Nous publions, en feuilleton, le huitième volet du livre du philosophe russo-américain Avant la fin de l’histoire ? Les facettes de l’anti-monde russe (New-York, Freedom Letters, en russe). L’auteur se penche notamment sur la « passion chthonienne » en Russie, à savoir un penchant à la fois matérialiste et mystique pour les entrailles de la terre au détriment du ciel, de la lumière, de la spiritualité.
Nombre de phénomènes qui se produisent sous nos yeux devraient être considérés en termes de mythologie plutôt que de politique. Par exemple, le terme de chthon ( « bas-peuple », appartenant au registre familier en russe), et la notion de « chthonisme », viennent du grec ancien « χθών », qui signifie « terre » ou « sol ». Le « chthonisme » est une mythologie et une religion fondées sur la terre et les souterrains, que l’on peut associer aux ténèbres. Dans la mythologie grecque, les divinités chthoniennes s’opposent aux divinités olympiennes, associées au ciel et à la lumière.
Il existe de nombreuses manifestations de ce chthonisme dans l’histoire russe. Le XXe siècle en Russie a été marqué par le matérialisme, or le matérialisme, par ses racines autant que par son essence, n’est rien d’autre qu’une philosophie et une religion de la terre-mère, de la maternité, par opposition à la paternité. En fait, la révolution athée du XXe siècle en Russie peut prendre le sens mythologique du renversement du Père céleste et de son remplacement par la religion de la terre. Ce matérialisme est très particulier, loin du matérialisme scientifique, car il s’agit bien moins de connaître la matière que de la soumettre, afin que l’Homme, fils de la terre, en prenne possession. C’est une sorte de complexe d’Œdipe de la civilisation : nous, humains, voulons détrôner le père et posséder la mère. « N’attendons pas que la nature nous accorde ses faveurs, notre tâche est de les lui prendre », comme l’a si bien formulé Ivan Mitchourine1. Maxime Gorki, dans un article sur Mikhaïl Prichvine2, exprime cela encore plus clairement :
« Et cette sensation de la Terre comme étant ma propre chair résonne de manière étonnamment claire pour moi dans vos livres, Mari et Fils de la Grande Mère. Vais-je jusqu’à parler d’inceste ? C’est pourtant vrai : l’Homme né de la Terre la féconde par son travail3. »
Alexeï Gastev4, dans son manifeste de la culture prolétarienne intitulé Poésie de la frappe ouvrière (1918), appelle à s’éloigner du ciel, du soleil, du scintillement des étoiles, et à ne faire qu’un avec la terre. C’est cela, la révolution chthonienne : « nés de la terre, nous y retournerons » – comme il l’écrit dans l’un de ses poèmes – et dans ses entrailles, nous construirons une véritable civilisation. C’est précisément dans les entrailles de la terre que furent bâtis les temples de la nouvelle religion matérialiste : le principal constructeur du métropolitain de Moscou, Lazare Kaganovitch, affirmait qu’en URSS, contrairement à l’Occident, le métro n’était pas un moyen de transport, mais l’expression d’une vision socialiste du monde. Tous les symboles, toutes les icônes et fresques soviétiques étaient placés dans les profondeurs de la terre. On prélevait même des pierres à des monastères (à Moscou, les monastères Danilov et Donskoï) pour construire ces temples souterrains. La cathédrale du Christ-Sauveur, temple du « père céleste », fut détruite en 1931 pour la construction de temples-métros dans les entrailles de la terre. Voilà pourquoi la profession archétypale et considérée comme la plus honorable dans cette nouvelle société était celle de mineur – il est celui qui s’enfonce dans les entrailles de la terre-mère. Il s’agit là aussi d’un symbole ancien. Au XIXe siècle, les carbonari, c’est-à-dire les charbonniers, ceux qui touchaient à la noirceur de la terre, à ce que celle-ci produit de matière végétale fossilisée, étaient considérés comme les porteurs de l’esprit révolutionnaire en ce qu’ils se rebellaient contre le dieu soleil.
