Melnitchenko ou le poutinisme à « visage humain »

Au moment où la Russie commence à être vraiment en difficulté, The Economist a donné la parole à un oligarque peu connu et a dressé de lui un portrait « impressionnant ». Tout laisse penser qu’Andreï Melnitchenko était en service commandé. Décryptage.

Le 9 juillet dernier, The Economist, hebdomadaire britannique très réputé pour la qualité de ses analyses et de ses informations, consacrait sa couverture et sa story à « L’homme qui veut changer la Russie », avec en sous-titre « Un oligarque de premier plan parle ». C’était le moment où la spectaculaire campagne de frappes ukrainiennes de 40 jours, annoncée par Volodymyr Zelensky faisait la une des médias. Jamais la Russie n’avait paru autant en difficulté, avec l’instauration un peu partout dans le pays d’un rationnement du carburant et des files de voitures qui s’allongeaient devant les stations-service.

C’était le moment choisi par Andreï Melnitchenko – ou ceux qui avaient décidé de le mettre en avant – pour proposer à l’Occident sa lecture de la situation, son analyse des causes du conflit russo-ukrainien et sa vision des conditions de sa résolution. Sa tribune était accompagnée d’un très long portrait du personnage, signé d’un des rédacteurs en chef de The Economist, Arkadi Ostrovski, chargé de couvrir la guerre en Ukraine et la vie politique russe. Ostrovski est né en Russie, c’est un journaliste renommé, qui a travaillé dix ans au Financial Times avant de rejoindre l’hebdomadaire britannique en 2007. Son livre The Invention of Russia, sous-titré The Journey from Gorbachev’s Freedom to Putin’s War (le parcours de la liberté de Gorbatchev à la guerre de Poutine) lui valut de remporter le prix Orwell en 2016 et d’être la même année finaliste du prix Pulitzer. Autrement dit, le paquet était bien emballé, avec toutes les garanties de sérieux nécessaires.

Qu’un homme, de surcroît un oligarque, se lève et prenne la parole pour appeler à un changement en Russie, voilà un événement, en apparence, digne d’intérêt. Cela signifierait-il que le pays de Vladimir Poutine serait au bord d’un tournant susceptible de mettre fin à la guerre et qu’une partie de l’élite économique russe serait disposée à entretenir des relations normales avec l’Ukraine et avec l’Occident, auquel cas nous devrions renouer le dialogue sinon avec Vladimir Poutine du moins avec une frange « libérale » du pouvoir russe ?

L’expérience appelle à la circonspection. On se souvient du précédent de la présidence Medvedev entre 2008 et 2012. L’homme au sourire avenant qui affichait alors des intentions libérales est aujourd’hui l’un des plus fanatiques partisans d’un écrasement de l’Ukraine et d’un affrontement avec l’Occident. Il appelle régulièrement, et dans des termes « choisis », à l’usage de l’arme nucléaire contre Paris, Londres ou Berlin. Cinq mois après son élection à la magistrature suprême, la Russie profitait d’une erreur stratégique du président Saakashvili pour envahir la Géorgie ! Que vient donc dire Andreï Melnitchenko ? Et comment est-il présenté par Arkadi Ostrovski ?

Ni politicien ni idéologue ?

Melnitchenko, qui pèse en 2026 quelque 20 milliards de dollars selon Forbes, a fait fortune dans la banque, puis dans le charbon et les engrais. Il a été placé sous sanctions occidentales au début de la guerre, mais il les a contournées en abandonnant des fonctions d’administrateur du numéro deux mondial de la production d’engrais EuroChem et du producteur de charbon Suek, et en transférant ses parts à sa femme, Aleksandra Nicolić, d’origine serbe, une ex-chanteuse pop et mannequin. Il l’a épousée en 2005 en France et le mariage aurait coûté, selon Ostrovski, 30 millions de dollars, avec aux fourneaux le chef étoilé Alain Ducasse et parmi les invités Enrique Iglésias et Whitney Houston. Melnitchenko et Nikolić résident officiellement en Suisse.

