Victoire de Pachinian : la Russie confrontée à Bakou et Erevan simultanément

Le politologue franco-géorgien décortique ici les orientations et le style de Nikol Pachinian – son ouverture envers son peuple, sa détermination de conduire l’Arménie vers un destin européen, sa capacité de combattre certains mythes nationaux au nom d’une approche plus pragmatique –, qui lui ont permis de gagner une élection que Moscou lui disputait ouvertement.

Avant ma dernière visite à Erevan, alors que la campagne électorale battait son plein, un vieil ami arménien m’avait prévenu : « Chaque chauffeur de taxi arménien est à la fois analyste géopolitique, stratège militaire, économiste et chef de file de l’opposition. » Pourtant, même cela ne m’avait pas préparé à la réaction du tout premier chauffeur qui est venu me chercher à l’aéroport de Zvartnots pour me conduire au centre-ville. Lorsque je lui ai demandé comment se déroulait la campagne, il m’a répondu : « Tu sais, toute mère arménienne a deux craintes : la guerre, et que Nikol Pachinian se mette à nouveau en direct sur Facebook. »

C’était sans doute la meilleure introduction possible au style singulier de la campagne de Pachinian. Huit ans après son arrivée au pouvoir à la suite de la « révolution de velours » de 2018, il mène toujours sa campagne moins comme un dirigeant post-soviétique conventionnel que comme un militant de l’opposition en perpétuel mouvement, bien qu’il soit désormais entouré de plus de gardes du corps qu’à l’époque. Il parcourt inlassablement le pays, organisant d’interminables réunions avec les électeurs dans les villes et les villages, discutant avec les gens sur les marchés et dans les cafés, diffusant sans cesse en direct depuis un bus tout en dégustant des spécialités locales avec son entourage, souvent accompagné de son proche allié Alen Simonian, le président du Parlement, avec lequel il a même fondé un groupe de rock appelé Vartchaband (c’est un jeu de mots, Vartchapert signifiant « Premier ministre » en arménien).

Pachinian semble sincèrement croire que la politique exige toujours cette proximité physique avec les citoyens ordinaires, celle qui l’a porté au pouvoir en 2018, lorsqu’il a traversé l’Arménie à pied, sac au dos, encouragé par un mouvement de protestation. Il s’adresse pratiquement à tout le monde. Bon nombre de ces rencontres ne sont manifestement pas mises en scène : les gens l’interrompent, le contredisent, l’insultent, lui crient parfois dessus, et il leur répond souvent sur le même ton. Les échanges peuvent devenir vifs, chaotiques, voire théâtraux. Son épouse le quitte en pleine campagne électorale, puis revient. Tout ce spectacle peut paraître épuisant, dramatique, désordonné, mais aussi étrangement authentique.

C’est ce qui fait de Pachinian une figure si atypique dans l’espace post-soviétique, en particulier au sein d’une société caucasienne conservatrice. Rares sont les dirigeants ayant gouverné pendant huit ans qui continuent à s’exposer aussi directement, aussi constamment et de manière aussi imprévisible face aux citoyens ordinaires. Rares sont les dirigeants qui osent s’attaquer simultanément à tant de piliers sacrés de leur société, à des institutions et des récits occupant une place si prépondérante dans le panthéon de l’identité nationale, tels que l’Église apostolique arménienne, la mythologie tragico-héroïque de l’histoire arménienne et la croyance profondément enracinée selon laquelle la Russie est le garant ultime de la sécurité de l’Arménie.

J’ai connu personnellement le troisième président de la Géorgie, Mikheil Saakashvili, un homme qui ne manque certainement pas d’audace, de charisme, de courage politique ni de sophistication intellectuelle, formé dans certaines des universités occidentales les plus prestigieuses au monde. Or même lui n’est jamais allé aussi loin pour remettre ouvertement en cause les mythes fondateurs et les piliers émotionnels de l’idéologie nationale. Et ce, malgré le fait que Saakachvili ait transformé l’appareil d’État de manière bien plus radicale et combattu la corruption avec une intensité qu’aucun dirigeant post-soviétique n’a jamais égalée.

On peut détester Pachinian avec véhémence, être en désaccord avec ses politiques ou le tenir pour responsable des traumatismes nationaux. Mais il est difficile de prétendre qu’il n’essaie pas d’impliquer tout le monde, ou qu’il ne croit pas sincèrement en ce qu’il dit.

Une alternative géopolitique pour la première fois

Les élections législatives de juin 2026, largement remportées par le parti de Pachinian, se sont déroulées dans une Arménie profondément transformée par sa défaite lors de la guerre de 2020 et la perte définitive du Haut-Karabakh en 2023. Ces événements ont ébranlé des certitudes de longue date et redessiné le paysage politique et émotionnel du pays.