On trouve une réécriture post-soviétique du thème chthonien dans le roman de Vladimir Sorokine Le Lard bleu, qui met en scène une secte de « baiseurs de terre ». Il s’agit d’une satire mystique des adeptes du potchvennitchestvo5, à travers la figure d’ « érotopatriotes », qui aiment leur terre natale au sens propre comme au figuré et qui forniquent littéralement avec elle, c’est-à-dire qu’ils y enfoncent non pas une charrue, une pioche ou un marteau, mais leur virilité : « […] Les noirs sols de Tchernigov et les argiles de Polessie… Six fois par jour, il y déversait son sperme avec des larmes bénies et des gémissements sans fin, puis, se levant, il embrassait les lieux de l’accouplement avec des pleurs sincères, car ces terres étaient si douces et jouissives qu’on pouvait s’y brûler l’esprit […]. »
On sait que l’inceste entraîne des pathologies du développement chez la progéniture, comme ce fut le cas dans la civilisation soviétique, lorsque l’Homme s’empara des entrailles de sa terre-mère. Alors que la vision du monde matérialiste semblait triompher, la pauvreté et la misère matérielles propres à l’époque soviétique se perpétuèrent à l’ère post-soviétique. Et malgré les changements spectaculaires survenus au tournant des XXe et XXIe siècles, la société russe reste sous le dictat du chthonisme – la croyance que la mission de l’État et du peuple est de s’immiscer dans le giron de la terre et de s’étendre à sa surface, d’en commercialiser les entrailles. La Russie ne vend quasiment rien d’autre que du pétrole et du gaz. Or, comme on le sait, il s’agit là de produits de la décomposition et de la désintégration de matières organiques, de leurs « cadavres », d’où la dominance nécrophile de l’économie russe et de tout l’appareil étatique. Chaque goutte de pétrole, chaque bulle de gaz est un concentré de mort, les restes d’innombrables créatures ayant rendu l’âme à l’époque préhistorique. L’économie de la Russie guerrière repose toute entière sur une montagne de cadavres préhistoriques et vise à créer une montagne de futurs cadavres : une sorte de cercle vicieux du « cycle de la mort ».
Soulignons que les chthonismes soviétique ( « matérialiste ») et post-soviétique ( « patriotique ») ont peu en commun avec le culte de la terre fertile dans le paganisme antique. Le folklore russe désigne par l’expression « terre-mère » la terre qui donne la vie, fertilisée par l’eau et la lumière qui viennent du ciel, et prête à devenir la mère de tous les êtres vivants et de toutes les plantes. La terre, telle qu’elle apparaît dans le chthonisme moderne, est une mère « sans mari », une mère adultère qui a rompu avec son époux céleste et qui ouvre docilement ses entrailles à son fils humain. Mais par-dessus tout, elle est un immense cimetière qui abrite les morts.
La mort, elle, peut prendre trois formes : celle des cadavres, celle des déchets et celle des excréments. Lorsqu’en 2022, les troupes russes ont quitté Tchernobyl, on a découvert que tout y avait été recouvert d’une épaisse couche d’excréments. Les déjections sont une substance de la terre : l’Homme digère et rend à la terre la partie morte de lui-même. Cette habitude d’ « étaler ses selles » a été observée à plusieurs reprises dans les mœurs russes. Je me souviens d’un essai de Maxime Gorki intitulé Vladimir Ilitch Lénine6, que l’on étudiait à l’école en Union soviétique. Ce qui m’a le plus choqué dans celui-ci, c’est une scène dans laquelle les délégués du Congrès pour la pauvreté, qui s’est tenu en 1919 au palais d’Hiver, emplissent de leurs déjections les vases de Sèvres les plus précieux, alors que toutes les toilettes fonctionnent correctement. Gorki écrit avec indignation que les couches populaires ont tendance à dénigrer tout ce qui est noble et beau. Stanisław Lem en fait également état, rappelant le comportement des troupes soviétiques en Allemagne lors de la glorieuse année de la victoire, en 1945 : les Européens furent frappés de voir les vainqueurs tout recouvrir de leurs excréments. Dans les journaux intimes de 1942 de l’écrivain et scénariste Iouri Naguibine, on lit que là où les troupes soviétiques sont passées, « il y a de la merde partout, même sur la table, le poêle, le rebord de la fenêtre, dans le cache de la lampe suspendue7 ». Et cela a également frappé les Ukrainiens lorsqu’ils sont retournés à Boutcha et Irpine dans leurs maisons désertées par l’occupant : sur toutes les surfaces – sol, tables, armoires –, les Russes avaient laissé le même souvenir brunâtre de leur passage, comme pour marquer « leur » territoire de ces signes de mort.