« Je ne suis ni politicien ni idéologue », affirme-t-il, se posant comme un observateur neutre : « J’essaie de décrire le monde comme un physicien [il a étudié la physique quantique] tel qu’il est vraiment, pas comme quelqu’un aimerait qu’il soit. » Il assure que son regard a été façonné par la catastrophe de Tchernobyl. Il est né au Bélarus, en 1972, dans la ville de Gomel à environ 140 kilomètres de la centrale nucléaire,  d’un père bélarusse et d’une mère ukrainienne. Il avait 14 ans lorsqu’il fut évacué en Lituanie, vers une base militaire. Il démarre donc son propos comme une invitation à la sagesse, en regrettant le fait que « le monde moderne a perdu le mécanisme qui permettait autrefois aux grandes puissances d’exister au sein d’un seul système de sécurité sans remettre en question le statut des autres. »

Sous couvert de cette nostalgie d’un temps disparu et de cette posture d’apparente neutralité « scientifique », l’homme se veut flexible et il le dit sans fard lors de ses entretiens avec Ostrovski : « Dans le monde quantique, rien n’est absolument certain, tout est de nature probabiliste. La réalité est fluide. Si quelque chose – un événement, un phénomène, n’importe quoi – réfute votre idée de la vie, ce n’est pas une tragédie, mais une opportunité. Je ne suis pas dogmatique. Demain, je croirai peut-être en quelque chose de différent de ce que j’ai cru avant-hier. » Autant dire qu’il est souple comme un roseau et aussi fiable qu’une planche vermoulue… Ce qui invite à prendre son propos avec beaucoup de pincettes. D’ailleurs, comme le note Ostrovski, Melnitchenko ne parle ni de démocratie ni d’autocratie, ni de bien ni de mal, ni d’amis ni d’ennemis, ce qu’il vise c’est « l’harmonie sociale », la « stabilité » et « la défense des intérêts de la Russie ». Il ne pense pas en termes proprement politiques et préfère des concepts fourre-tout, qui visent à séduire ceux qui l’écoutent ou le lisent…

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Andreï Melnitchenko et son épouse // Compte Vkontakte d’Alexandra Melnitchenko

Des non-dits très parlants

Sa tribune brille donc par ce qu’il ne dit pas. Il se garde bien d’interroger le discours russe sur l’Ukraine ou d’esquisser la moindre analyse du pouvoir qui règne à Moscou. Pas un mot sur l’impérialisme russe. Rien, dans ce qu’il dit, ne saurait faire sourciller Poutine. Bien au contraire, l’axe central de son propos consiste à affirmer qu’il n’y aura pas de solution viable au conflit sans un respect de la souveraineté russe. Mais cette insistance sur la souveraineté russe, qui ne saurait être questionnée et encore moins limitée selon lui, n’est pas sans rappeler le concept de « démocratie souveraine » avancé par Vladislav Sourkov dans les années 2000, qui a été l’axe de structuration du régime de Vladimir Poutine et son mantra en matière de politique internationale. C’est une manière de considérer que s’opposer aux vues du Kremlin relève d’une ingérence internationale nuisible à la sécurité du monde.

Melnitchenko dit plus diplomatiquement ce que Poutine et ses porte-voix ne cessent de répéter : rien ne doit s’opposer à la volonté de la Russie. Il considère que « la discussion occidentale moderne sur la Russie d’après-guerre […] se résume finalement à un seul objectif : la destruction de la souveraineté russe ou sa limitation radicale ». Et il poursuit : « La logique de cette approche est claire. Si la souveraineté russe est perçue comme une menace, alors la supprimer semble être une solution au problème. » Le Kremlin ne peut trouver là que matière à satisfaction.