La question centrale des élections arméniennes portait sur la destinée stratégique du pays, ce qui s’apparentait presque à un choix culturel et civilisationnel. L’Arménie devait-elle poursuivre son ouverture fragile vers l’Occident, s’engager sur la voie de la normalisation avec la Turquie et rechercher la paix avec l’Azerbaïdjan ? Ou devait-elle se replier une nouvelle fois dans la logique de sécurité familière centrée sur la Russie ?

La première voie est liée à une vision ambitieuse, mais aussi controversée, promue par Pachinian sous le slogan de la « Vraie Arménie », un projet qui équivaut à un véritable changement de paradigme dans la pensée politique arménienne. Mais les opposants au Premier ministre affirment souvent que s’ils luttent contre Pachinian, ce dernier se bat contre la réalité. Ils visent sans aucun doute sa tentative ambitieuse de redéfinir l’ensemble de l’imaginaire national arménien. C’est une vision qui repose sur la modernisation, l’occidentalisation et une rupture délibérée avec ce qu’il considère comme les illusions romantiques du passé.

Il soutient que l’Arménie doit enfin se réconcilier avec le territoire qu’elle contrôle effectivement, soit environ 30 000 kilomètres carrés, plutôt que de rester prisonnière des fantasmes émotionnels et géopolitiques d’une « Grande Arménie », qui, selon lui, a historiquement renforcé la dépendance du pays vis-à-vis de la Russie et l’a isolé des principales voies de transit régionales et des transformations économiques. L’opposition qualifie cela de « folie » ou de « trahison », selon les points de vue.

Depuis son indépendance, qui a coïncidé avec une guerre contre l’Azerbaïdjan voisin, l’Arménie n’a jamais véritablement eu le choix sur le plan géopolitique. Vivre dans l’ombre de la Russie n’était pas un choix, mais la seule option viable. Cependant, pour la première fois dans l’histoire moderne de l’Arménie, une alternative semble désormais envisageable, et la population a été appelée à faire un véritable choix stratégique sur l’avenir du pays.

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Meeting du parti Arménie forte de Samuel Karapetyan le 3 juin 2026 // Arménie forte, capture d’écran

Une stratégie au-delà de la vision : comment les idéalistes apprennent à gagner

Paradoxalement, Pachinian a été davantage contesté en Arménie qu’à l’étranger. Pourtant, même là-bas, il semblait bien plus confiant qu’en 2021, avant les dernières élections législatives, au lendemain d’une défaite militaire traumatisante et de tentatives infructueuses de le chasser du pouvoir. On pourrait imaginer que cette résilience provient principalement de sa promesse ambitieuse de transformer radicalement l’Arménie : la moderniser, l’européaniser, la rendre plus ouverte, plus civique plutôt qu’ethniquement nationaliste, plus tournée vers l’avenir et moins prisonnière du deuil et de la mythologie des catastrophes passées. Mais les idéaux seuls ne suffisent manifestement pas.

Nous vivons dans un monde où des oligarques sans scrupules, des prédateurs corrompus issus des ruines de l’Union soviétique, des serviteurs impériaux de Poutine et de puissantes machines de propagande dominent une grande partie de la vie politique. Dans un tel monde, les politiciens les plus cyniques s’enveloppent constamment de mots sacrés tels que « patrie », « foi », « famille » et « tradition », tout en les vidant de tout sens. Dans cette partie du monde, les élections se remportent rarement grâce à des idées brillantes ou à de nobles valeurs.

C’est peut-être désagréable à admettre, mais les ressources administratives, la promesse de paix et l’espoir d’une stabilité matérielle restent des armes électorales puissantes en Arménie. Et Pachinian le comprend parfaitement. La réalité est que les programmes politiques, voire les visions politiques, ne suffisent pas à endiguer le virus de la désinformation et les diverses techniques sophistiquées d’ingérence électorale soutenues par la Russie. Et, comme pour les vrais virus et les épidémies, la réponse la plus efficace repose souvent sur des mesures administratives. Il est difficile d’imaginer ce qui se serait passé en Moldavie en 2024 si Maia Sandu et le Parti de l’action et de la solidarité (PAS) n’avaient pas été au pouvoir et n’avaient pas contrôlé les leviers de l’État. On observe l’inverse en Géorgie, sous contrôle russe. Le défi consiste toutefois à résister à la tentation de restreindre les libertés publiques dans cette lutte, et c’est là une ligne très difficile à tenir, face aux exigences des Européens.

