Avenir radieux et dérapages dangereux

Pierre Rigoulot relate un épisode qui s’est déroulé le 23 août 2025 : une tentative faite par Ian Brossat, sénateur communiste, d’empêcher l’inauguration d’une stèle, à Saint-Raphaël, en mémoire des victimes du communisme. Les vieux démons, explique l’historien, n’ont jamais été totalement vaincus en France. Depuis un demi-siècle, certaines mouvances de gauche et d’extrême gauche peinent à reconnaître le caractère criminel de la doctrine et du régime communistes. Les communistes entretiennent un étrange rapport avec la réalité et avec la vérité. 

Comment un système politique qui a donné mille exemples de sa nocivité peut-il continuer à trouver des défenseurs ? C’est la question que l’on peut se poser après avoir pris connaissance des hauts cris poussés par Ian Brossat, sénateur communiste, devant l’initiative du maire républicain de Saint-Raphaël, Frédéric Masquelier, d’inaugurer le jour anniversaire de la signature du pacte germano-soviétique, un monument à la mémoire des victimes du communisme. Ce maire avait pourtant pris ses précautions, reconnaissant aux militants communistes, dans un discours tout en nuances, les lettres de noblesse qu’on leur reconnaît habituellement, comme leur participation active à la Résistance ou à diverses luttes sociales qui ont marqué le XXe siècle français.                              

Qu’importe ! Avec quelques « camarades » de gauche (Ligue des droits de l’homme, PS, LFI accompagnant le PCF), notre sénateur organisa une manifestation de protestation pendant la cérémonie d’inauguration du monument. Sans doute pouvait-on se rassurer en notant qu’une cinquantaine de participants à ladite manifestation ramenait le poids de cette protestation à des proportions plutôt marginales mais, en lui offrant une tribune, Le Monde – il y a peu encore quotidien de référence en France – a doté les accusations dudit sénateur communiste d’une légitimité et d’une respectabilité indues. Aussi, ravie sans doute de permettre à Ian Brossat de reprendre des accusations déjà proférées la veille sur le site de L’Humanité, l’envoyée spéciale du Monde Sofia Fischer lui permit de lancer les pires accusations : en rapprochant l’idéologie du nazisme de celle du communisme, le maire de Saint-Raphaël confondrait une idéologie essentiellement criminelle avec une autre, accidentellement criminelle. Et en les rapprochant, il cherchait à banaliser le nazisme pour faciliter la politique actuelle de la droite, à la recherche d’une alliance avec l’extrême droite.                                                        

Cette plaidoirie pour le communisme adossée à des réserves envers les crimes de Staline est connue, et même archi-connue. Ainsi Robert Hue, l’ancien secrétaire-général du PCF, l’avait faite sienne en opposant en 1997 la « monstruosité » du stalinisme à un communisme jugé humaniste. Les réserves, les critiques et même les accusations d’hier et d’aujourd’hui visent des « dérapages », des mises en œuvre maladroites du communisme, lequel n’est pas terni en lui-même par les insuffisances, les manquements voire les perversions qui ont accompagné l’incarnation d’un idéal aussi lumineux. L’idéologie communiste n’est pas totalitaire, qu’on se le dise. Voyez d’ailleurs quels héros magnifiques ont pu l’adopter. Des héros comme le résistant Missak Manouchian que tout le pays a souhaité récemment honorer en le faisant entrer au Panthéon1.

Il y a déjà 52 ans, quand paraissait le premier tome de L’Archipel du Goulag, les communistes répondaient qu’il n’y avait là rien de nouveau, qu’ils avaient depuis longtemps pris leurs distances avec les critiquables méthodes staliniennes, lesquelles n’avaient pas grand-chose à voir avec le véritable communisme, le communisme « essentiel ». Il en fut de même quand parut, il y a 28 ans Le Livre noir du communisme de Stéphane Courtois, Nicolas Werth et quelques autres : qui, parmi les communistes français, défendait encore Staline ?

