plus de 20 expertises judiciaires différentes ont été réalisées, notamment dans les domaines de la religion, de la linguistique et de l’informatique… »

Il est question ici de l’arrestation de croyants tout aussi inoffensifs, que l’on peut rencontrer dans n’importe quelle ville européenne à distribuer des magazines La Tour de Garde, mais que l’on ne peut justement pas rencontrer à Irkoutsk, car ces magazines sont considérés comme des « documents extrémistes ». Des expertises religieuses supplémentaires ont été nécessaires. D’ailleurs, les neuf Témoins de Jéhovah arrêtés en 2022 ont tous été condamnés à des peines de trois à sept ans de prison.

Il n’y a pas d’informations accessibles au public indiquant si les expertises signées par Kostrov lui-même ont été présentées aux tribunaux. Les noms des experts, linguistes et spécialistes en religion ne sont généralement pas divulgués, afin de ne pas nuire à la réputation des scientifiques.

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Alexandre Kostrov // Musée d’histoire locale d’Irkoutsk, capture d’écran

Tout comme les linguistes qui expertisent les médias, Kostrov pense à l’échelle mondiale. Il a même écrit pour ses étudiants un manuel intitulé « Géopolitique ». Ce manuel est dédié aux «officiers russes, leurs épouses et leurs enfants ». Kostrov y parle de l’opposition entre deux grandes nations-civilisations, la Russie et les États-Unis, et de la revanche à venir. L’un des « classiques de la géopolitique » dont Kostrov a compilé les travaux est le célèbre idéologue fasciste russe contemporain Alexandre Douguine. Kostrov recommande vivement sa lecture dans les listes de bibliographie à la fin de chaque chapitre. Un tel « manuel » pourrait être réédité en Corée du Nord, pays pas si éloigné d’Irkoutsk :

« Chaque Russe doit défendre et mettre en œuvre les intérêts nationaux dans le cadre de sa vie quotidienne et de son activité professionnelle. »

« Le totalitarisme se développe comme un instrument efficace de modernisation et de défense des intérêts nationaux dans le contexte mondial ».

« Si les “valeurs européennes” reposent principalement sur les intérêts européens, les “valeurs universelles” dans leur version radicalement libérale reposent sur les intérêts américains, à savoir les intérêts de l’oligarchie internationale américaine (qui contrôle la plupart des sociétés transnationales) et de la société américaine en tant que base sociale. L’imposition d’une “culture universelle”, de “valeurs universelles” et d’“intérêts universels” s’effectue à travers différentes stratégies culturelles, sociales, économiques et politiques. »

L’exemple d’un autre historien participant au congrès, le professeur Alexandre Strokanov, montre que le problème ne réside pas dans la citoyenneté russe. En effet, il vit aux États-Unis et donne à ses étudiants des cours tels que « Mystery of Russian Soul and Culture » (Le mystère de l’âme et de la culture russes). Il enseigne le russe selon une méthode originale :

« Dans ma propre pratique pédagogique, je suis toujours parti du principe que ma tâche n’était pas simplement d’enseigner la langue russe, mais d’éduquer à la langue, à la culture et à l’histoire de la Russie. Et ici, on ne peut tout simplement pas faire l’impasse sur la politique. Aujourd’hui, dans un contexte de russophobie effrénée dans de nombreux pays occidentaux, dire la vérité sur la Russie relève véritablement de la politique. »

En 2020, le professeur a remporté le quiz en ligne « La Crimée dans l’histoire du monde russe ». En 2022, il a été très affecté par la fermeture de la chaîne de propagande Russia Today aux États-Unis :

« Ils peuvent me tuer, me piétiner, me priver de mon travail et de tout, voire m’envoyer dans un camp de concentration ! Mais ils ne pourront jamais m’empêcher d’être russe ! »

Contrairement aux Témoins de Jéhovah d’Irkoutsk, Strokanov a miraculeusement échappé à l’emprisonnement qui, selon lui, le menaçait. En 2023, le professeur Strokanov a présenté un exposé lors d’une conférence à Saint-Pétersbourg sur « les outils médiatiques et les stratégies du régime de Kiev pour introduire les concepts de russophobie dans la communication quotidienne et les pratiques courantes ». Pour la Sorbonne, comme les autres, il a choisi un exposé avec une formulation moins politisée : « Le dialogue des farceurs dans l’évaluation des participants à la communication en ligne ».

Le prochain congrès aura lieu en 2029 à Prague, mais avec des participants tels que Douskaïeva, Chtcheglova, Kostrov ou Strokanov, on pourrait tout aussi bien le programmer à Louhansk et nommer Alexandre Douguine à présider l’événement.

nourieva bio

Daiva Nourieva (Kučinskaitė) est une journaliste et blogueuse. Née à Minsk, elle a grandi à Kyïv, puis a vécu en Russie, où elle a travaillé avec son mari comme enseignante dans une école locale en Carélie, avant que le couple ne soit persécuté par le FSB.

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