Samuel Ackerman : L’artiste doit être un sage

Samuel Ackerman est un peintre contemporain reconnu, d’une grande originalité et complexité : artiste hors norme, hors du temps et de la géographie, Juif, Ukrainien, Israélien, Français…, son œuvre est pourtant profondément ancrée à la fois dans un temps et dans une géographie. Cependant, ce temps et cet espace qui sont les siens ne sont pas facilement définissables. Olga Medvedkova l’a questionné à propos de ses racines aussi bien réelles que symboliques, de ses origines dont découlent son destin et son œuvre.

On va commencer par le commencement, par la naissance. Nous pouvons lire dans votre biographie : Samuel Ackerman est né en 1951 à Moukatchevo, en Ukraine. Est-ce que c’est important pour vous, ou pas du tout ? Est-ce que ce lieu de naissance est un fait qui explique quelque chose dans votre vie et votre œuvre ou c’est une simple condition de naissance parmi d’autres, le hasard, sans aucune importance ?

Le lieu de naissance est très important pour les artistes, les poètes, les écrivains. Et Moukatchevo1 est très chargé comme lieu, car c’est un carrefour de plusieurs cultures. Cette ville est située en Transcarpatie, non loin des frontières de la Hongrie, de la Slovaquie et de la Pologne. Durant la période de l’Empire austro-hongrois, plusieurs écrivains importants ont vécu dans cette ville, et aussi un grand peintre hongrois Mihály Munkáczy2. Avant la Première Guerre mondiale, la moitié de la ville était habitée par la communauté juive. En 1920, la ville et toute cette région ont été attribuées à la Tchécoslovaquie, mais en 1938, elle est annexée par la Hongrie et, en 1944, tous les Juifs de Moukatchevo (environ 15 000) sont déportés à Auschwitz par la police hongroise. 

Après la Deuxième Guerre mondiale, seules quelques personnes sont revenues des camps de concentration. Mais elles sont arrivées en URSS, car à la fin de 1944, la région avait été annexée par les Soviets. Ma mère et mon père étaient parmi ces rares personnes qui sont revenues, ma mère d’Auschwitz et mon père d’un camp de travail allemand. Ils se sont rencontrés après leur retour, dans un petit village, à Makarovo, et là ils ont construit une maison et y ont vécu pendant onze ans, avant de revenir à Moukatchevo.

C’est à Makarovo que j’ai vu des paysans qui, pendant l’été, travaillaient dur la terre et, en hiver, s’occupaient à produire des objets artistiques. Ils faisaient tout de leurs mains : la vaisselle, les vêtements riches d’ornements, de broderies. Dans chaque maison, il y avait une pièce spéciale, une « belle pièce », destinée à accueillir ces objets d’art. Des coussins brodés, très jolis, et aussi des tableaux religieux, étaient placés dans cette pièce : c’est ce qui m’a marqué, le souvenir de cette « belle pièce » – un lieu où se concentrent les efforts artistiques des gens qui aiment la beauté. La volonté de créer la beauté reste pour moi la chose la plus importante. La vocation de l’artiste n’est autre que de créer la beauté.

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 Alerte, 65×50 cm, gouache sur papier, 2021

Vous avez évoqué la richesse culturelle de votre lieu de naissance qui est à la croisée de plusieurs traditions nationales. Dans les musées aux États-Unis, sur les cartels qui accompagnent les œuvres, on écrit la « nationalité » de l’artiste. Il s’agit de prendre son lieu de naissance et le traduire en termes de géographie actuelle. Par exemple, Chagall, né à Vitebsk, dans l’Empire russe de l’époque et dans le Bélarus actuel, est défini comme étant « un peintre bélarusse ». Aujourd’hui, il y a beaucoup de discussions à propos de la nationalité des artistes… Est-ce que vous pouvez vous-même définir votre « nationalité » ?

Ce qui est important, c’est la pensée profonde, la philosophie de l’artiste ; c’est elle qui va définir sa « nationalité ». Pour moi, il s’agit de quatre identités : ukrainienne, juive, israélienne, française… Chaque œuvre est un ensemble d’influences et de composantes et il est impossible de les disséquer et de dire, voilà, celle-ci est la première et elle est plus importante que celle-là. C’est un organisme vivant. C’est très difficile pour moi de dire qui je suis.