Poser la question de la souveraineté sans s’interroger sur la nature du régime et sur ses intentions est évidemment une escroquerie intellectuelle. Comment ne pas discuter la souveraineté d’une Russie dont le président affirme sans sourciller qu’elle n’a pas de frontière et que nul ne doit s’opposer à ses buts ? Pourquoi la souveraineté russe ne devrait-elle pas connaître de limite, alors que la coexistence pacifique internationale suppose que chaque nation accepte de restreindre sa souveraineté par le jeu des accords et des traités internationaux ?

Ce que propose Melnitchenko n’est autre, sur le plan international, que la souveraineté libre du renard libre dans un poulailler libre ! Pour justifier son propos, il reprend très tranquillement l’argumentation que développe Vladimir Poutine depuis son intervention lors de la 43e Conférence sur la sécurité de Munich sur la sécurité en 2007 : « La mondialisation, dit-il, n’a jamais été neutre », elle est principalement au service des intérêts occidentaux et les sanctions contre la Russie en ont fourni la preuve. Il oublie évidemment qu’elles sont la conséquence de l’agression russe contre l’Ukraine, inversant donc la cause et les effets. Ce qui lui permet de dire que la guerre en Ukraine est devenue un instrument de pression de l’Occident sur Moscou.

Faute de questionner la nature du pouvoir dans son pays, Melnitchenko voue la société russe à continuer de vivre sous un régime qui repose sur des restrictions de plus en plus drastiques des libertés, sur la violence d’État, la corruption et la prédation. On comprend qu’il le fasse puisqu’il a construit les débuts de sa fortune dans l’illégalité, comme il l’a raconté à Ostrovski, expliquant qu’il a compris au début des années 1990 qu’il était temps de « légaliser ses opérations ». Il prétend à la neutralité, mais passe sous silence qu’il n’a pu prospérer qu’avec la bienveillance du régime qui a fermé les yeux sur les moyens par lesquels il s’est enrichi, avec du trafic de devises ou des loteries, et avec l’aide de policiers qui l’ont protégé des appétits des gangs, ce qui lui permit d’ouvrir sa première banque, en 1993, à l’âge de 21 ans ! Une bienveillance qui reste conditionnelle, puisqu’il a clairement indiqué à Ostrovski que Poutine dispose d’un « dossier » le concernant et qu’il le lui a fait savoir. Cela incite évidemment à éviter les sujets qui pourraient fâcher.

Un objectif : sauvegarder le régime

Ne pas poser la question du pouvoir russe sert à dissimuler que les causes premières de la guerre se trouvent dans la nature de ce pouvoir. Cela revient à faire croire que la Russie est un pays normal avec lequel on pourrait discuter entre gens de bonne compagnie. Sans le dire explicitement, Melnitchenko cherche à convaincre les Occidentaux à qui il s’adresse par sa tribune dans The Economist qu’ils devraient s’accommoder de ce régime, dès lors que la Russie accepterait de limiter ses prétentions en Ukraine aux seuls territoires qu’elle considère comme siens en vertu de sa Constitution, en contrepartie de garanties pour les populations russophones d’Ukraine et la proclamation que l’Ukraine est un pays « neutre » sur la scène internationale.

Au fond, ce que cet oligarque propose, c’est une sorte de « poutinisme à visage humain ». Son objectif, c’est de sauvegarder le régime. Toutefois, mezza voce, il n’omet pas d’évoquer la menace d’un conflit nucléaire, qui devrait inviter les Occidentaux à la sagesse…