La vérité ? Une illusion bourgeoise

Pendant un demi-siècle, cette incapacité des communistes à instaurer un dialogue avec leurs observateurs critiques a peut-être d’autres raisons que la passion de chacun d’eux à défendre ce pourquoi il a milité. Dès lors qu’on aborde avec les communistes le thème de leur doctrine et de sa mise en œuvre pour le moins défectueuse ou maladroite, souvent due au combat quotidien à mener contre des adversaires résolus, on croit parler le même langage. Mais ce n’est pas le cas : il n’y a pas de vrai et de faux pour les communistes, au sens où nous l’entendons. La vérité à respecter et le mensonge à dénoncer sont aux yeux du communisme des vieilleries bourgeoises. Le Bien et le Mal aussi. La vérité et le mensonge sont, tout comme le Bien et le Mal, des armes utiles dans le combat que mènent les communistes contre leurs adversaires. Lénine, suivant Marx sur ce point, insistait sur la nécessité d’abandonner ces références dépassées. Est moral ce qui sert la Révolution, répétait-il. Fallait-il utiliser la violence ? demandait-il par exemple. Tout dépendait de l’intérêt qu’elle représentait pour les partis communistes en quête de pouvoir : là où les joutes électorales n’étaient pas possibles, la violence était valorisée. Là où elles étaient possibles, il fallait jouer le jeu – oui, le jeu – du débat, du dialogue, de la démonstration et du renvoi aux faits contre les illusions et les mensonges d’une bourgeoisie qui défend toujours ses seuls intérêts. Mais une fois encore, le Bien et le Mal, le Vrai et le Faux dépendaient de leur opportunité politique, donc du renforcement du parti communiste.

Le réel et l’idéologie

À vrai dire, une certaine confusion accompagne les prétendus arguments des communistes. Le réel est pour eux la bonne référence face aux « illusions » que se font leurs adversaires : illusions sur la liberté individuelle, illusions sur les facteurs divers et variés du progrès historique, etc. Or, lorsqu’on retourne leur argument et qu’on laisse de côté leur idéologie pour s’en tenir à la réalité politique, économique et sociale du communisme, on constate avec surprise que la réalité communiste n’est pas reconnue comme telle : le Goulag ? Ce n’est pas la réalité du communisme mais l’effet d’une application par trop rigide de la fameuse formule « pas de liberté pour les ennemis de la liberté ». Les Khmers rouges ? Ils sont la conséquence d’un nationalisme exacerbé par les coups que leur avait porté l’impérialisme américain. Le « Grand bond en avant » de Mao ? Une précipitation régulée trop tardivement. La « Grande révolution culturelle prolétarienne » ? Une lutte radicale excessive contre les tenants de l’ancien monde. Là aussi, le fond communiste était bon mais la forme prise par l’ « élimination » des habitudes, des coutumes et des usages « bourgeois » avait été mal conçue et simpliste. Le massacre de Katyn au début de l’année 1940 exprimait lui aussi une conception un peu expéditive du renversement de la bourgeoisie polonaise et de ses cadres.

Le réel n’est plus ici le critère de la vérité. Une idéologie l’a remplacée et le réel (le Goulag, les famines provoquées, la vaste chasse aux sorcières de la révolution culturelle, le massacre de Katyn) n’existe que comme approximation plus ou moins réussie, plus ou moins brutale, plus ou moins pertinente, d’un modèle bon par définition puisque élaboré scientifiquement : la roue de l’histoire, la marche vers le communisme. On ne comprend pas plus, sinon comme une critique inutile, la mise en cause de l’estimation à environ 100 millions, par le Livre noir, du nombre de morts dus au communisme. Quelques millions en plus ou en moins, qu’importe en effet à cette échelle ? La discussion sur ces chiffres mis en doute n’a même pas de sens puisque de toute façon, à entendre les scolastiques du PCF, ce n’est pas du communisme que viennent les victimes ! Le vrai et le faux comme tels, répétons-le, importent peu pour nos marxistes et léninistes qui préfèrent souvent s’interroger sur le sens politique des idées ou des actes politiques : ce n’était pas un hasard, par exemple, purent-ils glisser avec fiel, si L’Archipel du Goulag avait été publié en France peu avant le déroulement d’élections cantonales ! Et ce n’est pas non plus un hasard si M. Masquelier, maire de Saint-Raphaël désireux de se rapprocher du RN (via sans doute sa supposée réhabilitation du nazisme !), organise une cérémonie aux victimes du communisme.

Une fois de plus, le vrai et le faux dépendent de l’intérêt du moment. Staline dénonçait les capitalistes fauteurs de guerre en 1939 au XVIIIe congrès du PC bolchévique. Le vrai et le faux s’organiseront autrement deux ans plus tard. Il ne s’agira plus alors de capitalisme mais de démocratie menacée, de liberté et de culture en danger, de Juifs persécutés etc. Il faut pour Staline que l’Occident se porte à son secours. Une fois de plus, ce qui était dit l’était pour servir le locuteur. L’aide britannique allait être apportée, bientôt relayée par celle de l’Amérique, extraordinaire et gigantesque, qui passera via l’Alaska en Russie. En effet, la population russe a durement payé pour s’opposer à l’attaque nazie (plus de 20 millions de morts) ; il n’est pas sûr cependant que cela aurait suffi pour battre les nazis sans les milliers d’avions, de camions, de rations alimentaires et de pièces détachées venues d’Amérique…

Réduction voire effacement

L’importance d’un événement historique est réduite et parfois même effacée pour les besoins de la cause telle que la défend le parti : cette aide américaine que nous évoquions est soit dénigrée aujourd’hui, soit réduite à peu de choses. Or les dirigeants communistes, non seulement n’ont pas remboursé leur « prêt-bail », mais ne rappellent jamais cette aide et son importance.