Nous allons prendre cette magnifique définition de soi comme hypothèse de travail et nous allons essayer de suivre ces quatre chemins que vous avez indiqués en pointillé et qui tantôt se croisent et tantôt bifurquent. Arrêtons-nous donc d’abord sur cette composante ukrainienne. Quel contenu historique, politique, artistique mettriez-vous dans cette notion d’ « ukrainien » ?

Il faut commencer par expliquer que je suis né en République soviétique socialiste d’Ukraine, qui faisait partie de l’Union soviétique, car la Transcarpatie, comme on l’a vu, a été occupée par l’URSS depuis la fin de l’année 1944. Dans mon enfance, le folklore, les traditions artistiques ukrainiennes étaient très appréciées et recherchées, pas seulement par les Ukrainiens, mais aussi par les Russes et par les représentants des autres nationalités, qui vivaient ou qui venaient là. Il suffit de penser à Paradjanov3 et à son film Les Chevaux de feu4, fondé sur les récits de Kotsioubynsky5 et qui représente un concentré des traditions et de la culture des Houtsoules6 : danse, musique, ornement. Les Français l’ont vu au festival de Cannes et pour la première fois, ils ont eu accès à cette culture ukrainienne dans toute sa richesse. Je me suis beaucoup intéressé à cette culture, j’ai fréquenté les musées des traditions populaires, j’ai étudié les églises de Oujhorod, où j’ai fait mes études à l’École des beaux-arts, et aussi des églises de bois très anciennes de Transcarpatie construites sans le moindre clou. Cela m’a fait comprendre, plus tard, le concept moral du matériau chez les artistes contemporains. Comme par exemple, chez Joseph Beuys, cette œuvre qu’il a présente à la Documenta, qui s’intitule La Pompe à miel7. Toute la ville sentait le miel…

Ensuite, la composante juive a eu une très grande influence sur moi. Chaque samedi, mon père réunissait quelques personnes et j’étais parmi eux, pour nous lire et expliquer la Bible. Ainsi toute l’histoire des Hébreux s’est-elle déployée dans mon esprit. Or la Bible était interdite en URSS. Durant mes études, cela m’a beaucoup aidé, parce que je connaissais tous les sujets des tableaux religieux que je voyais dans les musées. Je comprenais Rembrandt, alors que la plupart de mes camarades n’en savaient rien. Cette étude de la Bible pendant ma jeunesse est le privilège qui m’est resté à vie.

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Silence fait bouger les pierres, 50×65 cm, gouache sur papier, 2020. Collection du Théâtre du Soleil

Vous venez d’évoquer ces deux premières composantes de votre personnalité : l’ukrainienne et la juive. On sent qu’elles sont intimement liées, vraiment inséparables. Et nous n’allons rien simplifier dans votre « cas ». Je voudrais seulement revenir un tout petit peu sur cette origine – ou cette originalité– ukrainienne et sur ces églises de la Transcarpatie que j’ai eu la chance de visiter dans ma jeunesse. Je me souviens combien j’ai été frappée par ces églises, toutes faites de bois sculpté, mais aussi littéralement recouvertes, à l’intérieur comme à l’extérieur, de serviettes brodées, les rouchnik. Ce concept de l’ornement (sculpté, brodé, tissé) est très important dans votre travail. Cette inspiration de l’ornement, on la classe souvent du côté de l’œuvre au féminin, mais chez vous, me semble-t-il, elle rejoint l’influence qui vient de l’avant-garde.