Le parti de Pachinian, Contrat civil, s’est présenté aux élections de juin fort de son contrôle encore effectif de l’appareil d’État, mais aussi avec l’angoisse d’un gouvernement qui sent parfois le sol se dérober sous ses pieds, comme cela semble être le cas dans le centre d’Erevan. Le jour du scrutin, comme dans tant d’anciennes républiques soviétiques, la politique n’est pas seulement façonnée par les idées ou les discours, mais aussi par la manière dont le pouvoir utilise les ressources de l’État. En Arménie, ce vieux mécanisme reste bien vivant. Il est sans doute moins étouffant qu’en Russie, au Bélarus ou en Azerbaïdjan, et moins absolu qu’en Géorgie lors des élections de 2024, mais il reste néanmoins plus visible qu’en Moldavie ou en Ukraine d’avant-guerre.

Pachinian gouverne autant par le béton que par la rhétorique. À l’approche des élections, les routes ont été construites plus rapidement, les hôpitaux rénovés et les gazoducs ont été prolongés jusqu’au cœur de villages oubliés. Les prestations sociales ont également augmenté, touchant une part toujours plus importante de la population. Au cours de son second mandat, les dépenses sociales ont augmenté, passant de 7 à 9 % du PIB, tandis que le nombre de bénéficiaires a considérablement augmenté.

Cette présence de l’État se fait le plus fortement ressentir loin d’Erevan, dans les villes et villages de province les plus pauvres, où chaque route nouvellement asphaltée, chaque raccordement au gaz, chaque prestation sociale supplémentaire revêt une signification profondément politique. Là-bas, le pouvoir n’apparaît pas comme une abstraction idéologique. Il se manifeste sous la forme d’un chantier, d’un salaire, d’une allocation mensuelle ou d’un médecin enfin disponible.

Pourtant, ce serait une grave erreur de croire que la position dominante de Contrat civil repose uniquement sur les ressources administratives et la loyauté de l’appareil d’État. Au cœur du projet politique de Nikol Pachinian se trouve un autre argument remarquablement puissant : la paix en Arménie n’est plus une abstraction, mais quelque chose que les gens ordinaires peuvent physiquement ressentir dans leur vie quotidienne. Depuis deux ans, pas un seul coup de feu n’a été tiré du côté azerbaïdjanais de la frontière, conférant au silence une immense valeur politique dans une société marquée par des décennies de guerre. Pachinian a ainsi réussi à se présenter comme le « candidat de la paix », tout en affirmant que la normalisation des relations avec la Turquie et l’Azerbaïdjan, la diversification des relations au-delà de la Russie, ainsi que des projets tels que « Crossroads for Peace » peuvent transformer l’Arménie en un État plus connecté, moderne et économiquement dynamique, plutôt qu’en un État perpétuellement isolé et dépendant.

L’Occident engagé et les « amis-ennemis » alliés

Comme indiqué plus haut, le soutien, ou simplement l’attitude bienveillante, de la plupart des partenaires internationaux a joué en faveur de Contrat civil.

Les États-Unis, notamment à travers le soutien symbolique exprimé lors de la visite du vice-président J. D. Vance, et plus encore l’Union européenne, ont tous deux investi dans le renforcement de la résilience de l’Arménie face à la pression russe et dans le soutien de son orientation progressive vers l’Europe.

À Erevan, ce soutien ne se perçoit pas seulement à travers les communiqués diplomatiques, mais aussi à travers le sentiment croissant que l’Arménie n’est plus tout à fait seule. Le lancement de négociations sur la libéralisation des visas avec l’UE, les programmes d’aide européens, notamment la mise en place d’un groupe de travail soutenu par l’UE pour lutter contre la désinformation et les ingérences étrangères malveillantes dans le processus électoral, renforcent l’image d’un pays lentement entraîné dans une orbite géopolitique différente.

La décision d’organiser à la fois le sommet de la Communauté politique européenne et le sommet UE-Arménie à Erevan en mai 2026 revêtait une importance bien au-delà du protocole diplomatique. Pour l’Arménie, il s’agissait de bien plus qu’une série de réunions de haut niveau ; c’était un repositionnement symbolique du pays sur la carte politique de l’Europe. Quelques années à peine auparavant, l’idée que des dizaines de dirigeants européens se réunissent à Erevan pour discuter de l’avenir du continent aurait semblé improbable, voire surréaliste.

Pour Pachinian, ces sommets ont constitué une puissante validation de la ligne stratégique qu’il poursuit depuis l’effondrement de l’ancien ordre sécuritaire dans le Caucase du Sud. Les images de présidents et de Premiers ministres européens arpentant Erevan, évoquant le partenariat, la connectivité, la résilience, la libéralisation des visas, les investissements et les réformes démocratiques, ont apporté à la politique arménienne ce dont elle a rarement bénéficié depuis l’indépendance : le sentiment que le pays n’était plus seul. Ce symbole revêtait une importance considérable. Dans la culture politique post-soviétique, la légitimité nationale est inséparable de la reconnaissance internationale.