La référence à 1939-1941 n’existe pas non plus, ou si peu. À l’inverse le récit soviétiquesurdimensionne la présence fasciste en Europe de l’Est, soi-disant libérée par l’Armée rouge. De même, dans l’histoire du PCF, la renonciation à la dictature du prolétariat ou la reconnaissance, à la fin des années 1950, du système concentrationnaire soviétique se voient amplifiées ou minimisées selon les besoins du moment.

Sans doute la manipulation de l’Histoire n’est-elle pas l’exclusivité des communistes. Les passions, la haine et l’amour travaillent inlassablement aux côtés des historiens et faussent leurs jugements. Mais l’unité fraternelle au sein d’un parti, le fait de s’y croire guidé par un but grandiose favorise tout particulièrement les simplifications, les exagérations ou les minimisations. Ce dont il est question, c’est quand même la lutte pour le salut de l’humanité ! Une telle grandeur, une telle noblesse peuvent bien permettre quelques relâchements dans l’exigence d’objectivité qu’on peut attendre de tout récit historique.

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Photo :  Franck Cluzel, Ville de Saint-Raphaël

Les communistes et le communisme

Une des raisons de la fascination pour le marxisme est là : dans cette « liqueur forte » dont parlait François Furet, mélange de scientificité et de messianisme qui accompagne l’avance de la « roue de l’histoire » vers le communisme. Cette avance quasi inexorable s’effectue grâce à toute une série d’oppositions entre pôles contradictoires, l’un négatif, l’autre positif – les féodaux contre les serfs, les bourgeois contre les nobles et finalement le triomphe de la classe ouvrière établissant sa dictature et détruisant toutes les contradictions sociales. Les communistes et ceux qu’ils influencent continuent d’opposer systématiquement un pôle négatif – patronal, exploiteur, dominant – et un pôle positif – travailleur, exploité, dominé. Ces oppositions sociales et économiques expliquant tout, « comme si, note André Senik dans un livre lumineux sur le Manifeste du parti communiste, la culture, la religion et les passions n’étaient pas, elles aussi, des facteurs déterminants des conflits qui déchirent la société et le monde2 ». Cette belle mécanique de l’histoire semblait irrésistible – ou presque – et Marx croyait avoir découvert sur le plan humain ce qu’avait découvert pour les espèces animales Charles Darwin, à qui il dédicaça le premier livre de son Capital.

L’enthousiasme pour un parti que la « science » justifie dans sa quête de pouvoir a poussé des millions de gens à y adhérer. Ils virent dans sa doctrine ce qui n’y était pas, car elle n’était pas un appel à la justice sociale (dans sa correspondance Marx montre bien le peu de cas qu’il en faisait). Bref : Le Manifeste n’était pas un hymne à l’humanité comme beaucoup l’ont cru mais le compte rendu de la lutte contre les démocraties libérales (haïes dès les écrits de jeunesse de Marx, comme les droits de l’Homme qu’elles supposent). Ce n’était pas davantage une œuvre scientifique comme ses auteurs s’en targuaient. La théorie de l’appauvrissement continu de la classe ouvrière, qui finirait par absorber les classes moyennes et lutterait finalement avec elle contre un seul adversaire (la bourgeoisie), était un conte à dormir debout ; et la promesse d’une société communiste permettant le plein développement de chacun et de tous représentait une sinistre plaisanterie. Aussi respectables soient-ils, les militants illusionnés ne sauraient être la preuve de la vérité du Manifeste.