L’ornement ressuscite l’objet qui sans lui est mort. L’ornement est la force vitale de l’art. Le tissage est tellement important dans la Bible, dans l’art, dans la vie. On évoque le tableau en langue russe en disant : jivopisnaïa tkan, le tissu pictural. Le tableau est une œuvre sur tissu. Les amateurs de la peinture savent combien chaque œuvre est tissée. Pour moi, qui ai réalisé beaucoup d’œuvres sur tissu (non pas sur toile), c’est très important : le tissage, le pliage, la trace du pliage qui donne une lecture émotionnelle des œuvres. Les avant-gardes ukrainiennes et russes se sont beaucoup inspirées des tissages, des broderies, des ornements. Citons seulement Malevitch8, El Lissitsky9, le grand peintre d’avant-garde ukrainien Anatoly Petritsky[10. Tous étaient inspirés par les ornements, mais aussi par les icônes. Ma dernière exposition à Paris s’appelait Les Ombres enceintes11. Pourquoi les ombres ? Dans la Bible, le premier artiste, créateur du Tabernacle, s’appelle Bezalel12, ce qui veut dire « dans l’ombre de Dieu ». Dans les icônes, il n’y a pas d’ombres ; elles n’apparaissent qu’à la Renaissance. C’est très intéressant comment chaque artiste traite les ombres. Nous pensons aussi naturellement à Platon. Selon moi, ce que Rothko représente dans ses œuvres, ce sont les ombres.

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Mer d’yeux, 65×50 cm, gouache sur papier, 2019

J’ai du mal à vous faire parler d’une de vos composantes identitaires, nationales et culturelles : là où il y a l’ornement ukrainien, il y a immédiatement l’icône, et au même endroit la tradition juive. Cet enchevêtrement des traditions est quelque chose de complètement organique chez vous. J’ai l’impression que, loin de toute construction artificielle, vous parlez, peignez et pensez constamment et en même temps, en plusieurs langues, traditions formelles et philosophiques.

Je crois que tout artiste est fait ainsi : il se nourrit de la culture, et qu’est-ce que la culture sinon un palimpseste, une écriture et réécriture en plusieurs langues, une mosaïque, et c’est cette mosaïque qui forme l’artiste. L’artiste participe à la création du monde complexe et multiple, un monde qui n’est pas achevé ; et l’artiste ne sait pas lui-même d’où il vient et où il va et pourquoi il fait ce qu’il fait. Mais, au fond, son but final est la création d’une forme ouverte, dans laquelle chaque spectateur peut entrer et ainsi lire et comprendre l’œuvre. Dans cette forme ouverte, il n’y a pas de séparation entre le religieux, l’esthétique, le politique et le social. Le tableau est une proposition au monde tel qu’il est, qui comporte l’idée de l’artiste concernant le monde tel qui doit être. Le grand poète Velimir Khlebnikov13 a dit que pour pouvoir offrir aux gens ses visions, fruit de son imagination, l’artiste a besoin d’une société de la vérité.

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Clôtures prophétiques, 50×65 cm, gouache sur papier, 2019

C’est une pensée profonde et mystérieuse… et qui parle sans doute à votre être juif. Je voudrais revenir sur cette composante juive. Vous avez dit que vos deux parents sont rentrés des camps allemands. J’ai envie de m’arrêter là, de faire une minute de silence, tant ne serait-ce que le dire est immense… Vous êtes donc l’enfant de deux survivants. La tradition juive pour vous est nécessairement tragique, liée à cette expérience extrême, traumatique. Mais aussi, peut-être, à cette joie immense de deux jeunes personnes qui ont survécu au pire de ce qui peut arriver à quelqu’un… En France, on parle surtout des victimes de la Shoah, en mêlant les morts et les vivants, mais aux États-Unis, on parle séparément des survivants (survivors). Vos parents ont été parmi ces rares survivants, et vous, qui appartenez à la deuxième génération des survivants, portez tout le poids de cette immense injustice.

En tout cas, mon souvenir de cela remonte à peu près à l’âge de cinq ans, encore à Makarovo, quand ma mère m’a montré pour la première fois le numéro sur son bras. C’était très difficile pour moi de comprendre ce qui c’était passé. Mais une chose était claire : nous étions différents : moi, mon frère et quelques autres enfants dont les parents sont revenus d’Auschwitz. Ensuite, il y avait dans la maison une armoire noire. Dans cette armoire, il y avait des livres sacrés. C’était la seule chose que les voisins n’ont pas pris dans la maison de mon père après sa déportation. Ma mère travaillait dur dans les champs, tout ce que nous avions, tout ce que nous mangions, c’est elle qui le cultivait, le produisait. Pendant qu’elle était dans les champs, je regardais les livres sacrés, ces très vieux livres, avec des taches de vin renversé sur les pages. J’aime beaucoup ce papier, ces pages traversées par la lumière qui ressemblent à des feuilles de tournesols.