D’ailleurs, n’est-ce pas pour cette raison qu’il y a une telle pénurie de toilettes décentes en Russie ? Dans de nombreuses écoles et hôpitaux, sans parler des habitations privées, elles sont même tout simplement inexistantes ; la civilisation s’est arrêtée aux fosses d’aisance8. Les excréments sont une force puissante : difficile d’y échapper et de les cantonner à des toilettes. Ce n’est pas pour rien qu’on dit que le niveau de civilisation se mesure à la qualité de ses égouts. Les matières fécales envahissent l’espace de la Russie et débordent sur l’étranger sous forme de fosses communes, de décharges gigantesques, de masses fécales et, enfin, de dictature économique des sous-sols : le pétrole et le gaz9.
Il y a là quelque chose de profondément archétypal. On lit dans Rouslan et Ludmila :
« Le tsar Kachtcheï10meurt sur son or ;
C’est l’esprit russe… que l’on odore ! »
Cela est involontairement perçu de manière psychanalytique, car l’or signifie allégoriquement les excréments, dont l’odeur, entre les lignes et dans notre subconscient, est associée à cet « esprit » (pour une analyse détaillée, voir l’article de Sigmund Freud « Caractère et érotisme anal »). Il est curieux que Pouchkine mentionne l’esprit russe lorsqu’il parle de Kochtcheï dépérissant sur son or. C’est comme s’il plongeait dans l’inconscient populaire et devinait à quoi allait ressembler l’avenir.
Récemment, cette omniprésence de la matière fécale s’est concrétisée dans une invention technique stupéfiante : le char à merde. Son inventeur, Alexandre Semenov, a breveté dès 2012 un système d’attaque permettant à l’équipage d’utiliser ses propres excréments pour tirer. Il ne s’agit pas d’une blague, c’est une réalité – à enregistrer dans les annales du complexe militaro-industriel. Ce char miracle mitraille les excréments des tankistes, en même temps qu’il neutralise physiquement et psychologiquement l’ennemi. Désormais, l’industrie de défense russe a de quoi être fière : certes, le char T-14 Armata, lui, est un échec, mais la merde devient une arme de combat.
L’idéologie actuelle de l’État est très proche du chthonisme, avec sa conception du pouvoir de l’Homme sur la terre, de la masse terrestre continentale dévorant les individus et les transformant en rejetons du corps national, faibles, sans âme et sans volonté. L’armée russe se bat actuellement pour une terre quasiment dévastée, puisqu’elle détruit elle-même tout ce que le labeur humain y a bâti. Le chthonisme est l’élément le plus ancien du « patriotisme » russe. Les mères parlent en ces termes de leurs fils tués pendant la guerre en Ukraine : « Certes, il a péri, mais au moins la patrie a gagné un peu de territoire. » Une contrepartie directe et naturelle : des corps et des vies humaines en quantité contre un bout de terre nue.