Les bénéfices secondaires

Les Internationales ouvrières étaient censées faciliter le triomphe des pôles positifs sur les pôles négatifs, ce qui demandait parfois un peu de violence – et parfois beaucoup !  Et qu’importaient les appels lancés aux droits de l’Homme. En son temps déjà, Marx les dénonçait comme moyens de protéger et de défendre les biens de ceux qui en avaient contre ceux qui n’en avaient pas. C’est la haine de leur propre société qui anime nombre de marxistes et de leurs sympathisants et les pousse à s’allier dans les années 1950 au « camp socialiste ». Toute critique de ce camp ne peut être formulée qu’à la condition de le soutenir sur le fond. Jean-Paul Sartre allait jusqu’à dénier aux anticommunistes le droit de critiquer le monde communiste ! L’hostilité légitime est d’abord celle qui s’adresse au « pôle négatif », au monde occidental, à la bourgeoisie. À critiquer le communisme plus que le capitalisme, n’ôterait-on pas tout espoir aux travailleurs ? Un personnage d’une des pièces de Sartre (selon qui « le marxisme était l’horizon indépassable » de notre temps) dit même ouvertement qu’il ne faut pas « désespérer Billancourt » (les usines Renault, une des places fortes du PC à l’époque). Si on ne prend pas ces précautions, on ne saurait être du bon côté de l’histoire. Et si la roue de l’Histoire n’y suffisait pas, on usera de la violence ou on l’applaudira. Et au fond, n’est-elle pas réjouissante à mettre en œuvre quand on est partie prenante d’un de ces pôles positifs qui font avancer l’Histoire ? Sartre ne cachait pas son admiration pour Guevara. Les exécutions sommaires dans la forteresse de la Cabaña à La Havane auxquelles ce dernier procédait ou les condamnations à vingt ans pour une babiole étaient voulues par le Peuple. Bien loin de Sartre, l’historien Emmanuel Le Roy Ladurie, communiste pendant quelques années dans sa jeunesse, est l’un des rares à l’avoir reconnu clairement : souvent, l’on appuie une révolution non pas en minimisant sa violence mais en se félicitant de cette violence contre les Horribles privilégiés, les Ennemis du droit, ceux qui se gavent quand le Peuple est écrasé… L’idéale société recherchée n’empêche donc pas, bien au contraire, le militant à user de cette violence, parfois indispensable. La hauteur de vue, et la beauté entrevue du communisme triomphant incitent à la violence et aux exactions.

Communisme et nazisme, deux totalitarismes

Ni dans la pratique ni dans son origine théorique le communisme n’apparaît donc comme un idéal, mais seulement comme une machine à briser l’individu. Marx a souvent échappé aux critiques les plus féroces adressées à ses successeurs mais, comme André Senik nous le recommande, il faut lire ou relire son Manifeste, puisque Marx y préconise d’accorder le monopole du pouvoir politique au Parti communiste, détenteur d’un savoir absolu sur l’histoire, et de conférer à l’État tous les moyens coercitifs nécessaires pour faire triompher ses vues et contrôler toutes les activités économiques. Il n’y a là rien de sublime mais juste ce qu’il faut d’éléments nécessaires à l’établissement d’un État totalitaire.

Il résulte de cette théorie et de cette pratique institutionnelle (le parti comme arme de guerre) une tendance toujours plus affirmée au totalitarisme. C’est le cœur de la théorie et de la pratique marxiste puis léniniste qui parlent ici – et non un écart, une erreur, un dérapage. C’est le cœur du communisme qui est là et qui, comme le rappelait l‘historien François Kersaudy, présent à Saint-Raphaël pour l’inauguration du monument, réunit le Secret, la Terreur et le Mensonge. Ces trois marques indélébiles ainsi rappelées sont directement issues du plan marxiste et notamment de la prétention à avoir raison en vertu de la science. Oui, mensonge, comme lorsqu’en 1933, on présentait au président Herriot l’Ukraine affamée comme un pays de cocagne ! Oui, secret, comme le furent les clauses du pacte germano-soviétique. Oui, terreur, et l’on rappellera seulement que les camps naissent en URSS dans et autour de la mer Blanche dès 1918. C’est l’une des caractéristiques des États totalitaires de mettre en place un vaste système carcéral ou/et concentrationnaire peu après leur naissance. Dachau date de 1933, l’année de la prise de pouvoir par Hitler…

Alors, les deux faces d’une même pièce ? La formule est insupportable aux yeux de M. Brossat. Il relira Marx. Il se souviendra aussi de structures identiques (parti unique, idéologie unique et obligatoire). Il se souviendra de moments où, côté communiste, l’on pensa même s’entendre – en tout cas cohabiter – avec l’occupant nazi, le PC procédant à une incroyable démarche puisqu’il demanda le 17 juin 1940 l’autorisation de faire reparaître légalement le journal L’Humanité.

M. Brossat me fera remarquer que Staline régnait en maître, et que Staline, il y a longtemps déjà que son parti en a condamné les pratiques.

Dialogue de sourds, vous dis-je.

rigoulot bio1

Né à Paris en 1944, professeur de philosophie, directeur de l’Institut d’histoire sociale, centre de réflexion anti-totalitaire fondé par Boris Souvarine, Pierre Rigoulot a publié notamment : Des Français au goulag, (Fayard 1984), Les Aquariums de Pyongyang (Laffont 2000). Il vient de publier avec Florence Grandsenne Quand Poutine se prend pour Staline (Buchet-Chastel 2023). Pierre Rigoulot est titulaire d’un doctorat en sciences politiques.

Notes

  1. Au sujet de Manouchian, voir l’article édifiant de Stéphane Courtois dans Desk Russie, le 27.01.2024.
  2. André Senik : Le Manifeste du parti communiste aux yeux de l’histoire, Éd. Pierre-Guillaume de Roux, 2015.

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