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Foi bi-dimensionnelle, 60×72,5 cm, huile sur toile, 2014. Collection Nathalie et Arcadi Moshniager

Il y a beaucoup de tournesols dans vos tableaux.

Chez nous, il y avait partout des champs de tournesols et je les ai observés, les feuilles, les fleurs, les graines. À l’époque, nous n’avions pas du tout de jouets. Mais il y avait de la vaisselle cassée et des tuiles qui tombaient des toits et c’est ainsi que j’ai réalisé ma première œuvre d’artiste, une mosaïque composée de ces bouts de céramiques. La mosaïque est devenue le principe de mon travail. Après j’ai reconnu cette technique dans les tableaux de Mikhaïl Vroubel14.

Mais ce précepte est aussi présent dans la mystique juive. Pendant la création du monde, la lumière créée par Dieu était trop forte pour que l’homme puisse la supporter. Alors Dieu créa la première installation artistique : un système de vases qui filtraient la lumière pour baisser son intensité. Or cette dernière était encore trop forte et les vases se sont brisées. Tous les artistes, les écrivains, les poètes, les peintres travaillent depuis pour ramasser ces morceaux de vases et pour les reconstituer. Et ce travail, c’est comme composer une mosaïque ou un vitrail.

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Cordes des Soleils, 80×80 cm, huile sur toile, 2008

Certes, quand on a Dieu comme exemple de création, la distinction entre les cultures devient complètement absurde, risible. Je voudrais quand-même vous interroger encore à propos de la langue pour ensuite rebondir sur le mysticisme juif. Quelle est votre langue maternelle ? Quelles langues (sans doute plusieurs) parliez-vous dans votre enfance ?

Dans chaque village, on parlait des dialectes locaux où se mélangeaient l’ukrainien, le tchèque, le hongrois… Les gens du village voisin pouvaient ne pas vous comprendre. Là-dessus, mon père m’a appris les bases de l’hébreu. Ensuite à l’école, j’ai appris le russe, l’ukrainien littéraire, l’allemand. À l’âge de 22 ans, je suis parti en Israël et là, j’ai encore mieux appris l’hébreu. En Israël, le mélange des cultures est très fascinant, chaque personne venant de son pays apporte ses principes de culture et de création. Grâce à cela, cette dernière est très riche et originale. Là-bas, j’ai créé sans doute ma meilleure œuvre : c’est un rouleau qui était déployé dans le paysage de Jérusalem, sur lequel j’ai tracé les contours des trois anges de la Trinité d’Andreï Roublev15. Ils sont assis sur un trône en bas duquel se trouve un triangle découpé. Et c’est à travers ce triangle que passe la vraie lumière de Jérusalem, là, où se croisent leurs regards.  

Dans la Trinité de Roublev, Abraham et Sarah, traditionnellement présents dans cette scène iconique, sont absents : on ne voit que les trois anges qui leur sont apparus. Cette scène est donc déshébraïsée. Peut-on dire que vous l’avez réhébraïsé, cette Trinité d’Andréï Roublev ?

Non, je l’ai fait revenir, implantée exactement là où l’événement (l’apparition des trois anges à Abraham) a eu lieu.

Vous l’avez donc enracinée. Votre œuvre est compliquée et votre personnalité l’est aussi, aux racines multiples, éloignée de tout cliché et idée reçue sur l’identité culturelle, religieuse, artistique… Comme s’il fallait à tout prix n’en choisir qu’une. Vous nous rappelez constamment ce mystère de l’individu, multiple et en même temps indivisible. Vous nous faites penser également à la complexité de tout parcours artistique. Votre intérêt pour les icônes, par exemple, qui ont déjà été travaillées par les artistes de l’avant-garde, et tout spécialement par Kasimir Malevitch. Comme il est bien connu, le Carré noir de Malevitch a été accroché dans l’exposition 0,10 présentée à Pétersbourg en 1914 dans l’angle, comme on accroche les icônes. Malevitch est l’un de vos interlocuteurs constants ; lui-même et son Carré noir apparaissent dans nombre de vos tableaux.