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Emmanuel Macron et Nikol Pachinian saluent le public lors du concert « Pont musical : Arménie–France » à Gyumri, le 5 mai 2026 // Site du gouvernement arménien

Tout aussi important, ces rencontres se sont accompagnées de promesses concrètes et de gestes politiques visibles – discussions sur la libéralisation des visas avec l’Union européenne, programmes de soutien financier, projets d’infrastructures et de connectivité, aide face aux menaces hybrides –, ainsi que d’engagements plus larges en faveur de la résilience économique et de la modernisation institutionnelle de l’Arménie. Une déclaration commune sur le partenariat stratégique a été signée avec la France. Dans une société épuisée par la guerre, l’insécurité et des décennies de dépendance, ces promesses d’ouverture et de développement ont un poids électoral immense.

Pour de nombreux Arméniens ordinaires, l’Europe n’est pas avant tout une abstraction idéologique. Elle incarne la mobilité, la stabilité, des institutions qui fonctionnent, des opportunités éducatives pour leurs enfants, une protection contre un nouvel isolement et l’espoir d’un avenir plus prévisible. Le fait que l’Arménie ait accueilli un sommet européen majeur a donc renforcé l’un des principaux arguments politiques de Pachinian : que sa stratégie de normalisation, de diversification et d’intégration progressive avec l’Occident est un processus réel et tangible déjà en cours.

De manière plus indirecte, la Turquie et l’Azerbaïdjan renforcent eux aussi, paradoxalement, la position de Nikol Pachinian. L’attitude prudemment bienveillante d’Ankara et de Bakou à l’approche des élections arméniennes de 2026 reflétait une préférence régionale plus large pour la stabilité et la prévisibilité. Des rumeurs continuent de circuler concernant une ouverture partielle de la frontière turco-arménienne et la normalisation progressive des relations commerciales. Pour la première fois depuis des décennies, les exportations turques peuvent officiellement entrer directement en Arménie plutôt que via la Géorgie, ce qui réduit les coûts et facilite les liens économiques. Nombreux sont ceux, tant à Erevan qu’à Ankara, qui estiment que la Turquie progresserait beaucoup plus rapidement vers la normalisation sans la prudence de l’Azerbaïdjan, Bakou craignant de perdre son influence dans de futures négociations de paix.

Le potentiel de la normalisation turco-arménienne, qu’il soit économique, politique, voire stratégique, est largement considéré comme considérable. De nombreux Arméniens perçoivent bien moins d’obstacles psychologiques à la normalisation des relations avec les Turcs qu’avec les Azerbaïdjanais, chez qui le traumatisme de la guerre reste encore vif. Même si un traité de paix avec l’Azerbaïdjan voyait finalement le jour, il resterait probablement une paix prudente entre les gouvernements, bien avant de se transformer en réconciliation entre les sociétés. Néanmoins, après plus de trois décennies de conflit, l’Arménie et l’Azerbaïdjan sont entrés dans une phase sans précédent de dialogue direct axé sur les transports, les voies de transit et la connectivité régionale, considérant la Russie moins comme un garant de la stabilité que comme une source d’instabilité en soi.

Cette convergence est visible tant sur le plan symbolique que concret. Le fait que deux puissants oligarques liés à Moscou, des personnalités que le Kremlin espérait autrefois utiliser comme instruments principaux de son influence régionale, se soient retrouvés emprisonnés presque simultanément, l’un en Arménie (Samuel Karapetyan) et l’autre en Azerbaïdjan (Ruben Vardanian, ancien ministre d’État du Haut-Karabakh), revêt une profonde signification politique. Dans les deux cas, le message est clair : l’ingérence russe dans les affaires intérieures et régionales n’est plus la bienvenue.

Pour la première fois depuis l’effondrement de l’Union soviétique, la Russie se retrouve désormais en confrontation simultanée avec Bakou et Erevan, à travers les tensions liées à l’incident de l’avion d’AZAL, les pressions exercées sur la diaspora azerbaïdjanaise et les tentatives de déstabilisation du gouvernement de Nikol Pachinian. Au lieu de préserver son influence dans le Caucase du Sud, Moscou s’aliène de plus en plus les deux capitales. La volonté affichée par l’Azerbaïdjan de fournir du gaz à l’Arménie malgré la pression économique exercée par la Russie a été particulièrement frappante. L’Azerbaïdjan a également commencé à servir de corridor de transit pour les marchandises arméniennes en provenance d’Asie centrale, une évolution presque inimaginable il y a encore quelques années.

Traduit de l’anglais par Desk Russie

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Thorniké Gordadze est un universitaire et chercheur franco-géorgien. De 2010 à 2012, il a été ministre d’État pour l’intégration européenne et euro-atlantique de la République de Géorgie.

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