Telle est la sauce avec laquelle Moscou pourrait accommoder une sortie de guerre dont on comprend, dans les milieux économiques au moins – mais sans doute aussi dans l’entourage de Poutine –, qu’elle devient vitale. L’autre option que le Kremlin agite, c’est celle d’une mobilisation générale, ou partielle, qui serait décidée après les élections législatives de septembre, afin de disposer des moyens nécessaires pour tenter de faire monter d’un large cran l’intensité des combats sur la ligne de front et de faire craquer la défense ukrainienne dans le Donbass. Le scénario le plus extrême serait – comme le craignent aujourd’hui des pays tels que la Suède, la Pologne ou les pays baltes – que Poutine prenne le risque d’élargir le conflit en testant la solidité de l’OTAN avant que les efforts de réarmement des pays européens n’aient eu le temps de porter leurs fruits. On peut penser que pour l’instant, la mise en perspective de ces « possibilités » vise surtout à impressionner les Occidentaux pour les dissuader de continuer à aider l’Ukraine… Ce qui semble aujourd’hui peine perdue, sauf à monter en Occident une campagne contre les frappes ukrainiennes en Russie pour les discréditer. On commence à la voir poindre…

Une offre de service à Poutine

Le long portrait rédigé par Arkadi Ostrovski qui accompagne les propositions de Melnitchenko est un trésor d’ambiguïté. Il commence par le récit d’un entretien entre Poutine et l’oligarque, qui aurait eu lieu au Kremlin le 28 mai 2025 passé minuit, au cours duquel l’homme d’affaires fait allégeance : « Le monde s’est avéré complètement différent de ce que j’imaginais. Il n’y a pas de paix mondiale. Il n’y a pas non plus de règles mondiales… Tu t’en es rendu compte avant nous », dit-il à Poutine. C’est du moins ce qu’Ostrovski écrit avoir entendu de sa bouche au cours d’une soixantaine d’heures d’entretiens. Cette nuit-là, Melnitchenko était venu dire au président russe qu’il « souhaitait participer plus activement à la vie publique et œuvrer pour le bien de son pays ». Sa tribune dans The Economist et la mise en scène qui l’accompagne ressemblent à une mise en œuvre de cette offre de service.

Au fil du portrait, Ostrovski n’a de cesse de montrer que son interlocuteur est fiable et exceptionnel. Les ficelles sont grosses. Melnitchenko est présenté comme rationnel et non passionnel, il pratique le jeûne prolongé, réfléchit scientifiquement en physicien qu’il est, « offre ses services à l’État pour devenir un des architectes du changement », c’est un « stratège extrêmement prudent » qui a « réussi invariablement à atteindre ses objectifs », il n’a pas fait partie des cercles des oligarques qui entouraient Eltsine et ont tenté de tirer profit d’avoir assuré sa réélection en 1996, croyant que tout leur était permis…

L’homme dont le journaliste tresse les lauriers voudrait avant tout rendre la Russie attrayante, et souhaiterait faire en sorte que sa « souveraineté » ne soit rien d’autre que « la capacité des élites intéressées par le sort du pays à influencer indépendamment son avenir », et que les diverses forces sociales du pays puissent participer à relever les défis auxquels il est confronté, en acceptant des compromis. C’est d’autant plus urgent qu’elle pourrait devenir « un trou noir ». Ostrovski apprend à son lecteur que, naturellement, Melnitchenko parle avec tout le monde, de Dimitri Mouratov, le rédacteur en chef de Novaïa Gazeta, à Douguine, l’idéologue ultranationaliste, et même à l’Américain Tucker Carlson. D’ailleurs, il a des relais aux États-Unis parmi l’élite entrepreneuriale. Voilà le portrait d’un « gendre idéal » à qui l’Occident ne saurait refuser de donner… l’Ukraine, ou du moins la Crimée et le Donbass.