La « passion chtonienne » est l’une des variantes les plus frappantes du fascisme moderne. Umberto Eco, comme on le sait, cite 14 signaux permettant de reconnaître le fascisme. Je le définirais plus succinctement : le fascisme, c’est le renoncement à l’individualité au nom du triomphe de la terre, de l’enfouissement dans ses entrailles et de la destruction de cette conscience de soi, de cette responsabilité personnelle qui font de l’humain un être qui sort de sa caverne et se dresse sur la terre. Le renoncement à l’individualité, l’enfoncement dans la terre et le sang, voilà ce qui caractérise le fascisme. Le fascisme est une tentative collective de guérir le traumatisme de la naissance par l’expérience d’une mort symbolique ou physique – c’est-à-dire le refus de la conscience, du langage, de l’individualité, de toutes les angoisses d’une existence solitaire et réflexive – et par l’expérience d’une mort extatique dans le corps collectif de la terre, du peuple, de la foule.
Schizofascisme et postmodernisme
Le terme « schizophrénie », introduit par le psychiatre suisse Eugen Bleuler (1857-1939), signifie littéralement « division de l’esprit ». Comme l’ont montré Youri Lotman et Boris Ouspenski11, « la caractéristique de la culture russe […] est sa polarité fondamentale, qui s’exprime dans la nature duale de sa structure. Les principales valeurs culturelles (idéologiques, politiques, religieuses) du système médiéval russe s’inscrivent dans un champ de valeurs bipolaire, séparé par une ligne de démarcation nette et dépourvu de zone axiologique neutre12. » Cela est corroboré par les positions citées aux chapitres précédents de Dostoïevski, Askoldov et Freud sur la dualité de la conscience russe, dans laquelle les extrêmes se combinent sans aucune médiation ni réflexion. L’histoire particulière de la Russie en tant qu’État issu de la Horde d’or et qui a en partie intégré son mode de vie nomade explique également cette dualité que déplorait Tchaadaïev : le désir de créer un ordre civilisationnel stable et, en même temps, son instabilité et son désordre, le mépris de ses valeurs. Si un tel dualisme est profondément ancré dans la structure de la mentalité nationale, on comprend alors pourquoi même le fascisme, qui est par essence politiquement très homogène et totalitaire, acquiert des traits schizophréniques dans la Russie contemporaine.
L’idéologie impériale et fasciste russe actuelle est parfois qualifiée de « postmoderne », en référence à son éclectisme, mélange schizoïde de nationalisme, de christianisme, de soviétisme et de paganisme. Mais le postmodernisme est extrêmement critique à l’égard de toute forme d’impérialisme et encourage la multiplicité des sujets, la diversité des traditions, des perspectives et des visions du monde. Le postmodernisme suppose une pluralité des points de référence, et non une idéologie totalitaire, qu’elle soit « eurasienne » ou du « peuple profond13 », et qui nierait cette pluralité. Le postmodernisme implique de considérer les choses sous différents angles. C’est dans une certaine mesure une position de relativisme ou de scepticisme, cependant elle a une motivation morale qui lui est propre : elle appelle au respect de l’Autre.
Quant à ce syncrétisme sauvage de cléricalisme, stalinisme et monarchisme, dans lequel les mêmes bouches ou presque glorifient Jésus-Christ, Staline et Nicolas II, il ne s’agit pas là non plus de postmodernisme, bien au contraire : c’est la construction schizoïde d’une nouvelle méta-narration dans laquelle tout ce que nous faisons et tout ce que nos ancêtres ont fait est bien, et tout ce que font les autres est mal. Tuer, bombarder, torturer, détruire, violer, emprisonner, c’est bien ; prier, se repentir, aller à l’église, être pieux, humble et soumis, c’est bien aussi. Et la question de la compatibilité de ces attitudes ne se pose même pas14.