Il faut se rappeler que le Carré noir avait un deuxième titre : Le Nouveau-né. C’est une œuvre qui a voulu non pas détruire (comme on le dit souvent), mais repenser et renforcer tout ce qui a été créé avant. Dans ses écrits théoriques, Malevitch parle beaucoup d’un lieu idéal de l’art et il évoque Jérusalem où tout pourrait se retrouver ensemble. Si on regarde maintenant le Musée des beaux-arts de Jérusalem, appelé Musée d’Israël, il est construit comme l’un des architectones16 de Malevitch. Et juste à côté se trouve le monastère de la Croix : c’est très important, le fait que ces deux lieux se trouvent l’un à côté de l’autre. En 1974, la première grande exposition de l’œuvre graphique de Malevitch a eu lieu au Musée d’Israël : ce n’est pas un hasard. L’influence de cet artiste sur les Israéliens était très grande. C’est un moteur du renouvellement artistique qui doit se produire quotidiennement, à chaque instant.

Je voudrais, avant de clore notre conversation, évoquer une autre composante de votre personnalité et de votre œuvre : la composante française. Aujourd’hui vous êtes un citoyen et un artiste français. Qu’est-ce que cela signifie pour vous, avec toute la richesse des cultures que vous portez en vous, d’être finalement un artiste français ?

Je ne pouvais jamais imaginer que, venant du petit village de Makarovo, je vivrais un jour à Paris. Mais il y a des destins comme ça : tu dois te déplacer et tu te retrouves finalement dans tel lieu. Je vis en France, à Paris, depuis plus de quarante ans. C’est ici que j’ai rencontré mes amis, des artistes dissidents soviétiques d’origine juive, Vladimir Yankilevsky17 et Edouard Steinberg18. Durant les années 1990, c’est devenu pour moi une famille. J’ai pleinement vécu cette période ici.

Est-ce que le fait que vous soyez un artiste intellectuel, grand lecteur des philosophes et des poètes, de Walter Benjamin, Martin Buber, Paul Celan, a facilité votre intégration dans la vie culturelle parisienne ? Nombre de vos œuvres sont d’ailleurs dédiées à Celan.

En tout premier lieu, l’artiste doit être un sage, et non un « intellectuel » ; en regardant votre tableau, personne ne doit savoir combien de livres vous avez lu… Mais le spectateur doit sentir la multitude d’idées et d’émotions qui le composent.

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Olga Medvedkova est historienne de l’art et écrivain bilingue, français et russe. Elle est directrice de recherche au CNRS. Elle est spécialiste en histoire de l'architecture, ainsi que de l'art russe. Dernier livre Dire non à la violence russe paru en 2024 aux éditions À l'Est de Brest-Litovsk.

Notes

  1. Munkacs, durant l’empire austro-hongrois.
  2. Né Mihaly Lieb, 1844-1900.
  3. Le cinéaste Sergueï Paradjanov (1924-1990).
  4. 1965.
  5. L’écrivain ukrainien Mykhaïlo Kotsioubynsky (1864-1913).
  6. Population montagnarde ukrainienne, habitant de la Houtsoulie, dans la chaîne des Carpates ukrainiennes.
  7. Honingpumpe am Arbeitsplatz, Documenta 6, 1977, Kassel.
  8. Kasimir Malevitch (1879-1935), artiste d’avant-garde, né à Kyïv, de parents d’origine polonaise.
  9. El Lissitsky (né Lazar Lissitsky, 1890-1941), artiste d’avant-garde d’origine juive.
  10. Anatoly Petritsky (1895-1964), artiste d’avant-garde ukrainien, né et mort à Kyïv.
  11. À la galerie Schwab Beaubourg, mars-avril 2024, voir Mathilde Contensou, Samuel Ackerman et ses Ombres enceintes – La Règle du Jeu – Littérature, Philosophie, Politique, Arts.
  12. Livre de l’Exode (31:1-6).
  13. Velimir Khlebnikov (né Viktor Khlebnikov, 1885-1922), poète russe d’avant-garde.
  14. Mikhaïl Vroubel (1856-1910), peintre russe d’origine polonaise qui a beaucoup travaillé à Kyïv.
  15. Moine et peintre d’icônes russe du début du XVe siècle, particulièrement célèbre pour son icône Trinité (vers 1422).
  16. Modèles en trois dimensions, réalisés par Malevitch au début des années 1920.
  17. 1938-2018.
  18. 1937-2012.

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