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Arkady Ostrovsky // Chaîne YouTube The Economist, capture d’écran

Les meilleurs médias ciblés par la désinformation

Ce grand portrait donne – avec toutes les réserves qu’Ostrovski a la précaution de poser dans sa dernière partie, notamment en indiquant que les chances de réussite de Melnitchenko « sont minces » et que ce dernier se garde de « prédire la voie que prendra le changement » – une crédibilité et du poids à une opération qui sent la propagande et la désinformation à plein nez. Chacun jugera de la responsabilité d’Ostrovski et de la direction de The Economist dans cette opération. Au minimum, ils se sont laissé séduire et duper. Mais, comme le dirait Molière, « que diable allaient-ils faire dans cette galère ? »

Comme toujours en matière de désinformation, les objectifs de la manœuvre, dont on peut penser qu’elle a été initiée au Kremlin ou du moins autorisée par lui (comme on peut aussi le penser de la spectaculaire interview donnée par Sourkov à L’Express en mars 2025), sont multiples et complexes. Le timing de l’opération permettait d’espérer faire écran aux effets de la campagne ukrainienne de bombardement à longue portée, en faisant croire qu’il existe encore dans l’entourage de Poutine un canal de négociation possible, alors que le Kremlin n’a aucunement l’intention de renoncer à ses objectifs. Mais la manœuvre tend aussi à noyer le poisson de la nature du régime russe, dont la compréhension est essentielle pour réfléchir aux conditions d’une paix durable en Ukraine et à la reconstruction d’un ordre international viable. C’est également une manière d’inviter les pays occidentaux à ne pas prolonger leur aide à Kyïv en laissant croire qu’ils pourraient trouver à Moscou des partenaires de bonne volonté. Et in fine, c’est une pierre d’attente posée en vue de la préservation des intérêts de l’oligarchie russe lorsqu’une voie de sortie du conflit s’esquissera. Ce que Melnitchenko propose à mots couverts, c’est la prolongation du régime moyennant un ravalement de façade, pour qu’il se présente de manière plus « convenable », sans rien changer quant au fond.

Il y a de quoi être surpris de voir The Economist et, l’an dernier, L’Express, utilisés comme support de ce genre d’opérations d’enfumage, l’une sur le mode de la séduction, l’autre relevant de la menace. Rien d’étonnant cependant : pour être efficace, une campagne de désinformation politique – comme c’est ici le cas – a besoin de passer par le canal de grands médias dont la crédibilité est établie. Le travail d’infiltration et d’influence russe – naguère soviétique – dans ce secteur ne date pas d’hier. Il a été sérieusement documenté pour les années de la guerre froide. Moscou œuvre sur le long terme et parvient souvent à installer des relais qui sont actionnés le moment venu. Les Occidentaux ont le tort de croire que c’est une réalité du passé, ou du moins de ne pas s’en protéger sérieusement. Or la plupart des grands médias, américains et européens, sont ciblés et il leur est d’autant plus difficile d’y résister que la course à l’audience rend très appétissantes les informations spectaculaires qu’on vient leur apporter, de sources elles-mêmes en apparence des plus fiables, y compris parfois depuis l’intérieur même des administrations occidentales ! Il ne s’agit pas nécessairement de fausses informations, car parfois, ce qui compte, c’est le moment où on les rend publiques. C’est ainsi que la divulgation des affaires – réelles – de corruption en Ukraine dans la presse américaine a très souvent coïncidé avec des phases diplomatiques ou militaires critiques, visant à affaiblir la position ukrainienne. À l’époque de la post-vérité, de l’intelligence artificielle et du règne de la « com », avec un Donald Trump qui donne le tempo du mensonge délibéré, tout est possible. Ne l’oublions jamais.

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Françoise Thom. Andreï Melnitchenko, un « Discours de la servitude volontaire » contemporain

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Jean-François Bouthors est journaliste et essayiste, collaborateur de la revue Esprit et éditorialiste à Ouest-France. Il est auteur de plusieurs livres dont Poutine, la logique de la force (Éditions de l’Aube, 2022) et Démocratie : zone à défendre ! (Éditions de l’Aube, 2023). Il a été, avec Galia Ackerman, l’éditeur des livres d’Anna Politkovskaïa aux Éditions Buchet/Chastel.

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