Non, bien sûr, ce n’est pas du postmodernisme, mais ce n’est pas non plus du nazisme classique : c’est de la duplicité, du schizofascisme, de la haine contre tout le reste du monde ; une haine qui se nourrit des sources les plus diverses et les plus éclectiques, pourvu qu’elles s’enflamment facilement et alimentent un même feu. Le schizofascisme est aux « -ismes » traditionnels (communisme, fascisme et autres totalitarismes) ce que les armes nucléaires sont aux armes conventionnelles. Il est prêt à détruire non seulement les « classes sociales ennemies » et les « races inférieures », mais aussi le monde entier. « Qu’avons-nous besoin du monde, si la Russie n’en fait pas partie ? » interroge le président russe15. Il avait déclaré en 2014 qu’il était prêt à utiliser l’arme nucléaire si le monde s’opposait à l’annexion de la Crimée16. Ce que l’on peut finalement résumer ainsi : qu’avons-nous besoin du monde, si la Crimée n’appartient pas à la Russie ? À la place de la Crimée pourrait figurer l’oblast de Donetsk, l’Ukraine, la Géorgie, les pays baltes, l’Europe ou n’importe quel endroit sur terre. Telles sont les prétentions de cette nouvelle méta-narration, sous-tendues par un chantage nucléaire à l’échelle mondiale. La schizophrénie est ici la manifestation d’une conscience fracturée, mais réunifiée par un instinct destructeur.
Bien que la schizophrénie et le postmodernisme jouent tous deux sur le terrain des différences radicales et de la fragmentation, ces jeux sont fondamentalement différents. La schizophrénie est le monologue tragique de la folie, tandis que le postmodernisme est un dialogue créatif avec le chaos, d’où naît une nouvelle compréhension du monde. En Russie, le postmodernisme, en tant qu’expérience de déconstruction et de relativisation de tout projet totalitaire, est encore de nos jours tourné vers l’avenir, et peut s’avérer une arme efficace contre les chimères patriarcales et mythologiques que la propagande nationaliste féroce du potchvennitchestvo fait surgir des profondeurs de l’inconscient collectif. Le postmodernisme en Russie n’a pas encore rempli sa mission historique, et plus le pays recule vers un passé prémoderne, plus les valeurs du postmodernisme sont nécessaires : souplesse et plasticité stylistiques, ouverture d’esprit et tolérance éthique, capacité à privilégier l’individuel et le fragmentaire plutôt que le total.
Traduit du russe par Nastasia Dahuron
Lire le chapitre précédent : « Un mensonge qui ne trompe pas »
Philosophe russe et américain, philologue, spécialiste des études culturelles, critique littéraire, linguiste, essayiste, auteur de plus de 40 livres et de plus de 800 articles et essais. Vit et enseigne aux Etats-Unis.
Notes
- Ivan Mitchourine (1855-1935) était un scientifique spécialiste en biologie et agronomie, l’un des pères fondateurs de la sélection en agriculture, considéré comme le disciple soviétique du darwinisme. Selon sa doctrine, la nature des organismes vivants, y compris l’humain, dépendait à 90 % de leur environnement et à seulement 10 % de leur patrimoine génétique. Il a créé de nombreuses variétés hybrides de fruits, notamment de pommes. La phrase citée est une citation très célèbre de Mitchourine. (NDT)
- Mikhaïl Prichvine (1873-1954) était un écrivain russe et soviétique, connu surtout pour ses nouvelles pour la jeunesse sur la nature. (NDT)
- Maxime Gorki, « À propos de Mikhaïl Prichvine », Krasnaïa nov, 1926, t. 12 (décembre) (en russe).
- Alexeï Gastev (1882-1939) était un écrivain, poète, syndicaliste et théoricien russe et soviétique, proche de Lénine, et qui mourut fusillé pendant les purges staliniennes. (NDT)
- Idéologie de la fin du XIXe siècle, apparue dans la branche slavophile de la philosophie russe. Le nom de l’idéologie fait référence à la terre, sa racine potchva signifiant « sol, terrain », en russe. Parmi les personnalités à l’origine de ce mouvement, on trouve Fiodor Dostoïevski. (NDT)
- Maxime, Gorki, Vladimir Iliitch Lénine, Librairie du Parti socialiste et de L’Humanité, Paris, 1920, en accès libre en français sur Gallica. (NDT)
- Iouri Naguibine, Journal [Dnevnik], éd. Knijny sad, Moscou, 1996 (en russe).
- Selon les chiffres de 2019, environ 22,6 % de la population russe n’a pas accès à un réseau d’égouts centralisé. La plupart des familles concernées utilisent des fosses d’aisance. Parmi les familles nombreuses (trois enfants ou plus), 40,9 % ne sont pas raccordées au réseau d’égouts : 29,7 % utilisent des fosses d’aisance et 11,2 % n’ont tout simplement pas d’égouts. Source : « Rosstat révèle la proportion de Russes n’ayant pas accès aux égouts », RBK, 02/04/2019 (en russe).
- Soulignons que la comparaison entre les excréments et les cadavres n’est pas une simple métaphore, mais une analogie scientifique qui met en évidence une similitude réelle : celle de matières organiques mortes en décomposition. De même, la similitude entre le pétrole et les excréments repose sur leur nature commune en tant que produits de la décomposition de matières organiques.
- Dans les contes russes (et dans d’autres cultures slaves), Kochtcheï (ou Kachtcheï) est un personnage négatif, qui enlève les personnages féminins, et dont la mort est extérieure à lui-même. (NDT)
- Importants sémioticiens et philologues. (NDT)
- Youri Lotman, Boris Ouspenski, « Le rôle des modèles dualistes dans la dynamique de la culture russe (jusqu’à la fin du XVIIIe siècle) » in Boris Ouspenski, Œuvres choisies [Izbrannye troudy], éd. Gnosis, Moscou, 1994, T. 1, p. 220 (en russe).
- La notion de « peuple profond » est développée par le conseiller présidentiel et idéologue Vladislav Sourkov en ces termes : « Il n’y a pas d’État profond en Russie, tout y est exposé au grand jour, mais il existe cependant un peuple profond. […] Le peuple profond est toujours méfiant au possible, inaccessible aux enquêtes sociologiques, impénétrable face à l’agitation, aux menaces ou à toute autre forme d’influence directe. […] Rare est le sociologue qui se risquerait à définir si ce peuple profond représente l’ensemble de la population ou s’il en constitue uniquement une partie et, le cas échéant, quelle partie. Selon l’époque, on disait que c’était les paysans, le prolétariat, les non-membres du parti, les hipsters, les agents du gouvernement. […] Plus d’une fois, ce peuple a reculé sous la pression des conquérants nationaux ou étrangers, mais il est toujours revenu. » On peut lire la tribune de Sourkov traduite en français et commentée par Galia Ackerman dans Le Grand Continent, 13/10/2019. (NDT)
- Un exemple récent de schizophrénie : les lamentations de la presse fasciste à propos de Prigojine à l’occasion de la date anniversaire de son assassinat (le 23 août 2024). Un super-fasciste s’est opposé à un autre et a été tué par lui. L’écrivaine Natalia Gromova remarque à ce sujet : « Une véritable dissonance cognitive aurait dû faire se confronter deux représentations dans l’esprit des Z-blogueurs. Ils pleurent feu Prigojine « le boucher » (c’est qu’il les aurait tous battus, les Ukrainiens, dans l’oblast de Koursk !) et continuent d’adorer son assassin, leur chef… Leur esprit malléable accepte tout et son contraire. » Source : Natalia Gromova, blog Facebook, 24/08/2024. Ce « tout et son contraire », c’est justement le schizofascisme.
- Voir le film du propagandiste Vladimir Soloviev Ordre mondial 2018, YouTube, chaîne de Vladimir Soloviev, 7/03/2018 (en russe).
- [16] Voir le film du journaliste propagandiste Andreï Kondrachov Crimée, retour à la patrie, YouTube, chaîne d’Andreï Akimenko, 18/03/2015 (en russe).

